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Ancienne ville d'Alep

République arabe syrienne
Facteurs affectant le bien en 2018*
  • Activités de gestion
  • Guerre
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

  • Absence de définition des limites du bien et de sa zone tampon
  • Absence de conservation et/ou de plans de gestion
  • Travaux de restauration inadéquats
  • Empiétement urbain

Depuis 2013 :

  • Destruction et dommages dus au conflit armé
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011

Mesures correctives pour le bien

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Pas encore identifié
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2018

Montant total accordé : 95 255 dollars EU par le Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine

Montant total accordé aux six biens syriens du patrimoine mondial pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel: 2,46 millions d’euros de l’Union européenne, 170 000 dollars EU du Gouvernement flamand, 63 000 euros du Gouvernement autrichien, 200 000 dollars EU du Gouvernement allemand ; pour le patrimoine en conflit : 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2018
Demandes approuvées : 2 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 5 250 dollars E.U.
2001 Photo exhibition on Syrian cultural heritage (Approuvé)   1 250 dollars E.U.
1986 ICOMOS' assistance to the authorities for preparing the ... (Approuvé)   4 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2018**

Janvier 2017 : mission d’évaluation rapide de l’UNESCO

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

L’État partie a soumis le 15 janvier 2018 un rapport sur l’état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial, qui est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/21/documents/, lequel fait référence aux activités signalées l’année dernière, comprend des informations actualisées, et rend compte des avancées et des difficultés s’agissant de plusieurs problèmes de conservation soulignés par le Comité comme suit :

  • Les habitants de retour à Alep ont commencé la restauration et la reconstruction des maisons et des boutiques. Dans la mesure où les matériaux de construction traditionnels sont rares et onéreux, les matériaux disponibles sont utilisés, ce qui porte atteinte au tissu urbain en le détériorant. La Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) ne peut assurer le contrôle de tous les travaux de restauration en raison du manque de personnel local et d’une coordination difficile avec les autres parties prenantes ;
  • Un Comité de direction national pour la restauration de l’ancienne ville d’Alep a été établi ; il est dirigé par le ministère de la Culture et représenté par la DGAM. Il est composé du ministère des Travaux publics, du ministère du Logement, du ministère du Tourisme, d’experts dans les domaines de l’archéologie et de la restauration, du Fonds Aga Khan pour la culture (AKTC), du Fonds syrien pour le développement et de représentants des communautés locales. Les avancées et nouveaux aménagements sont évalués lors de réunions régulières de ce Comité. Lors de sa première réunion, le 30 juillet 2017, il a étudié les détails logistiques et financiers relatifs aux travaux de restauration et a défini les priorités et besoins.
  • Neuf membres de la section d’Alep de la DGAM, en coordination avec le conseil municipal d’Alep, la Direction des biens religieux et la Direction du tourisme de la province d’Alep, ont évalué précisément les dommages et ont supervisé le tri et la sauvegarde des débris historiques et archéologiques. Dans ce cadre, la DGAM a évalué 170 édifices historiques au sein du bien, et a catégorisé les dommages en cinq niveaux : complètement détruit (8,8 %), majoritairement détruit (24,1 %), gravement endommagé (34,7 %), légèrement endommagé (26,5 %) et en bon état (5,9 %) ;
  • Une réunion de soutien d’urgence a été organisée par l’UNESCO sur les matériaux et techniques traditionnels à Alep (Alep, août 2017) ;
  • Un « atelier de formation professionnelle à la maçonnerie, à la découpe et à la taille de pierre » a été organisé par l’UNESCO en collaboration avec l’AKTC (Alep, de septembre 2017 à avril 2018) ; 30 maçons et tailleurs de pierre ont été formés à la pratique et à la théorie afin de pouvoir être impliqués dans les futurs travaux de restauration ;
  • La DGAM a procédé à une consolidation d’urgence du pont-escalier qui mène à la porte principale de la citadelle ;
  • La DGAM, en collaboration avec l’AKTC, prévoit d’assurer la restauration du souk al-Saqatiyya, situé sur l’axe principal reliant Bab Antakya et le souk al-Zarb. Afin de lancer les études nécessaires et d’établir les plans du projet de restauration, la zone a été nettoyée, un relevé détaillé a été établi grâce à des technologies avancées et à une photogrammétrie 3D, et les plans d’infrastructure ont été réunis ;
  • La DGAM prépare une modification mineure des limites pour le bien qui devrait être adoptée par les parties prenantes concernées avant sa soumission au Centre du patrimoine mondial ; la DGAM signale en outre que des avancées ont été effectuées s’agissant de l’élaboration du plan directeur qui sera étudié avec les parties prenantes et l’UNESCO au cours des prochains mois.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2018

Voir la décision générale 42 COM 36 de ce document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

Le bureau de l’UNESCO de Beyrouth signale des effondrements quotidiens de pierres et structures en raison du manque de mesures de consolidation d’urgence, et fait état d’informations supplémentaires relatives aux travaux de restauration :

  • Les propriétaires de boutiques et maisons de retour obtiennent des permis de restauration de la municipalité (Direction de la Vieille ville) conformément au code de construction de l’Ancienne ville ;
  • Les autorités locales ont commencé la restauration de la Grande mosquée grâce à un financement de 16 millions de dollars EU ;
  • L’État partie poursuit ses efforts de réhabilitation de plusieurs écoles situées dans l’Ancienne ville ;
  • Le ministère des Awqaf restaure certains édifices religieux (églises et mosquées) avec le soutien de donateurs locaux et internationaux ;
  • Des travaux de conservation et de restauration sur la tour horloge de Bab al-Faraj sont menés à l’initiative d’ONG locales, y compris des fouilles archéologiques autour du site ;
  • Les travaux de déblaiement des rues secondaires et de la zone du marché continuent tandis que la gestion des débris a lieu ;
  • Les services touristiques sont en cours de réhabilitation aux environs de la citadelle ;
  • Les autorités locales ont mené des activités culturelles dans la citadelle ;

Outre celles signalées l’an dernier, l’UNESCO a mené les activités suivantes :

  • La documentation et l’analyse structurelle de la Beit Ghazaleh et de Beit Ajiqbash (Musée des arts et traditions populaires) avec le soutien d’une équipe spécialisée dans les technologies de documentation 3D,
  • Une publication sur la métallurgie artisanale traditionnelle et la préparation d’une autre publication sur la maçonnerie de pierre à Alep,
  • Une publication sur l’évaluation des dommages dans l’ancienne ville d’Alep préparée conjointement avec l’UNITAR/UNOSAT.

Au vu des informations ci-dessus, le bien fait face aux difficultés principales suivantes :

  • L’absence de plan de travail concerté matérialisant un grand projet et identifiant les priorités, moyens et ressources humaines et financières appropriées ;
  • L’absence d’un plan d’intervention d’urgence pour empêcher tout dommage supplémentaire aux édifices historiques ;
  • L’instabilité de la situation sécuritaire en Syrie en général et dans les banlieues ouest et nord d’Alep en particulier ;
  • L’absence de base de données documentaire nécessaire à la mise en place de plans de travail ;
  • L’absence d’un mécanisme de coordination efficace entre les parties impliquées dans le redressement de la ville.

L’absence de planification stratégique et de gestion des risques au sein du bien, ainsi que la généralisation des prises de décision au coup par coup s’agissant des travaux de restauration suscitent de grandes préoccupations.

Il est recommandé que l’État partie continue d’évaluer et de documenter les dommages et qu’une méthode et stratégie de redressement soit adoptée en concertation étroite avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives avant que tous travaux de restauration soient entrepris au sein du bien, et que le Comité appelle l’État partie à mettre en œuvre les actions adoptées lors de la réunion de coordination technique de 2017.

Il est également recommandé que le Comité encourage l’État partie à finaliser et à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, la modification mineure des limites proposée pour le bien en cours de préparation afin de renforcer la protection du bien et de le protéger de grands aménagements privés en son sein.

Enfin, il est urgent que la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM sur le bien soit menée dès que la situation le permettra.

36.      Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne
  • Problèmes de conservation actuels

Le conflit armé en Syrie a débuté en mars 2011 et n’a cessé de s’intensifier, ce qui a donné lieu à une grande violence et à une dégradation des conditions humanitaires. Il continue d’infliger des dommages aux biens inscrits ainsi qu’aux 12 sites inclus dans la Liste indicative. Outre les destructions intentionnelles et l’utilisation inappropriée de sites archéologiques par des populations déplacées à l’intérieur du pays, les sites continuent d’être endommagés par des tirs d’artillerie, des incendies, de vastes fouilles illégales, un usage militaire et des violations aux règles sur la construction. 

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 15 janvier 2017, disponible à http://whc.unesco.org/fr/sessions/42COM/documents/#state_of_conservation_reports, contenant des informations détaillées sur la destruction et les dégâts subis par les six biens du patrimoine mondial. Ce rapport représente une déclaration officielle des autorités syriennes et rassemble les informations recueillies auprès des services de la Direction générale des Antiquités et des Musées (DGAM) et des communautés locales jusqu’au 31 décembre 2017. L’État partie note que comme l’accès au terrain en Syrie est limité pour les experts du patrimoine, il n’est pas possible de faire une évaluation complète de l’ampleur réelle des dommages causés aux biens du patrimoine mondial. En particulier, le rapport ne contient aucune information de première main sur les Villages antiques du Nord de la Syrie, ni sur l’Ancienne ville de Bosra, qui sont exposés au conflit armé, et ne permet donc pas d’appréhender pleinement l’étendue des dégâts constatés sur ces lieux.

L’État partie a rendu compte des actions menées par la DGAM, en dépit des conditions de travail difficiles, pour assurer le suivi des biens du patrimoine mondial et du patrimoine culturel en général, estimer les dommages, entreprendre chaque fois que possible des opérations de conservation d’urgence et d’atténuation des risques, et inventorier le patrimoine bâti et mobilier. Le rapport met aussi l’accent sur les efforts de la DGAM pour maintenir les salaires de son personnel dans les Villages antiques du Nord de la Syrie inaccessibles et insiste sur le rôle positif joué dans certains cas par les communautés locales afin de sauvegarder le patrimoine et limiter les fouilles illégales.

Le 21 janvier 2018, l’État partie a diffusé des informations mises à jour sur la conservation des sites inclus dans la Liste indicative, indiquant ce qui suit :

  • À ‘Mari (Tell Hariri) et Dura Europos’, les images des sites transmises par les communautés locales confirment les fouilles illégales sur les deux sites et les dommages subis au Palais royal de Mari. La DGAM prévoit de dépêcher une mission d’urgence sur ces lieux qui sont aujourd’hui replacés sous le contrôle gouvernemental et se trouvent sous la garde des communautés locales ;
  • À ‘Maaloula’, la municipalité et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont achevé la réhabilitation des infrastructures ;
  • ‘Raqqa-Rafiqa : la cité abbasside’ est sous le contrôle de groupes armés ;
  • Aucun nouveau dommage n’a été observé sur les sites d’Ebla (Tell Mardikh)’, ‘Apamée (Afamia)’, ‘Un Château du désert : Qasr al-Hayr ach-Charqi’ ;
  • Aucune information n’est communiquée sur les sites de ‘l’île d’Arwad’, ‘Noréas de Hama’, ‘Tartus : la cité-citadelle des Croisés’ et ‘Ugrarit (Tell Shamra).

Activités entreprises par l’UNESCO

  • Depuis la 41e session du Comité (Cracovie, 2017), l’UNESCO a poursuivi ses opérations afin d’aider l’État partie dans ses efforts permanents et soutenus de sauvegarde du patrimoine culturel ;
  • Au niveau international, l’UNESCO continue de sensibiliser la communauté internationale à la destruction du patrimoine culturel en Syrie, notamment à travers la campagne #Unite4Heritage et dans le cadre de l’application de la résolution 2199 (février 2015) et de la résolution 2347 (mars 2017) du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaissant pour la première fois l’importance de la protection du patrimoine pour la paix et la sécurité ; 
  • Au niveau national, l’UNESCO a poursuivi ses activités consistant à surveiller la situation du patrimoine culturel syrien, sensibiliser à sa protection, mener des actions à court, moyen et long terme pour le sauvegarder et coordonner le travail des instances nationales et internationales qui œuvrent à sa sauvegarde ;
  • Dans le cadre du projet « Sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien » que finance l’Union européenne (2,46 millions d’euros), cofinancé par la Flandre et l’Autriche, lancé en mars 2014 et mis en œuvre en partenariat avec l’ICOMOS et l’ICCROM, les activités suivantes ont été entreprises :
  • Du 26 février au 2 mars 2018, un atelier de formation a été organisé à Beyrouth sur les techniques de conservation préventive et d’urgence pour les musées et les collections,
  • De septembre 2017 à avril 2018, un atelier de « Formation professionnelle en sculpture/taille de pierre et maçonnerie de pierre » a été organisé à Alep, en collaboration avec l’Aga Khan Trust for Culture (AKTC), pour dispenser une formation pratique et théorique à 30 constructeurs, maçons et tailleurs de pierre en vue de les engager dans les futurs travaux de restauration (Alep),
  • En novembre et décembre 2017, des ateliers, une table ronde et une exposition intitulée « Archaeology for a Young Future » ont été organisés à Beyrouth (Liban), en collaboration avec la Société des Amis de l’Université américaine de Beyrouth, sur la mobilisation des communautés locales pour la préservation archéologique de la zone de Qamishli (Syrie),
  • En septembre 2017, une réunion sur l’aide de première nécessité s’est tenue à Rieti (Italie), en collaboration avec le Centro di conservazione archeologica (CCA) pour la conservation des mosaïques du musée de Maarat al-Nu’man qui proviennent essentiellement des Villages antiques du Nord de la Syrie,
  • Les 10 et 11 août 2017, une réunion sur l’aide de première nécessité a été organisée à Alep sur les techniques et matériaux traditionnels,
  • La documentation tridimensionnelle et l’analyse structurelle du Crac des Chevaliers, Beit Ghazaleh et Beit Ajiqbash (Musée des Arts populaires) à Alep ont été effectuées par la DGAM avec l’assistance technique d’équipes professionnelles,
  • Un « Documentaire sur la sauvegarde du patrimoine culturel syrien » de 52 minutes, est en cours de production en version arabe, anglaise et française ; il décrit les actions mises en œuvre pour la protection du patrimoine culturel en Syrie ; sa sortie est prévue d’ici août 2018 ;
  • Dans le cadre du projet intitulé « Renforcement des capacités, soutien médiatique et technique à la protection du patrimoine culturel syrien » financé par l’Allemagne (200 000 dollars EU) et mis en œuvre en collaboration avec l’Institut archéologique allemand (DAI) entre novembre et décembre 2017, trois ateliers ont été organisés à Beyrouth et un autre à Berlin afin d’accroître les capacités des professionnels syriens en matière d’enregistrement, stockage et analyse des données de recherche sur le patrimoine culturel ;
  • Le Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine a procuré une aide financière aux activités suivantes :
  • La consolidation d’urgence du pont-escalier qui mène à la porte principale de la citadelle d’Alep ; la gestion des débris et l’évaluation par la DGAM des dégâts causés à 170 bâtiments historiques du bien,
  • Une publication sur l’évaluation des dommages dans l’Ancienne ville d’Alep, préparée conjointement par le Centre du patrimoine mondial et le Programme pour les applications satellites opérationnelles de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR/UNOSAT),
  • La restauration de la statue du Lion d’Athéna/Lion d’Al-lāt de Palmyre par la DGAM, avec le soutien de la mission archéologique polonaise ;
  • Dans le cadre du projet de fonds-en-dépôt flamand intitulé ‘Mise en œuvre des décisions du Comité pour le site de Palmyre’ (100 000 dollars EU), il est prévu d’envoyer sur place une mission d’expertise internationale qui aide la DGAM à planifier les travaux de consolidation d’urgence à Palmyre, mais l’opération n’a pas encore pu se faire en raison de la situation sécuritaire sur le terrain ;
  • La mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS qui devait se rendre à Damas et à Alep en mars 2017, n’a pas pu se tenir selon les règles de sécurité et de sûreté des Nations Unies ;
  • Les agents nationaux de l’UNESCO chargés de la culture et de l’éducation à Alep continuent d’assurer la coordination avec les autorités nationales et locales pour la mise en œuvre des activités de rétablissement du bien.

Activités entreprises par les Organisations consultatives

  • Les capacités de six professionnels syriens ont été renforcées, grâce à leur participation à un certain nombre d’activités l’ICCROM, comme la série de cours intensifs sur la conservation et la documentation du patrimoine culturel bâti organisée par le Bureau de l’ICCROM à Sharjah, mais aussi le cours international de l’ICCROM sur la conservation de la pierre. En outre, il y a eu une participation active de hauts fonctionnaires au Forum du patrimoine culturel arabe ainsi que les colloques organisés par l’ICCROM sur la reconstruction post-conflit au Louvre-Lens et à Rome ;
  • L'ICOMOS a suivi de près la situation en Syrie, en maintenant le contact avec la communauté des acteurs du patrimoine culturel du pays, et en travaillant pour fournir des conseils et sensibiliser le public. Grâce à son projet Anqa, mené en coopération avec Cyark et financé par la Fondation Arcadia, l'ICOMOS a contribué à la documentation tridimensionnelle de six sites patrimoniaux en danger en Syrie et au renforcement des capacités des professionnels syriens - dans le but de favoriser la création d'un inventaire architectural tridimensionnel durable. Elle est également partenaire du projet « AMAL in Heritage » (application mobile et web d'évaluation rapide des dommages du patrimoine culturel dans les zones de conflit) lancé par le Fonds du patrimoine mondial (GHF) en partenariat avec l'ICCROM, le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial. ARC-WH), et le Fonds Prince Claus, qui a également fourni une formation aux professionnels syriens.



  • Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, l’ICOMOS et l’ICCROM

La situation de conflit armé en Syrie et son l’escalade continue, affecte les six biens du patrimoine mondial et limite considérablement les capacités de soutien et de protection adéquates de leur valeur universelle exceptionnelle. Les biens ont été de plus en plus menacés par des dangers potentiels et avérés, en particulier l’Ancienne ville d’Alep qui a été massivement et progressivement détruite, et qui court le risque de nouvelles destructions irréversibles durant la phase délicate de redressement.

Les fouilles illégales menées à travers les sites et les tells archéologiques en Syrie sont une source majeure de trafic illicite d’objets culturels et causent des dommages importants et irréversibles à ces biens dont la plupart figurent sur la Liste indicative de la Syrie, tout en permettant la vente d’artefacts pillés au marché noir régional et international.

Il est recommandé que le Comité félicite la DGAM, les professionnels du patrimoine en Syrie et les communautés locales qui ont maintenu leurs efforts pour protéger le patrimoine culturel et en assurer l’étroite surveillance.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives continueront à soutenir l’État partie dans l’identification des mesures correctives nécessaires et l’élaboration d’un État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour les six biens, dès que la situation le permettra.

Il est important que les opérations humanitaires et de sécurité se fassent en coordination avec les acteurs du patrimoine culturel pour éviter de causer des dommages irréversibles aux biens et permettre de prendre des mesures de première nécessité en faveur de ce patrimoine culturel. Par ailleurs, il est recommandé qu’une documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial soit dûment établie dès lors que la situation le permet, et que le Comité réitère son appel à l’État partie afin qu’il sauvegarde les biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité pour prévenir le vol, les éboulements et la dégradation naturelle, et qu’il s’abstienne de prendre d’autres mesures avant que la situation permette l’élaboration d’une stratégie globale et d’un plan d’action qui répondent aux normes internationales et à des méthodes scientifiques de haute qualité.

S’agissant des interventions post-conflit, il est recommandé que le Comité appelle l’État partie à planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial selon les chartes et les normes internationales sur la conservation, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

Il est recommandé que le Comité appelle les professionnels internationaux et nationaux du patrimoine à continuer de s’unir pour la sauvegarde du patrimoine culturel syrien et de soutenir sa sauvegarde au moyen de fonds spécialement dédiés et de contributions au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine.

En attendant que les conditions s’améliorent, il est aussi recommandé que le Comité prie instamment toutes les parties liées au conflit en Syrie de prévenir tout nouvel acte de dégradation du patrimoine du pays, en particulier des biens du patrimoine mondial et de tous les sites inclus dans la Liste indicative, et de s’acquitter de leurs obligations en vertu du droit international et, en particulier, de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, d’une part en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’évacuation des biens du patrimoine mondial utilisés à des fins militaires, d’autre part en mettant fin à toute dégradation qui résulterait de la prise pour cible des biens du patrimoine mondial. Il est également recommandé que le Comité réitère sa suggestion que l’État partie envisage de ratifier le deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé.

Il est en outre recommandé que le Comité appelle également toutes les parties liées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à garantir des mesures efficaces dans la lutte contre le trafic illicite d’objets culturels, selon la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Décisions adoptées par le Comité en 2018
42 COM 7A.30
Ancienne ville d'Alep (République arabe syrienne) (C 21)

Note : les rapports suivants sur les biens de la République arabe syrienne sont à lire en conjonction avec le point 36.


Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 41 COM 7A.44 et 41 COM 7A.50, adoptées à sa 41esession (Cracovie, 2017),
  3. Prenant en compte la décision 42 COM 7A.36 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa grande préoccupation quant aux conséquences négatives du conflit armé, quant à la crise humanitaire et aux destructions irréversibles qui en ont résulté au sein du bien, y compris des destructions de quartiers entiers ;
  5. Rappelle sa demande visant à ce que les actions humanitaires et sécuritaires soient menées en coordination avec les parties prenantes du patrimoine culturel afin d’éviter tout dommage irréversible supplémentaire sur le bien, et de faciliter les mesures d’urgence sur son patrimoine culturel ;
  6. Réitère sa profonde préoccupation quant à l’instabilité des édifices situés au sein du bien et prie instamment l’État partie de mener une évaluation détaillée des risques et des travaux de consolidation d’urgence pour les structures concernées afin de garantir la sécurité des habitants ;
  7. Note les efforts mobilisés par l’État partie pour le redressement d’Alep depuis décembre 2016 et l’encourage à poursuivre ses efforts en matière de documentation, d’évaluation des dommages et d’interventions d’urgence malgré la situation extrêmement difficile ;
  8. Encourage également l’État partie à mettre en œuvre les actions adoptées lors de la réunion de coordination technique organisée en mars 2017 par l’UNESCO et d’accorder un temps suffisant pour l’élaboration de plans stratégiques intégrés en vue de la réhabilitation et de la revitalisation du bien dans son contexte urbain élargi, conformément à la Recommandation concernant le paysage urbain historique (UNESCO, 2011) et en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Invite tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde d’urgence, y compris par le biais du Fonds d’urgence du patrimoine de l’UNESCO ;
  10. Demande que la mission invitée de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM soit menée, dès que la situation sécuritaire le permettra, pour procéder à une évaluation d’ensemble de l’état de conservation du bien et identifier les mesures nécessaires visant à enrayer les dégradations et garantir la conservation et la protection du bien ;
  11. Encourage en outre l’État partie à finaliser la proposition de modification mineure des limites pour le bien et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2019, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  12. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  13. Décide de maintenir l’Ancienne ville d’Alep (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
42 COM 7A.36
Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7A.50, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Déplore la situation de conflit qui règne dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prenant note des rapports fournis par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des sites inscrits sur la Liste indicative syrienne, félicite la Direction générale des Antiquités et des Musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui œuvrent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation devant les dommages subis et les menaces auxquelles sont exposés ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dégâts au patrimoine culturel du pays et de s’acquitter de leurs obligations conformément au droit international et, en particulier, à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris en mettant fin à tous les préjudices résultant de la prise pour cible de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Prie aussi instamment l’État partie à adopter des mesures pour l’évacuation des biens du patrimoine mondial aujourd’hui utilisés à des fins militaires ;
  7. Prie en outre instamment l’État partie et la communauté internationale à inclure les mesures de rétablissement à l’intérieur des sites dans la réponse globale en termes humanitaires, de sécurité et de consolidation de la paix ;
  8. Prie par ailleurs instamment l’État partie à sauvegarder les biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité pour empêcher le vol, les éboulements et la dégradation naturelle, et à s’abstenir d’entreprendre tous travaux de conservation et de restauration avant que la situation permette l’élaboration de stratégies de conservation d’ensemble et d’actions qui répondent aux normes internationales en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de la Syrie, en vertu de la résolution 2199 de février 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’ils s’engagent dans la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé en vertu de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  10. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, dès que les conditions le permettent, et de mettre en œuvre toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, de donner des informations sur l’élaboration de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification des mesures correctives pour les six biens ;
  11. Appelle la communauté internationale à apporter son soutien accru à la sauvegarde du patrimoine culturel syrien au moyen de fonds réservés ou de la contribution au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  12. Appelle également les spécialistes internationaux et nationaux du patrimoine culturel à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives actuelles en coordination avec l’UNESCO ;
  13. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
42 COM 8C.2
Mise à jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/18/42.COM/7A, WHC/18/42.COM/7A.Add et WHC/18/42.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 42 COM 7A.1)
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 42 COM 7A.2)
  • Autriche, Centre historique de Vienne, (décision 42 COM 7A.5)
  • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí (décision 42 COM 7A.8)
  • Chili, Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (décision 42 COM 7A.9)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 42 COM 7A.46)
  • Égypte, Abou Mena (décision 42 COM 7A.17)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 42 COM 7A.42)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 42 COM 7A.44)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 42 COM 7A.41)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 42 COM 7A.40)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 42 COM 7A.18)
  • Iraq, Hatra (décision 42 COM 7A.19)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 42 COM 7A.20)
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie) (décision 42 COM 7A.21)
  • Libye, Ancienne ville de Ghadamès (décision 42 COM 7A.25)
  • Libye, Site archéologique de Cyrène (décision 42 COM 7A.22)
  • Libye, Site archéologique de Leptis Magna (décision 42 COM 7A.23)
  • Libye, Site archéologique de Sabratha (décision 42 COM 7A.24)
  • Libye, Sites rupestres du Tadrart Acacus (décision 42 COM 7A.26)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 42 COM 7A.53)
  • Mali, Villes anciennes de Djenné (décision 42 COM 7A.13)
  • Mali, Tombouctou (décision 42 COM 7A.14)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 42 COM 7A.15)
  • Micronésie (États fédérés de), Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (décision 42 COM 7A.3)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 42 COM 7A.54)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 42 COM 7A.16)
  • Ouzbékistan, Centre historique de Shakhrisyabz (décision 42 COM 7A.4)
  • Palestine, Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (décision 42 COM 7A.27)
  • Palestine, Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (décision 42 COM 7A.29)
  • Palestine, Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (décision 42 COM 7A.28)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo (décision 42 COM 7A.10)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 42 COM 7A.11)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 42 COM 7A.30)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 42 COM 7A.31)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 42 COM 7A.32)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 42 COM 7A.33)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 42 COM 7A.34)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 42 COM 7A.35)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 42 COM 7A.45)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 42 COM 7A.47)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 42 COM 7A.48)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 42 COM 7A.49)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 42 COM 7A.50)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 42 COM 7A.51)
  • République-Unie de Tanzanie, Réserve de gibier de Selous (décision 42 COM 7A.56)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 42 COM 7A.55)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 42 COM 7A.6)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 42 COM 7A.7)
  • Venezuela (République bolivarienne du), Coro et son port (décision 42 COM 7A.12)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 42 COM 7A.37)
  • Yémen, Vieille ville de Sana’a (décision 42 COM 7A.38)
  • Yémen, Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (décision 42 COM 7A.39)
Projet de décision : 42 COM 7A.30

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 41 COM 7A.44 et 41 COM 7A.50, adoptées à sa 41esession (Cracovie, 2017),
  3. Prenant en compte la décision 42 COM 7A.36 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa grande préoccupation quant aux conséquences négatives du conflit armé, quant à la crise humanitaire et aux destructions irréversibles qui en ont résulté au sein du bien, y compris des destructions de quartiers entiers ;
  5. Rappelle sa demande visant à ce que les actions humanitaires et sécuritaires soient menées en coordination avec les parties prenantes du patrimoine culturel afin d’éviter tout dommage irréversible supplémentaire sur le bien, et de faciliter les mesures d’urgence sur son patrimoine culturel ;
  6. Réitère sa profonde préoccupation quant à l’instabilité des édifices situés au sein du bien et prie instamment l’État partie de mener une évaluation détaillée des risques et des travaux de consolidation d’urgence pour les structures concernées afin de garantir la sécurité des habitants ;
  7. Note les efforts mobilisés par l’État partie pour le redressement d’Alep depuis décembre 2016 et l’encourage à poursuivre ses efforts en matière de documentation, d’évaluation des dommages et d’interventions d’urgence malgré la situation extrêmement difficile ;
  8. Encourage également l’État partie à mettre en œuvre les actions adoptées lors de la réunion de coordination technique organisée en mars 2017 par l’UNESCO et d’accorder un temps suffisant pour l’élaboration de plans stratégiques intégrés en vue de la réhabilitation et de la revitalisation du bien dans son contexte urbain élargi, conformément à la Recommandation concernant le paysage urbain historique (UNESCO, 2011) et en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Invite tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde d’urgence, y compris par le biais du Fonds d’urgence du patrimoine de l’UNESCO ;
  10. Demande que la mission invitée de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM soit menée, dès que la situation sécuritaire le permettra, pour procéder à une évaluation d’ensemble de l’état de conservation du bien et identifier les mesures nécessaires visant à enrayer les dégradations et garantir la conservation et la protection du bien ;
  11. Encourage en outre l’État partie à finaliser la proposition de modification mineure des limites pour le bien et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1erfévrier 2019, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  12. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  13. Décide de maintenir l’Ancienne ville d’Alep (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Projet de décision : 42 COM 7A.36

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7A.50, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Déplore la situation de conflit qui règne dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prenant note des rapports fournis par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des sites inscrits sur la Liste indicative syrienne, félicite la Direction générale des Antiquités et des Musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui œuvrent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation devant les dommages subis et les menaces auxquelles sont exposés ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dégâts au patrimoine culturel du pays et de s’acquitter de leurs obligations conformément au droit international et, en particulier, à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris en mettant fin à tous les préjudices résultant de la prise pour cible de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Exhorte également l’État partie à adopter des mesures pour l’évacuation des biens du patrimoine mondial aujourd’hui utilisés à des fins militaires ;
  7. Engage en outre l’État partie et la communauté internationale à inclure les mesures de rétablissement à l’intérieur des sites dans la réponse globale en termes humanitaires, de sécurité et de consolidation de la paix ;
  8. Engage par ailleurs l’État partie à sauvegarder les biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité pour empêcher le vol, les éboulements et la dégradation naturelle, et à s’abstenir d’entreprendre tous travaux de conservation et de restauration avant que la situation permette l’élaboration de stratégies de conservation d’ensemble et d’actions qui répondent aux normes internationales en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de la Syrie, en vertu de la résolution 2199 de février 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’ils s’engagent dans la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé en vertu de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  10. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, dès que les conditions le permettent, et de mettre en œuvre toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, de donner des informations sur l’élaboration de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification des mesures correctives pour les six biens ;
  11. Appelle la communauté internationale à apporter son soutien accru à la sauvegarde du patrimoine culturel syrien au moyen de fonds réservés ou de la contribution au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  12. Appelle également les spécialistes internationaux et nationaux du patrimoine culturel à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives actuelles en coordination avec l’UNESCO ;
  13. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
Année du rapport : 2018
République arabe syrienne
Date d'inscription : 1986
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Liste en péril (dates) : 2013-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 42COM (2018)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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