1.         Memphis et sa nécropole – les zones des pyramides de Guizeh à Dahchour (Égypte) (C 86)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1991-1995)
Montant total approuvé : 81 450 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 100.000 dollars EU pour le Sphinx de Guizeh ; Compte spécial pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l'Egypte: 2 203 304 dollars EU pour le développement de plans de gestion pour les sites du patrimoine mondial du Caire historique, Memphis et Louxor

Missions de suivi antérieures

1993, 1995, 1998, 1999, 2001, novembre 2014 : missions de conseil conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; juillet 2015 : mission de conseil de l’ICOMOS ; mars 2017 : mission de conseil conjointe Centre patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 1er février 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/86/documents. Le rapport reconnaît le besoin de renforcer la protection et la gestion du bien grâce à un seul et unique plan de gestion applicable au bien qui doit s’appuyer sur la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (DRVUE) adoptée par la décision 41 COM 8E, et signale qu’un tel plan a été soumis au Centre du patrimoine mondial en 2017. Conformément aux conclusions de la mission d’assistance technique conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2017 et à la décision 41 COM 7B.78, le rapport affirme la nécessité de réaliser un relevé archéologique par télédétection et une recherche dans la zone potentiellement impactée par le projet de tunnel de la route circulaire. Les conclusions de ces études permettront d’établir un rapport technique sur l’archéologie de la zone. Un rapport d’ « évaluation archéologique », qui n’intègre pas encore le relevé archéologique par télédétection, a été annexé au rapport de l’État partie. Avec le rapport technique sur la gestion du trafic et celui sur l’ingénierie du projet, l’évaluation archéologique finale contribuera au processus de conception du projet de tunnel de la route circulaire et à son évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP). Tous ces rapports devront être soumis au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives.

Le rapport de l’État partie dresse également un tableau actualisé des projets des missions étrangères, des nouvelles découvertes, des projets en cours et la suppression des empiétements dans les cinq composantes du bien. Il précise en outre que :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie a fait d’importantes découvertes archéologiques sur le territoire du bien et entreprend des recherches dans la pyramide de Khéops. Il a presque achevé le Projet d’atténuation des risques et de restauration de la pyramide à degrés et de la tombe sud à Saqqara. Il est recommandé au Comité de féliciter l’État partie pour les progrès accomplis dans ce domaine.

L’État partie s’est engagé à faire participer le Centre du patrimoine mondial, les Organisations consultatives et le Comité à l’éventuelle élaboration d’un projet adéquat de tunnel de la route circulaire à travers le plateau de Guizeh. Le document d’ « évaluation archéologique » soumis n’inclut pas encore les données recueillies suite au relevé archéologique par télédétection réalisé au moyen d’un radar pénétrant et d’un levé magnétique au sol, le recours à ces techniques étant fortement recommandé. Une fois ces informations recueillies et l’évaluation archéologique complète disponible, et, suite à l’examen par les Organisations consultatives de ce rapport et des rapports et projets techniques précédemment soumis, le projet de tunnel de la route circulaire devra alors faire l’objet d’une évaluation complète d’impact sur le patrimoine (EIP), réalisée conformément au Guide de l'ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial (2011) et faisant référence à la DRVUE. L’EIP devra également être soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen.

Suite aux conclusions de la mission d’assistance technique conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2017, l’État partie devra communiquer des informations complémentaires sur les actions mises en œuvre pour traiter les répercussions du projet abandonné de route circulaire de 1995, notamment les déversements de terre, de pierres et de débris de construction, l’extraction illégale et à grande échelle de sable et l’incinération de déchets, qui ont des conséquences préjudiciables pour le cadre de certaines des principales composantes du bien.

Il est préoccupant de constater que les travaux réalisés dans le cadre du Projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh, qui a été récemment relancé, ont progressé aussi rapidement sans qu’apparemment un examen technique externe des impacts du projet sur le patrimoine ait été réalisé ou qu’une zone tampon pour Guizeh, composante du bien, ait été envisagée. En outre, le Projet d’éclairage et de sécurité de la zone des pyramides de Guizeh, dont le lancement est prévu en 2018, suscite de vives inquiétudes quant à son impact visuel potentiel et son impact sur l’intégrité du bien. Par ailleurs, le Projet de développement du site et de la communauté de Memphis est conçu sans qu’aient été communiquées d’informations sur sa localisation précise, sa conception et son impact sur le bien. Il est donc recommandé au Comité de prier instamment l’État partie de soumettre des informations plus complètes sur le Projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh, notamment sur le Projet d’éclairage et de sécurité, ainsi que sur le Projet de développement du site et de la communauté de Memphis, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

L’État partie doit encore apporter des réponses à certains points soulevés dans de précédentes décisions du Comité, notamment l’étude de la législation nationale propre aux biens du patrimoine mondial, la définition d’une zone tampon et la soumission d’une demande de modification mineure des limites, en particulier s’agissant de Guizeh, une des composantes du bien, afin de la protéger contre la pression urbaine accrue exercée par la ville du Caire.

Il est recommandé à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, en collaboration avec les principales parties prenantes nationales et internationales, afin qu’elle évalue l’état de conservation du bien, les projets en cours et prévus et de quelle façon ceux-ci peuvent avoir des conséquences sur la VUE du bien.

Décision adoptée: 42 COM 7B.52

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.78, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite l’État partie pour les importantes découvertes archéologiques et recherches associées dans la pyramide de Khéops et pour les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Projet d’atténuation des risques et de restauration de la pyramide à degrés et de la tombe sud à Saqqara, et lui demande de soumettre des informations détaillées à ce sujet au Centre du patrimoine mondial ;
  4. Accueille avec satisfaction la collaboration en cours entre l’État partie, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives en vue d’élaborer des propositions pour le projet de tunnel de la route circulaire du Caire, à travers le plateau de Guizeh ;
  5. Prend note de la soumission par l’État partie d’une « évaluation archéologique » initiale pour le projet de tunnel de la route circulaire du Caire et réitère sa demande auprès de l'État partie afin qu’il finalise une évaluation archéologique complète, selon les modalités précédemment requises, qui intègre les résultats du relevé archéologique par télédétection réalisé au moyen d’un radar pénétrant, d’un levé magnétique au sol et d’autres techniques, et qu’il veille à ce que, suite à l’examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, la version finale du « rapport complet d’évaluation archéologique » et les précédents rapports techniques sur la gestion du trafic et les détails de la conception contribuent à la conception technique du projet de tunnel de la route circulaire du Caire, qui devra faire l’objet d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), réalisée conformément au Guide de l'ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial, et réitère également sa demande auprès de l’État partie afin qu’il soumette les éléments détaillés de la conception technique du projet et l’EIP au Centre du patrimoine mondial pour examen ;
  6. Prend également note de la précédente décision du Comité selon laquelle les travaux de construction du tunnel ne pourront être mis en œuvre sans que tous les rapports techniques demandés et les EIP en résultant aient été examinés et approuvés par les Organisations consultatives, et que des mesures d’atténuation et des procédures de suivi adéquates aient été convenues ;
  7. Notant que les répercussions du projet abandonné de route circulaire de 1995 ont des conséquences préjudiciables pour le paysage, et que la route abandonnée a occasionné des déversements, une incinération de déchets et une extraction de sable à grande échelle, demande également à l’État partie de communiquer des informations complémentaires sur les actions mises en œuvre pour traiter ces conséquences ;
  8. Exprime son inquiétude quant aux informations communiquées par l’État partie sur le Projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh, le Projet d’éclairage et de sécurité des pyramides de Guizeh et le Projet de développement du site et de la communauté de Memphis, et prie instamment l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, dès que possible et conformément au paragraphe 172 des Orientations, un document détaillé présentant des informations complètes sur le Projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh ;
  9. Demande en outre à l’État partie de poursuivre les efforts qu’il déploie pour renforcer la protection et la gestion du bien en :
    1. renforçant la coordination et la gestion globales du bien du patrimoine mondial, et la conservation du bien par le ministère des Antiquités,
    2. étudiant la législation nationale propre aux biens du patrimoine mondial,
    3. définissant une zone tampon et en soumettant une demande de modification mineure des limites ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer l’état de conservation du bien, les projets en cours et prévus et de quelle façon ceux-ci sont susceptibles d’avoir des conséquences pour la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.