1.         Site archéologique d’Ani (Türkiye) (C 1518)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2016

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1518/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1518/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Menaces identifiées lors de l'inscription en 2016 :

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1518/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 30 novembre 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, qui est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1518/documents/ et aborde les recommandations faites lors de l’inscription du bien en 2016 (Décision 40 COM 8B.28). S’agissant des projets de recherche archéologique et de conservation, des informations et des calendriers actualisés ont été fournis pour un certain nombre de projets dont la liste a été établie. En outre, les progrès réalisés dans la mise en œuvre de différentes activités sont présentés comme suit :

La déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE) a été adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session (Cracovie, 2017) (Décision 41 COM 8B.49).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre de plusieurs recommandations faites lors de l’inscription du bien en 2016. L’achèvement du plan d’aménagement du paysage permettra d’améliorer la présentation du site. En outre, l’État partie a revu les panneaux d’information afin que la vision donnée du bien soit plus exhaustive, y compris avec des informations sur l’histoire culturelle arménienne d’Ani dans la période qui a suivi 1918. Les détails des modifications apportées n’ont pas été communiqués, mais cette approche devrait être conservée dans le cadre des futures activités de présentation du site.

Une base de données, destinée à centraliser les informations recueillies lors des fouilles archéologiques, a été créée afin d’améliorer la documentation du bien. S'agissant du paysage naturel et des espaces souterrains, l’approche de l’État partie a consisté à clarifier les dispositions relatives à l’utilisation de la zone en tant que site de conservation archéologique de 3e ordre. De nouveaux projets d’aménagement et de développement et des constructions sont autorisés sous certaines conditions, mais l’exploitation de carrières n’est pas autorisée. Bien que ces clarifications soient appréciées, la nécessité d’améliorer la documentation du bien et de sa zone tampon persiste.

L’intégrité de ce bien est très vulnérable en raison d’une perte du tissu architectural suite à l’activité sismique et au vandalisme, de problèmes graves et très répandus de stabilité des structures et de l’absence de stratégie de restauration durable. L’approche de l’État partie consiste à consolider les éléments et à prévenir toute détérioration future avant d’aller plus avant dans l’élaboration de plans de conservation. Un tableau présentant les actions mises en œuvre à court terme a été soumis. Parmi celles-ci, on peut citer : les projets de conservation pour l’église Prikitch, la cathédrale, les remparts et le palais de Seldjouk ; des réparations d’urgence et des mesures de protection pour l’église de Surp Arekelot ; la construction d’un centre d’accueil des visiteurs ; des infrastructures de stationnement des véhicules et de transport ; des travaux d’aménagement du paysage ; et des mesures destinées à faciliter l’accès des visiteurs et à renforcer leur sécurité.

Les tableaux qui ont été soumis et qui présentent les processus de mise en œuvre du plan directeur (2016-2021) et des travaux de recherche archéologique et de conservation prévus (2016-2040) sont accueillis avec satisfaction. Toutefois, il est recommandé à l’État partie de hiérarchiser les interventions urgentes en réalisant une évaluation complète des besoins et en l’intégrant dans les systèmes de gestion et de suivi du site. Les détails de ces plans doivent être soumis au Centre du patrimoine mondial, en particulier s’agissant des travaux de conservation prévus, afin d’être examinés par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

Bien que le pâturage soit interdit dans le périmètre du site de conservation archéologique de premier ordre, on observe une utilisation inappropriée des zones de pâture et des grottes creusées dans la roche dans les vallées du Bostanlar et de l’Arpaçay. L’État partie estime que ces problèmes sont attribuables à un manque de prise de conscience des populations locales. Des mesures de sensibilisation et de suivi ont été mises en œuvre afin d’empêcher les animaux de pénétrer sur le territoire du bien. Il conviendrait de poursuivre les efforts déjà déployés pour trouver des solutions durables.

Les mesures prises par l’État partie afin d’établir des procédures rendant obligatoires les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) pour tous les biens du patrimoine mondial et sites de la Liste indicative en Turquie sont accueillies avec satisfaction. Toutefois, des efforts supplémentaires pourraient être demandés afin d’assurer l’efficacité de cette exigence et l’intégration systématique des EIP dans le système de gestion. Un suivi de l’activité sismique a été entrepris pendant des interventions de conservation. Le travail doit cependant se poursuivre, car le plan de suivi de l’activité sismique, tel que recommandé, ne sera inclus dans le plan de gestion que lors de la révision de ce dernier en 2020.

Décision adoptée: 42 COM 7B.30

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 40 COM 8B.28, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Prend note des progrès réalisés par l’État partie, et lui demande de poursuivre ses avancées dans la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial formulées lors de l’inscription du bien, notamment :
    1. réaliser un travail de documentation du paysage naturel, du développement urbain, des structures architecturales et des espaces souterrains sur le territoire du bien et de sa zone tampon, et veiller à l’inclusion de cette documentation dans le système de gestion,
    2. soumettre les détails du processus de mise en œuvre du plan directeur (2016-2021) et des travaux de recherche archéologique et de conservation prévus (2016-2040), notamment, s’agissant des travaux de conservation, fournir les documents de projets et les documents visuels, au Centre du patrimoine mondial, pour analyse par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations,
    3. finaliser un évaluation globale des besoins de chaque monument classé et identifier les interventions nécessaires et les priorités, et intégrer celles-ci dans le plan directeur de conservation stratégique, document qui constitue la base d’une conservation et d’un suivi à court et long terme du bien,
    4. concevoir et mettre en œuvre un suivi à long terme de l’activité sismique,
    5. trouver des solutions durables et viables au problème actuel de pâturage non autorisé sur le territoire du site de conservation archéologique de 1er ordre ;
  4. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.