1.         Delta de l’Okavango (Botswana) (N 1432)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2014

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1432/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2012-2017)
Montant total approuvé : 27 080 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1432/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 150 000 dollars EU du fonds-en-dépôt des Flandres (2017-2019)

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1432/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 1er décembre 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1432/documents/ et qui rend compte de ce qui suit :

Le 16 février 2018, l’État partie transmis des informations complémentaires concernant l’EIE du pont de Mohembo, incluant un croquis et des images du pont envisagé, un chapitre révisé sur les études hydrologiques et une réponse du Département des routes.

Enfin, avec le soutien du fonds-en-dépôt UNESCO/Flandres et la coopération du Programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial du PNUD, le programme d’octroi de subventions COMPACT sera mis en pratique au sein du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’abandon de toutes les licences de prospection dans la zone tampon et l’engagement de l’État partie à suivre les activités à l’extérieur de la zone tampon sont favorablement accueillis. Toutefois, les autres zones de concession adjacentes à la zone tampon et au bien soulèvent quelques inquiétudes. Il est par conséquent important de veiller à ce qu’une EIE, incluant une évaluation des impacts sur la VUE du bien, soit entreprise avant le lancement de toute activité d’exploration.

La collaboration tripartite au travers de l’OKACOM est appréciée, notamment en ce qui concerne l’engagement de mener une EIE pour les projets de développement majeur en réponse à la décision 40 COM 7B.78 du Comité et l’engagement de rédiger des directives pour faciliter la mise en œuvre du protocole de la SADC. Les directives devraient offrir aux trois États riverains un mécanisme coordonné, à l’échelle du bassin, de notification préalable en cas de projets d’activités susceptibles d’avoir des impacts transnationaux. Néanmoins, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que tout développement dans le bassin versant de l’Okavango entraînant des prélèvements d'eau est grandement susceptible d’avoir un impact sur la VUE du bien. Étant donné la complexité et l’étendue du bassin, les impacts devraient être évalués au niveau stratégique et à l’échelle du paysage au moyen d’une évaluation environnementale stratégique (EES), conformément à la Note consultative de l’UICN sur la patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, et non d’EIE portant sur des projets individuels.

Il est noté avec appréciation que l’État partie a mis en pratique le projet d’assistance internationale pour revoir le plan de gestion du bien. Les efforts pour contrôler les espèces exotiques envahissantes et pour promouvoir l’engagement communautaire sont également notés et doivent être poursuivis. Le manque de ressources rapporté pour réaliser une EIE pour les clôtures du cordon vétérinaire et l’étude aérienne de la faune est préoccupant et il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’augmenter les fonds consacrés à la conservation du bien.

L’EIE pour le projet de pont de Mohembo est antérieure à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial et le projet n’était pas mentionné au moment de la proposition d’inscription. En raison de la désignation Ramsar du delta, les impacts hydrologiques ont été évalués dans l’EIE et les mesures d’atténuation identifiées devraient être mises en œuvre. Les recommandations telles que la nécessité d’entreprendre une EIE pour tout banc d’emprunt et nouvelle carrière de matériaux de construction sont également activement soutenues. Comme confirmé par l’État partie dans sa lettre du 16 février 2018, au regard du statut nouvellement acquis de patrimoine mondial, d’autres évaluations et mesures d’atténuation sont nécessaires pour garantir la protection spécifique des attributs de la VUE. Par exemple, une plus grande attention devrait être accordée aux déplacements de la faune, à la saisonnalité des facteurs biotiques et abiotiques, aux espèces exotiques envahissantes ainsi qu’aux perturbations occasionnées par la construction et l’utilisation du pont. L’intention de l’État partie de travailler en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN à l’élaboration de l’EIE révisée est notée avec appréciation.

Décision adoptée: 42 COM 7B.89

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 8B.5 et 40 COM 7B.78, adoptées à ses 38e (Doha, 2014) et 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) sessions, respectivement,
  3. Accueille favorablement l’annulation de toutes les licenses de prospection pétrolière et métallifère dans la zone tampon et l’engagement de l’État partie à poursuivre le suivi des activités, mais notant l’emplacement d’autres zones de concession proche de la zone tampon et du bien, demande à l’État partie de veiller à ce qu’une étude d’impact environnemental (EIE), incluant une évaluation des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, soit entreprise avant que toute activité d’exploration ne soit initiée, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN ;
  4. Apprécie la collaboration entre les États parties du Botswana, de l’Angola et de la Namibie au travers de la Commission permanente des eaux du bassin hydrographique de l’Okavango (OKACOM)) pour veiller à ce que tout projet de développement majeur au sein du bassin versant de l’Okavango soit soumis à une EIE et qu’il y ait un mécanisme coordonné pour notifier chaque État partie d’activités susceptibles d’avoir des impacts transnationaux ;
  5. Prenant en compte le potentiel impact sur la VUE du bien de tout développement débouchant sur un prélèvement d’eau dans le bassin versant et la complexité et l’étendue de ce bassin, prie les États parties du Botswana, d’Angola et de Namibie d’évaluer les impacts de tout développement au niveau stratégique et à l’échelle du paysage au moyen d’une évaluation environnementale stratégique (EES) complète, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale ;
  6. Note avec appréciation l’ouverture du réexamen du Plan de gestion du delta de l’Okavango afin de rendre compte du statut de patrimoine mondial du bien, en vue d’améliorer l’efficacité des dispositifs institutionnels et de répondre aux questions non résolues de conservation et de gestion, et réitère sa demande à l’État partie de poursuivre ses efforts pour :
    1. étendre et renforcer les programmes qui adaptent l’utilisation des ressources traditionnelles comme moyens de subsistance, les droits d’accès, les droits culturels et l’accès aux possibilités de participer au secteur du tourisme, tout en préservant la VUE du bien,
    2. traiter une série d’autres questions de gestion et de protection, notamment gouvernance, responsabilisation des parties prenantes, planification de la gestion, capacité de gestion et contrôle des espèces exotiques envahissantes ;
  7. Note avec inquiétude que l’EIE pour les clôtures du cordon vétérinaire et les études aériennes des espèces sauvages n’ont pu être entreprises en raison de contraintes financières et demande également à l’État partie d’apporter un soutien financier supplémentaire à la conservation du bien ;
  8. Notant par ailleurs que la construction d’un pont à haubans au sein de la zone de panhandle du bien et le durcissement du revêtement de la voie d’accès afférente ont commencé à Mohembo sur la base d’une EIE de 2009, considère que les mesures identifiées dans l’EIE sont insuffisantes dans la mesure où elles ne prennent pas en compte le statut de patrimoine mondial du bien, et demande en conséquence à l’État partie de revoir l’EIE, conformément à la Note consultative de l’UICN, avant de poursuivre les travaux, afin d’inclure une évaluation des impacts potentiels de la construction et de l’utilisation du pont et de la route sur la VUE du bien, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.