1.         Parc national de Keoladeo (Inde) (N 340)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/340/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/340/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 80 000 dollars EU (projet « Mise en valeur de notre patrimoine » sur l'évaluation de l'efficacité de la gestion). En 2008, la Fondation des Nations Unies a alloué au programme de l’Inde sur le patrimoine mondial un financement dont a bénéficié le projet (en vue d’améliorer l’efficacité de la gestion et de renforcer les compétences du personnel ; d’accroître l’engagement des communautés locales dans la gestion du site et de promouvoir le développement durable ; et de sensibiliser par la communication et le plaidoyer)

Missions de suivi antérieures

Mars 2005 : Visite du Centre du patrimoine mondial sur le site ; mars 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/340/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 1er décembre 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible sur htp://whc.unesco.org/fr/list/340/documents/, qui donne les informations suivantes :

Sur la base des rapports de tierces parties et d’articles de médias, le Centre du patrimoine mondial a adressé un courrier à l’État partie le 18 janvier 2018, demandant des renseignements au sujet de l’élimination de carcasses de bestiaux à proximité du parc national et des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. La lettre exprime les préoccupations que suscitent les risques sanitaires pour la faune. Les médias signalent de possibles dangers supplémentaires pour la santé humaine.  L’État partie n’a toujours pas répondu au moment de la rédaction du présent rapport.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Comité a considéré la fourniture en eau comme l’aspect primordial et la préoccupation majeure pour la conservation du bien. Les séries chronologiques relevées de 2010 à 2016 contiennent des données extrêmement intéressantes qui distinguent les trois principales sources d’alimentation. S’il est encourageant de constater que l’ensemble des lâchers d’eau en 2016 a été supérieur à 550 m3, il est malgré tout alarmant que sur les 7 années retenues pour cette étude, il y a eu 4 ans où l’apport minimum en eau n’a pas été atteint. Cela indique clairement qu’il reste à trouver des solutions fiables au problème absolument prioritaire du maintien d’un approvisionnement en eau suffisant. Force est de constater que l’énorme variabilité interannuelle des moussons saisonnières s’ajoute à la complexité de ce problème.

Il est encourageant de savoir que les renseignements fournis sur les dénombrements d’oiseaux soient plus détaillés que dans les précédents relevés. Mais il est difficile de savoir quelles espèces figurent dans le recensement au-delà du petit nombre d’espèces listées et dans quelle mesure les données collectées correspondent aux anciennes données. Il est vivement recommandé que le Comité encourage l’État partie à définir une méthodologie et une approche à long terme permettant  un suivi systématique des populations d’oiseaux dans le bien et ses sites environnants. L’approche devrait s’inscrire dans le prochain plan de gestion révisé, et doit impérativement s’appliquer au-delà de l’horizon de ce plan.

Les efforts constants déployés pour lutter contre les espèces envahissantes méritent d’être salués. Toutefois, il serait important d’élaborer une stratégie à long terme pour traiter ce problème dans le cadre du plan de gestion révisé, y compris la définition d’une approche systématique et de mesures visant à évaluer les tendances et l’efficacité des opérations de gestion.

La révision en cours du plan de gestion devrait être utilisée pour une évaluation critique de l’efficacité des réponses actuelles apportées  dans la gestion pour traiter des problèmes bien connus. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN se tiennent à la disposition de l’État partie pour lui donner des conseils si besoin en est.

L’officialisation imminente de la zone écosensible (ZES) autour du bien et, en particulier, la consultation avec les partenaires locaux, sont autant de démarches appréciables. Malheureusement, les informations communiquées par l’État partie ne permettent pas d’avoir une bonne compréhension du processus. Considérant que les relations avec les villages voisins représentent un problème majeur dans la déclaration de VUE du bien, adoptée dans la décision 36 COM 8E (Saint-Pétersbourg, 2012), il serait bon que l’État partie fournisse des informations supplémentaires sur ce point. Comme demandé par le Comité dans la décision 40 COM 7B.87 (Istanbul/UNESCO, 2016), l’élaboration d’un schéma directeur de zonage faisant suite à la notification finale de la ZES devrait également s’appuyer sur une consultation de toutes les parties prenantes.

Compte tenu de la mise en place imminente de la ZES, il est recommandé que le Comité encourage également l’État partie à envisager la formalisation ultérieure d’une zone tampon du patrimoine mondial, conformément à la procédure de modification mineure des limites énoncée dans les paragraphes 107 et 164 et à l’annexe 11 des Orientations.

Il est regrettable qu’une réponse de l’État partie à la lettre du Centre du patrimoine mondial demandant des éclaircissements sur l’élimination de carcasses de bestiaux gisant à proximité du bien n’ait pas été disponible au moment de faire le rapport. Une clarification urgente est requise afin de mieux comprendre la situation et, notamment, les menaces potentielles pour la VUE du bien.

Vu les préoccupations persistantes du Comité relatives à l’approvisionnement en eau et à l’impact des espèces invasives, il est recommandé de demander à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif de l’UICN sur le bien pour en évaluer l’état de conservation et les progrès accomplis par l’État partie pour traiter ces questions.

Décision adoptée: 42 COM 7B.68

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.87, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Réitère son extrême préoccupation devant les nouvelles données qui montrent que sur les 7 années passées, il y en a eu 4 où l’apport en eau du bien est resté très en deçà des 550 millions de mètres cubes recommandés par la mission de 2008 comme volume minimum pour conserver ses valeurs de zone humide, et exhorte vivement l’État partie à identifier et mettre en place des solutions pour maintenir un apport en eau suffisant et fiable à long terme pour le bien et ses sites voisins ;
  4. Salue les efforts permanents déployés pour lutter contre les espèces invasives dans le bien, mais réitère sa demande d’élaborer une stratégie adaptative de lutte et d’éradication des espèces invasives dans le bien et de l’intégrer dans le plan de gestion révisé ;
  5. Se félicite également des progrès accomplis dans l’établissement et la publication d’une notification finale déclarant comme ‘zone écosensible’ (ZES) une bande de terrain de 500 mètres autour du bien et réitère également sa demande à l’État partie de veiller à ce qu’une procédure complète de consultation des parties prenantes soit organisée avant de finaliser la notification et pendant l’élaboration subséquente du schéma directeur de zonage ;
  6. Se félicite en outre des données du dénombrement d’espèces d’oiseaux relevées dans le bien et ses zones humides environnantes, et demande à l’État partie de procéder à un suivi systématique des populations d’oiseaux dans le bien, sur la base d’une méthodologie et d’une approche à long terme clairement définies, qui devrait être documenté dans le plan de gestion révisé à venir ;
  7. Encourage également l’État partie à utiliser la révision en cours du plan de gestion pour évaluer l’efficacité des réponses aux problèmes connus de gestion courante auxquels est confronté le bien et à s’appuyer sur ces éléments pour mieux les traiter et obtenir les conseils du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN le cas échéant, et réitère en outre sa demande à l’État partie de soumettre un exemplaire électronique du projet de plan de gestion révisé au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  8. Demande également à l’État partie à inviter une mission de suivi réactif de l’UICN pour se rendre sur le bien afin d’évaluer son état de conservation et les progrès réalisés en ce qui concerne le problème de l’approvisionnement en eau et des espèces envahissantes ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, une clarification écrite de la situation actuelle relative à l’élimination de carcasses de bestiaux signalées à proximité du bien, y compris aux impacts possibles sur la VUE du bien ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.