1.         Archipel de Socotra (Yémen) (N 1263)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2017-2017)
Montant total approuvé : 75 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2012 : mission de l’UICN ; juin 2014 : mission UICN/Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH)

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le Centre du patrimoine mondial a envoyé un courrier à l'État partie le 13 février 2017, pour vérifier les informations apparues dans des articles des médias au sujet de nouveaux projets de développement sur l'île de Socotra, dans le cadre de l'aide humanitaire fournie par une fondation basée aux Émirats arabes unis.

À la suite de ce courrier, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont reçu de la part d’un tiers des informations supplémentaires sur ces développements, qui comprendraient des villes résidentielles, des ports, des hôtels et des routes, sans évaluation préalable des impacts sur l'environnement unique de Socotra et la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

Au moment de rédiger ce rapport, aucune réponse de l'État partie n'avait encore été reçue.

Le 23 mai 2017, l'Organisation générale pour la protection des villes historiques (GOPHCY) a adressé un courrier à l'UNESCO, exprimant sa préoccupation au sujet des opérations militaires en cours au sein du bien, qui pourraient affecter sa VUE.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il convient de rappeler que Socotra a été frappé par deux cyclones dévastateurs en novembre 2015, qui ont provoqué de nombreux dégâts aux établissements humains, ainsi qu'aux environnements terrestre et marin du bien et que le Comité a exprimé son inquiétude quant à la vulnérabilité du bien à l'utilisation non durable des ressources, à l'érosion des sols et à la dégradation de l'habitat, qui a été vraisemblablement accrue par les impacts des cyclones (décision 40 COM 7B.86) qui ne sont pas encore complètement évalués.

À sa 40e session en 2016, le Comité s'est félicité que le Gouvernorat de Socotra étudie actuellement une politique visant à annuler toutes les décisions antérieures concernant l’aggrandissement des principales voies d'accès au sein du bien, répondant ainsi à une demande précédente du Comité (décision 37 COM 7B. 9, réitérée dans la décision 39 COM 7B.6), afin de veiller à ce que le réseau routier situé au sein du bien ne soit pas développé.

Il convient enfin de rappeler que dans son rapport de 2016 au Comité (disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/), l'État partie a noté que la réhabilitation du port maritime, endommagé par les cyclones, se limiterait à le restaurer dans son état antérieur et ne comporterait aucune extension.

À la lumière de ce qui précède, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial des informations supplémentaires sur les projets de développement et les opérations militaires présumées sur Socotra, pour examen par l'UICN, conformément au paragraphe 172 des Orientations et de demander à l'État partie de veiller à ce que tout développement sur Socotra, y compris ceux qui relèvent de l'aide humanitaire, soit soumis à une évaluation rigoureuse des impacts sur la VUE du bien, conformément à la Note consultative de l'UICN sur l'évaluation environnementale pour le patrimoine mondial.

Il est également recommandé au Comité de réitérer sa demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien, afin d'évaluer son état de conservation, notamment compte tenu de l’impact des cyclones, et d’aider l’État partie à identifier des priorités pour les activités de réhabilitation et de gestion.

Décision adoptée: 41 COM 7B.23

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.86, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Réaffirme sa grande préoccupation à propos de la vulnérabilité du bien aux pressions exercées par l'utilisation non durable des ressources, l'érosion des sols et la dégradation de l'habitat, qui a probablement augmenté suite à l’impact des cyclones et rappelle sa demande à l'État partie de veiller à ce que le réseau routier au sein du bien ne soit pas développé ;
  4. Appelle tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde urgente, y compris à l’aide du Fonds d’urgence du patrimoine de l’UNESCO ;
  5. Rappelle l'engagement exprimé par l'État partie en 2016 sur la réhabilitation du port maritime, endommagé par les cyclones, qui se limiterait à le restaurer dans son état antérieur et n'inclurait aucune extension ;
  6. Demande à l'État partie de fournir des informations supplémentaires sur les projets de développement sur Socotra au Centre du patrimoine mondial et sur les opérations militaires présumées, pour examen par l'UICN, avant de prendre toute décision difficilement réversible concernant leur mise en œuvre, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Demande également à l'État partie de veiller à ce que tout développement sur Socotra, y compris ceux de relevant de l'aide humanitaire, soit soumis à une évaluation rigoureuse des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément à la Note consultative de l'UICN sur l'évaluation environnementale pour le patrimoine mondial et de soumettre une copie de l'évaluation d'impact environnemental (EIE) au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  8. Réitère sa demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien, afin d'évaluer son état de conservation, compte tenu notamment des impacts des cyclones, et d’aider l'État partie à identifier des priorités pour les activités de réhabilitation et de gestion ;
  9. Réitère également sa demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.