1.         Stonehenge, Avebury et sites associés (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 373bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (i)(ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/373/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/373/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2015 et janvier/février 2017 : missions de conseil conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/373/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 30 mars 2017, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list373/documents, qui répond aux problèmes identifiés dans la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE) et rend compte de ce qu’il a été réalisé en matière de gestion et de mise en œuvre des précédentes décisions ainsi que du statut actuel du grand projet routier envisagé, constatant :

Routes et circulation affectent l’intégrité, l’état et l’environnement du bien, ainsi que l’expérience des visiteurs et de la population locale. La route principale A303 traverse sur 5,5 km le centre du bien et a été signalée comme un problème au moment de l’inscription. L’État partie s’emploie maintenant à en traiter les impacts dans le cadre d’un projet d’infrastructure de grande ampleur prévoyant l’amélioration d’une voie routière entre Londres et l’ouest de l’Angleterre. Une étude de faisabilité pour l’ensemble du couloir routier A303/A358/A30 a été préparée en 2014.

L’État partie est d’avis qu’un projet d’amélioration du réseau routier pour la section de Stonehenge incluant un tunnel à deux tubes d’au moins 2,9 km, avec routes d’accès à deux fois deux voies de part et d’autre, peut avoir des retombées bénéfiques en faisant disparaître la chaussée de surface des parties centrales du bien.

Pour la partie Stonehenge du projet, un groupe de travail consultatif technique a été réuni, avec English Heritage (désormais Historic England), le National Trust et le Conseil du comté de Wiltshire, et l’office d’aménagement local.

L’État partie a invité une première mission de conseil UNESCO/ICOMOS en octobre 2015, pour être conseillé sur l’ensemble des processus. Le rapport de mission, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list373/documents, renseigne sur les diverses options d’itinéraire possibles présentées par Highways England. Une consultation publique sur deux options d’itinéraire préférées incluant un tunnel de 2,9 km a eu lieu en janvier et février 2017.

Une seconde mission de conseil orientée sur l’étude des nouvelles propositions a eu lieu en février 2017. Le rapport de mission prend acte des réponses aux recommandations de la première mission consultative, en particulier en ce qui concerne les procédures, recherches et évaluations archéologiques, mais note que certains points doivent encore être mis en œuvre. Cette seconde mission recommande qu’une voie de contournement autrement qu’en tunnel au sud du bien soit reconsidérée et que des travaux complémentaires soient menés sur des options de tunnel plus long, en particulier vis-à-vis de l’emplacement des têtes et de l’impact potentiel sur l’ensemble du paysage culturel de Stonehenge et l’environnement du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Considérant le statut emblématique du bien, l’État partie et ses agences devraient continuer à procéder minutieusement et prudemment, pour veiller à ce que la meilleure solution possible soit identifiée et mise en œuvre pour l’élargissement de l’A303. Les processus de gouvernance et de prise de décision pour le projet sont complexes mais n’ont pas accordé une priorité suffisante à la VUE du bien. Tandis que tout un ensemble de points et facteurs doit être équilibré, l’approche appropriée consiste à éviter de porter atteinte à la VUE du bien. Il n’est pas jugé satisfaisant de suggérer que les avantages d’un tunnel de 2,9 km sur le centre du bien peuvent compenser les dommages significatifs de tronçons de routes d’accès à quatre voies en tranchée ailleurs dans le bien.

L’État partie et ses services compétents ont répondu aux recommandations de la première mission mais certains points, comme la création d’un ‘comité scientifique’, n’ont pas encore été mis en œuvre.

Après la première mission, un large éventail d’options est demeuré envisageable, bien que l’attention des médias se soit concentrée sur un projet de tunnel d’au moins 2,9 km. Des études complémentaires, des recherches archéologiques et plusieurs évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) ont identifié qu’une route de contournement alternative (la F10) n’aurait aucun impact sur la VUE et pourrait avoir des retombées significatives pour le bien et le paysage étendu de Stonehenge, et mérite donc un examen plus approfondi, même si elle a été écartée avant la consultation publique début 2017.

Les options du tunnel de 2,9 km présentées en consultation publique porteraient atteinte à la VUE du bien par leurs voies d’accès et têtes respectives. Les deux têtes auraient un impact visuel mais l’importance des nouvelles routes au-delà et au sein du bien, est plus préoccupante. L’impact potentiel de quatre voies d’accès de quelque 2,2 km en tranchée sur le paysage de Stonehenge pourrait fondamentalement compromettre la VUE du bien.

Si la tête ouest était déplacée au niveau ou à l’extérieur de la limite du bien, les voies d’accès (et leurs impacts) seraient déplacé(e)s à l’extérieur du bien, où des voies rapides sont déjà prévues. La détermination de l’emplacement précis nécessiterait une enquête plus approfondie ainsi qu’un examen du tracé le plus approprié pour un tunnel plus long.

Le positionnement actuel de la tête est du tunnel à l’est de l’'Avenue', aligné sur le parcours actuel de l’A303, mais toujours au sein du bien, atténue son impact, mais une nouvelle révision de l’emplacement de cette tête, plus près du Countess Roundabout, devrait être envisagée, sachant que d’autres points, notamment de potentiels impacts sur les sites archéologiques de Blick Mead et du camp de Vespasien, où de récentes recherches ont mis au jour de nouvelles découvertes archéologiques significatives, doivent également être traités.

Le projet est un projet gouvernemental et il est donc du ressort de l’État partie et de ses agences de déterminer à quel moment doivent être introduites les demandes ou prises d’autres mesures à même de déclencher les délais réglementaires. Par conséquent, il devrait être possible de faire concorder le processus du projet avec le calendrier des réunions statutaires du Comité. Atteindre le meilleur résultat possible demande un travail continu, minutieux, réfléchi. Il conviendrait de veiller à ce que le Centre du patrimoine mondial, l’ICOMOS et le Comité puissent continuer à contribuer aux processus d’évaluation et de prise de décision aux stades appropriés.

Décision adoptée: 41 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 35 COM 7B.116, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),
  3. Prend note avec satisfaction de ce qu’il a été fait en matière de gestion et des progrès accomplis dans la mise en œuvre des précédentes décisions du Comité, pour répondre aux problèmes de protection et de gestion identifiées dans la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE) pour le bien ;
  4. Félicite l’État partie d’avoir invité deux missions de conseil afin d’être conseillé sur le processus de détermination et d’évaluation des options pour le projet d’amélioration de la route principale A303 qui traverse le bien, dans le cadre d’un projet d’infrastructure de grande ampleur ;
  5. Exprime sa crainte que les options de tunnel de 2,9 km pour Stonehenge et leurs routes d’accès afférentes à deux voies de 2,2 km au sein du bien qui sont à l’étude, portent atteinte à la VUE du bien ;
  6. Prie instamment l’État partie d’étudier d’autres options en vue d’éviter tout impact sur la VUE du bien, notamment :
    1. l’option de contournement autrement que par tunnel de la F10 au sud du bien,
    2. les options de tunnel plus long afin de supprimer les voies rapides en tranchée du bien et d’entreprendre d’autres études détaillées sur le tracé du tunnel et les emplacements des deux têtes est et ouest ;
  7. Encourage l’État partie à donner suite aux conclusions et mettre en œuvre les recommandations des deux missions de conseil et à inviter d’autres missions de conseil Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien, financées par l’État partie, afin de continuer à tendre vers la meilleure solution qui soit pour l’élargissement de l’A303 en vue de garantir l’absence d’impact préjudiciable sur la VUE du bien ;
  8. Demande à l’État partie de gérer le calendrier des autorisations et autres procédures réglementaires pour le projet de l’axe routier A303 de sorte que le Centre du patrimoine mondial, l’ICOMOS et le Comité du patrimoine mondial puissent continuer à contribuer aux processus d’évaluation et de prise de décision aux stades appropriés ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.