1.         La Grande Muraille (Chine) (C 438)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/438/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/438/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/438/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 19 mai 2015, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de formuler des commentaires suite à la réception d’informations émanant de tiers selon lesquelles la construction d’une ligne de train à grande vitesse entre Pékin et Zhangjiakou pourrait constituer une menace pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Le principal problème semblait être la construction d’une voie ferrée souterraine sous la Grande Muraille et d’une gare également souterraine ainsi que d’un bâtiment de gare en surface à Guntiangou, des ouvrages qui pourraient avoir des conséquences sur l’intégrité et l’authenticité du bien.

Le 26 septembre 2016, le Centre du patrimoine mondial a transmis un autre courrier à l’État partie, lui demandant des commentaires sur les travaux de restauration entrepris sur une partie de la Grande Muraille, longue de cinq miles (environ 8km), dans le comté de Suizhong, province du Liaoning. Des informations émanant de tiers indiquaient que les matériaux utilisés n’étaient pas compatibles avec les matériaux d’origine, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la VUE du bien. Le Centre du patrimoine mondial a également rappelé à l’État partie le précédent courrier de mai 2015 demeuré sans réponse.

Le 6 décembre 2016, le Centre du patrimoine mondial a demandé à la Chine de soumettre un rapport sur l’état de conservation du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial. Le rapport transmis par l’État partie le 13 mai 2017 est disponible sur https://whc.unesco.org/fr/list/438/documents. Un courrier daté de mars 2016 était annexé à ce rapport, il concerne le projet de ligne de train à grande vitesse entre Pékin et Zhangjiakou, courrier que le Centre du patrimoine mondial n’avait malheureusement pas reçu. Le rapport et ses annexes abordent plusieurs problèmes de conservation et notamment les points suivants :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La Grande Muraille, caractéristique d’une réalisation humaine d’une taille extraordinaire, est un exemple exceptionnel de la façon dont l’architecture peut s’intégrer dans un paysage à une échelle extrêmement vaste. Il est donc essentiel de la protéger et de la conserver selon les normes les plus rigoureuses. L’État partie devrait être félicité pour les efforts considérables qu’il a entrepris pour protéger et conserver ce bien complexe qui s’étend sur une très grande longueur.

Le cadre juridique de la protection de la Grande Muraille a été révisé et mis à jour à plusieurs reprises depuis l’inscription du bien et sa mise en œuvre semble être couronnée de succès, notamment grâce à la Réglementation sur la protection de la Grande Muraille adoptée en 2006. Il est donc recommandé au Comité de féliciter également l’État partie pour ses efforts dans ce domaine et de l’encourager à poursuivre la finalisation et la mise en œuvre de tous les programmes de protection de la Grande Muraille au niveau provincial.

Toutefois, comme souligné dans la Déclaration de VUE, « l’authenticité du cadre de la Grande Muraille est fragilisée par la construction d’infrastructures touristiques inappropriées » et « l’intégrité visuelle de la Muraille à Badaling a subi les conséquences néfastes de la construction d’infrastructures touristiques et d’un téléphérique ». À cet égard, les nouveaux projets qui continuent à menacer les principales perspectives visuelles depuis et vers le bien demeurent une source de préoccupation, surtout s’ils conduisent à un accroissement du nombre de visiteurs sans que des mesures appropriées soient mises en œuvre pour atténuer les conséquences du tourisme de masse.

La construction d’une ligne de train à grande vitesse reliant Pékin à Zhangjiakou est un exemple flagrant de projets potentiellement néfastes pour le bien, puisque la ligne passerait sous le bien et sa zone tampon par un tunnel ce qui implique la construction d’une gare souterraine et d’un bâtiment en surface à Guntiangou, près de la partie de la Grande Muraille située à Badaling. Bien que l’État partie ait déclaré que l’impact visuel de ce projet sur le bien serait limité, ses impacts cumulatifs, ainsi que les impacts déjà mentionnés dans la Déclaration de VUE, ne sauraient être négligés. En outre, l’État partie ne précise ni de quelle façon l’activité de la gare influera sur le nombre déjà élevé de visiteurs, ni les mesures préventives mises en place pour traiter ce problème. Par ailleurs, une EIP est nécessaire pour des projets de cette envergure, celle-ci devant être réalisée conformément au Guide de l'ICOMOS pour les évaluations d'impact sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial (2011), afin que les impacts du projet sur la VUE du bien puissent être correctement envisagés et que des mesures d’atténuation adaptées puissent être mises en œuvre. Il est donc recommandé au Comité de prier instamment l’État partie de réaliser une EIP, de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’atténuer les impacts du tourisme de masse sur le bien et de rechercher des solutions pour minimiser les impacts cumulatifs des projets sur la VUE du bien, en particulier les perspectives visuelles depuis et vers la Grande Muraille.

Enfin, le rapport de l'État partie indique que certains des travaux entrepris dans la partie de la Grande Muraille située sur la montagne de Damao, dans le comté de Suizhong, province du Liaoning ont été réalisés en ayant recours à des méthodes de restauration incompatibles avec le tissu et l’aspect du reste de la Grande Muraille. Le Comité peut certes exprimer sa satisfaction quant à l’approche proactive de la Chine en matière de conservation de certaines parties de la Grande Muraille dont la structure est peu solide, il est toutefois recommandé au Comité de prier instamment l’État partie de veiller à ce que tous les travaux soient exécutés conformément aux normes de conservation internationales et que le tissu du bien ne subisse aucun dommage irréversible.

Décision adoptée: 41 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B.Add,
  2. Félicite l’État partie pour les efforts entrepris en faveur de la protection et de la conservation de ce vaste patrimoine culturel, en particulier pour l’inventaire systématique de tous les éléments de la Grande Muraille et l’introduction, la révision et/ou la mise en place de cadres juridiques au niveau national et provincial, et encourage l’État partie à procéder, dès que possible, à l’adoption de tous les programmes provinciaux de protection de la Grande Muraille ;
  3. Prend note des informations fournies sur le projet de ligne de train à grande vitesse reliant Pékin et Zhangjiakou, qui doit passer sous le bien par un tunnel souterrain et prévoit la construction d’une gare souterraine et d’un bâtiment en surface à Guntiangou, dans le périmètre du bien ; et prie instamment l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), réalisée conformément au Guide de l'ICOMOS pour les évaluations d'impact sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial (2011), pour examen par les Organes consultatifs, et de veiller à ce que l’EIP prenne en considération tous les impacts potentiels du projet sur l’intégrité et l’authenticité du bien, ainsi que des mesures d’atténuation appropriées, y compris :
    1. Les impacts physiques des tunnels et des activités de construction,
    2. Les impacts visuels sur les panoramas et les vues, et
    3. Les options alternatives susceptibles de réduire de tels impacts ;
  4. Note avec inquiétude que l’État partie n’a ni précisé de quelle façon le projet de nouvelle gare pourrait influer sur le nombre déjà élevé de visiteurs, ni détaillé les mesures préventives mises en œuvre pour traiter ce problème, et prie aussi instamment l’État partie de :
    1. Veiller à ce que les impacts potentiels liés au nombre accru de visiteurs soient également pris en considération dans l’EIP,
    2. Prendre toutes les mesures nécessaires afin d’atténuer les impacts du tourisme de masse sur le bien, et
    3. Prendre toutes les mesures nécessaires afin de minimiser les impacts cumulatifs des infrastructures touristiques sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, en particulier s’agissant des panoramas et perspectives depuis et vers la Grande Muraille ;
  5. Demande à l’État partie de veiller à ce que la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse et de la gare prévue à Guntiangou ci-dessus mentionnés ne se poursuivent pas jusqu’à un point où il n’est plus possible de mettre en œuvre les modifications recommandées dans l’EIP ;
  6. Prend également note des informations fournies sur les travaux réalisés sur la partie de la Grande Muraille située sur la montagne de Damao, dans le comté de Suizhong, province de Liaoning, et encourage également l’État partie à poursuivre ses efforts de conservation et de protection afin d’assurer la stabilité structurelle de toutes les parties subsistantes de la Grande Muraille ;
  7. Note également avec préoccupation que certains des travaux ont été réalisés en ayant recours à des méthodes inadaptées dont les résultats sont discordants avec le tissu et l’apparence des parties adjacentes à la Grande Muraille ;
  8. Demande également à l’État partie de veiller à ce que tous les travaux soient réalisés conformément aux normes internationales de conservation et qu’aucun dommage irréversible ne soit causé au tissu du bien, et rappelle à l’État partie qu’il doit informer le Centre du patrimoine mondial de tout grand projet d’aménagement et de développement susceptible d’avoir un impact négatif sur la VUE du bien, avant que toute décision irréversible ne soit prise, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.