1.         Vieille ville de Lamu (Kenya) (C 1055)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2010)
Montant total approuvé : 31 776 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: pour une évaluation d’impact sur le patrimoine en 2014 : Fonds-en-dépôt néerlandais : 85 000 dollars EU ; pour un atelier sur le paysage urbain historique en 2011 : Fonds-en-dépôt flamand : 22 943 dollars EU 

Missions de suivi antérieures

Mars 2004 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; février 2005 : mission de conseil du Centre du patrimoine mondial sur l’eau et l’assainissement ; mai 2010 et février 2015: missions de suivi réactif conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 27 janvier 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation accompagné d’une présentation PowerPoint (PPT) sur l’évaluation environnementale stratégique (EES) du projet du corridor de transport « Port de Lamu–Sud Soudan–Éthiopie » (Lamu Port–South Sudan–Ethiopia Transport corridor project - LAPSSET), qui sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/1055/documents/ et rendent compte des éléments suivants :

L’État partie a également soumis les documents suivants au Centre du patrimoine mondial :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

En raison de leur soumission tardive, le conséquent PPT soumis le 18 avril 2017 et l’EES soumise le 2 mai, n’ont pas pu être pleinement prises en compte dans cette analyse. Toutefois, l’EES ne semble pas se préoccuper de manière adéquate du statut de patrimoine mondial du bien, de même que l’EES ne fait aucune référence à l’EIP effectuée en 2014, comme le Comité en avait fait la demande (décision 39 COM 7B.40). Aussi est-il regrettable que l’étude exploratoire du projet n’ait pas été soumise au Centre du patrimoine mondial pour commentaires par les Organisations consultatives avant que l’EES ait été réalisée, comme demandé par le Comité dans la décision 40 COM 7B.12.

Il est recommandé que le Comité prenne acte de la réception de l’EES, mais qu’il demande à l’État partie de la réviser en étroite consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives en tenant compte du statut de patrimoine mondial du bien. Il est également recommandé au Comité de rappeler que la mission de suivi réactif de 2012 sur le bien du patrimoine mondial des Parcs nationaux du lac Turkana a estimé que les effets cumulatifs du projet LAPSSET pouvaient aussi avoir une incidence sur le lac Turkana, et a recommandé que l’EES prenne en compte le lac Turkana et les autres biens du patrimoine mondial qui risquent d’être touchés. Comme demandé par le Comité dans la décision 40 COM 7B.12, l’EES devrait servir d’élément de base pour s’assurer que le projet et les infrastructures et aménagements associés n’aient pas d’impact négatif majeur sur les biens et leur environnement et, par conséquent, sur leur VUE.

L’étude de faisabilité et le plan directeur du LAPSSET (datés de 2011) soumis par l’État partie en décembre 2016 ne contiennent aucune information actualisée au sujet de l’EIP de 2014 ou des modifications du calendrier. Dans un premier temps, la ville de villégiature associée au projet LAPSSET devait être finie d’après les prévisions en 2017. Dans la décision 40 COM 7B.12, le Comité note l’assurance donnée par l’État partie que le projet exclurait l’archipel de Lamu, mais cela reste confus. Les ambiguïtés qui règnent autour du projet LAPSSET rendent difficile pour le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives de faire la moindre évaluation avisée de son impact réel et potentiel sur le bien. Par ailleurs, il est à craindre que si l’EES a été effectuée sur la base du document de 2011, peut-être a-t-elle manqué de signaler d’importantes modifications intervenues ultérieurement dans le projet. Bien que le protocole d’accord sur la conservation du patrimoine entre l’autorité responsable de LAPSSET et les NMK ait reçu un accueil favorable, il est regrettable que le patrimoine culturel ne semble pas être traité de manière convenable dans les documents relatifs au LAPSSET soumis par l’État partie.

Il est tout aussi regrettable qu’un rapport officiel de la réunion des parties prenantes autour du projet LAPSSET tenue en juin 2016 et que le projet de plan de gestion du bien n’aient pas été soumis au Centre du patrimoine mondial pour commentaires par les Organisations consultatives. En outre, la note explicative sur le programme du corridor du LAPSSET en relation avec la Vieille ville de Lamu soumise en avril 2017 ne fait ni référence à la Vieille ville de Lamu ni aux Parcs nationaux du lac Turkana, tous deux biens du patrimoine mondial.

Aucune EIP n’a été réalisée et aucune information détaillée n’a été reçue préalablement à l’exécution des travaux d’aménagement de l’aéroport de l’île de Manda, malgré la demande formulée par le Comité dans la décision 40 COM 7B.12. Le rapport indique que l’aéroport n’est pas visible depuis le site, mais il y a d’autres impacts potentiels dont il aurait fallu tenir compte comme le bruit, la pollution et le développement d’infrastructures connexes. Par conséquent, bien que le projet d’aéroport soit déjà achevé et n’entre pas dans le projet LAPSSET, l’impact éventuel sur la VUE du bien nécessite encore d’être évalué.

Décision adoptée: 41 COM 7B.69

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.40 et 40 COM 7B.12, adoptées à ses 39e (Bonn, 2015) et 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) sessions respectivement,
  3. Se félicite du protocole d’accord entre l’autorité responsable du projet LAPSSET (« Port de Lamu–Sud Soudan– Transport Éthiopie ») et les Musées nationaux du Kenya (NMK) en vertu duquel NMK doit fournir des services consultatifs en matière de patrimoine au projet LAPSSET  ;
  4. Note que l’étude de faisabilité et le plan directeur de 2011 relatifs au projet LAPSSET ont été achevés ainsi que l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) réalisée en 2014 et continue d’encourager l’État partie à exclure l’archipel de Lamu de tous les développements du LAPSSET, et prend acte du fait que le projet LAPSSET est en cours mais que des informations complètes sur le projet LAPSSET doivent être soumises au Centre du patrimoine mondial dès que possible et au plus tard le 1er décembre 2017 ;
  5. Réitère de nouveau son inquiétude sur le fait que le projet LAPSSET augmentera fortement les pressions de développement à travers toute la région, y compris l’archipel de Lamu, et qu’il faut tenir compte de tous les impacts potentiels qu’exercent de telles pressions sur le bien du patrimoine mondial ;
  6. Prend acte de la soumission tardive de l’étude environnementale et stratégique (EES) précitée du projet LAPSSET au Centre du patrimoine mondial, mais prie instamment l’État partie de la réviser en étroite consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et de soumettre cette EES révisée au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives au plus tard le 1er décembre 2017 ;
  7. Constate avec inquiétude qu’une EIP des travaux d’aménagement d’ores et déjà exécutés à l’aéroport de Manda n’a pas été effectuée, bien que le Comité en ait fait la demande, et réitère également sa demande à l’État partie d’entreprendre cette EIP dès que possible afin d’identifier tous les impacts négatifs sur le bien et les moyens de les atténuer, et de soumettre l’EIP au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  8. Demande que le plan de gestion révisé, y compris le nouveau chapitre couvrant le projet de développement de LAPSSET, soit soumis au Centre du patrimoine mondial, dès que possible et au plus tard le 1er décembre 2017 ;
  9. Demande également à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM/UICN sur le bien pour clarifier le champ d’application actuel du projet LAPSSET au regard de ses effets réels et potentiels sur le bien du patrimoine mondial de la Vieille ville de Lamu, d’examiner les travaux déjà exécutés au titre du projet LAPSSET et les aménagements de l’aéroport de Manda, et d’examiner l’état de conservation général du bien de la Vieille ville de Lamu ;
  10. Prend acte de la transmission d’un projet d’EES et prie instamment l’État partie de poursuivre le renforcement des mesures d’atténuation pour répondre aux effets négatifs identifiés du projet, conformément au paragraphe 180 des Orientations;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.