1.         Îles et aires protégées du Golfe de Californie (Mexique) (N 1182ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1182/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1182/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2017 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1182/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 1er mars 2017. Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN a visité le bien du 9 au 15 avril 2017. Les deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/1182/documents/. De plus, le 23 mai 2017, des informations complémentaires ont été fournies par l’État partie sur des publications scientifiques et des rapports afférents aux programmes nationaux menés de 2007 à 2016 sur le bien.

L’État partie passe en revue l’ensemble des divers programmes de conservation et de recherche dans les différents composants du bien. En ce qui concerne la situation du vaquita et du totoaba, l’État partie rend compte de ce qui suit :

Durant sa visite, la mission a obtenu confirmation que l’interdiction temporaire de filet maillant a été prorogée jusqu’au 31 mai 2017.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les mesures prises par l’État partie pour prévenir l’extinction du vaquita, espèce en danger critique, devraient être notées avec satisfaction, notamment l’engagement maximal des diverses institutions, en particulier de la Commission nationale de zones naturelles protégées (CONANP), en faveur de la conservation du bien. La coopération sans précédent entre les différentes institutions, dont la marine mexicaine, visant à coordonner les efforts de lutte contre la pêche illégale devrait être favorablement accueillie. Néanmoins, malgré les efforts louables entrepris par l’État partie, l’extinction du vaquita est imminente. D’un côté, il convient de souligner que la lutte contre le trafic illicite de vessies natatoires de totoabas exige une coopération internationale entre tous les pays de la chaîne dite ‘de pays d’origine, de transit et de destination’, notamment des efforts pour réduire la demande en Chine de ce produit commercialisé illégalement. Par conséquent, il est recommandé que le Comité réitère son appel aux États parties qui sont des pays de transit et de destination de ce commerce illégal de poursuivre et d’intensifier leur coopération avec l’État partie du Mexique, ceci afin de résoudre le problème du commerce illégal des vessies natatoires de totoabas, en particulier à travers la mise en œuvre des recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). D’un autre côté, un certain nombre de mesures additionnelles doit être pris de toute urgence par l’État partie, notamment la mise en place d’une interdiction permanente d’utilisation, vente, fabrication et possession de filets maillants au sein du ‘Refuge du vaquita’ et de la zone actuelle de suspension de la pêche au filet maillant et à la palangre où une interdiction temporaire a été prorogée jusqu’au 31 mai 2017 et le déploiement d’autres options de matériel de pêche autorisé n’entraînant pas la prise accessoire de vaquitas ni autres espèces de mammifères marins, requins et tortues. Si les efforts de lutte contre la pêche illégale ont été sans précédent en termes d’échelle et d’implication et coopération institutionnelles, il convient de noter que la mission a, dans ses conclusions, considéré la pêche illégale comme un problème persistant. Par conséquent, l’efficacité de l’interdiction ne peut être garantie que si son exécution se poursuit et est renforcée, notamment par l’application stricte de pénalités et poursuites dans les cas où des activités illégales ont été attestées.

La mission considère que le bien demeure dans un bon état de conservation général ; toutefois, elle a conclu que le risque d’extinction imminente du vaquita, qui est spécifiquement reconnu comme un élément de la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et endémique du Golfe de Californie, dont le nombre a décliné approximativement de 300 individus au moment de l’inscription du bien à 59 en 2015, et qu’une estimation en 2016 du Comité Internacional para la Recuperación de la Vaquita (CIRVA) porte à une trentaine d’individus, représente un danger avéré manifeste pour la VUE du bien conformément au paragraphe 180 c) i) des Orientations. La mission a également conclu que l’enchevêtrement dans les filets maillants est la cause première de mortalité du vaquita et que le commerce illégal de vessies natatoires de totoabas en est le moteur principal. En outre, bien que des estimations exactes de la population du totoaba ne soient pas disponibles, il est à craindre que la pression accrue de la pêche ciblée sur cette espèce ne soit pas soutenable. Par conséquent, il est recommandé que le Comité inscrive le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et demande à l’État partie d’élaborer, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, un ensemble de mesures correctives et une proposition d’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) centrée sur les mesures requises pour résoudre le problème de la pêche illégale et en permettre la mutation en pêche légale réglementée et durable, basée sur l’utilisation de matériel n’entraînant pas de prises accessoires de mammifères marins, requins ni tortues, afin de garantir la protection à long terme de la VUE du bien.

Décision adoptée: 41 COM 7B.15

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B.Add.2,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.75, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Note avec satisfaction l’engagement et les efforts constants de l’État partie en faveur de la préservation du vaquita en danger critique et du totoaba, en particulier à travers l’instauration d’un niveau de coopération sans précédent entre les différentes autorités nationales, notamment la marine mexicaine et regrette que la Stratégie intégrale pour la protection du vaquita n’ait pas donné les résultats escomptés et que les pêcheries illégales menacent à la fois le totoaba en tant que prise-cible, et le vaquita en tant que prise accessoire ;
  4. Note avec la plus grande inquiétude les conclusions de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN de 2017 sur le déclin continu du vaquita, dont le statut est extrêmement critique, ne laissant plus qu’une trentaine d’individus, l’exposant ainsi au risque d’extinction imminente, et sur le fait que la principale cause de sa mortalité est son enchevêtrement dans des filets maillants illégaux ;
  5. Note la confirmation de la mission que les autres attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien demeurent en bon état et que l’État partie a commencé la mise en œuvre des recommandations les plus urgentes de la mission ;
  6. Note également l’adoption d'un décret conjoint par le secrétaire de l'environnement et des ressources naturelles et par le secrétaire de l’agriculture qui interdit définitivement l'utilisation des filets maillants dans la zone du vaquita tout en interdisant la pêche nocturne et en assurant le contrôle et la surveillance des petits navires; et note en outre que l'État partie a signé un mémorandum d'accord avec les Fondations Leonardo DiCaprio et Carlos Slim qui cherchent à travailler avec les communautés pour promouvoir des pratiques de pêche durables et éliminer les engins de pêche illégaux de l'habitat du vaquita ;
  7. Prie instamment l’État partie d’assurer la mise en œuvre effective et l’application de la nouvelle interdiction permanente établie pour l’utilisation de filets maillants, y compris leur vente, fabrication et possession en mer et sur terre, au sein du ‘Refuge du vaquita’, zone de suspension de la pêche au filet maillant et à la palangre, et dans les zones terrestres adjacentes ;
  8. Prie aussi instamment l’État partie de mettre en œuvre intégralement le programme pour le déploiement d’autres options de matériel de pêche autorisé n’entraînant pas la prise accessoire de vaquitas ni autres espèces de mammifères marins, requins ou tortues ;
  9. Félicite l’État partie pour l’effort initial accompli en vue de renforcer la coopération avec d’autres États parties, qui sont des pays de transit et de destination des vessies natatoires de totoabas, et réitère son appel aux autres États parties à soutenir l’État partie du Mexique en vue de mettre un terme à ce commerce illégal, en particulier à travers la mise en œuvre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ;
  10. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN afin d’évaluer l’efficacité de la mise en œuvre des mesures adoptées récemment pour la protection du vaquita menacé ;
  11. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018, afin de considérer, en l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus, l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril.