1.         Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo (Nigéria) (C 1118)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 10 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2015 : mission de suivi réactif ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

En octobre 2015, une mission de suivi réactif de l’ICOMOS a visité le bien (rapport de mission disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1118/documents), à la demande du Comité.

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 21 novembre 2016, disponible à l’adresse Internet susmentionnée, dans lequel il fait le point sur l’état de conservation sans pour autant se référer directement aux recommandations détaillées de la mission. Le rapport inclut ce qui suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Tout en accueillant favorablement les progrès rapportés, le manque d’éléments rend difficile de savoir si et comment il a été donné suite aux recommandations détaillées de la mission de suivi réactif de 2015.

Une des recommandations prioritaires clés de la mission concernait la nécessité de voir les travaux de conservation des sculptures être étayés par une méthodologie de conservation réfléchie, reprenant la philosophie sous-tendant la conservation et la manière de la mener. Une telle approche doit reposer sur une recherche sur les matériaux appropriés pour les enduits de protection des sculptures en terre comme alternative au ciment qui se fissure avec le temps. Il n’a pour l’heure pas été apporté de réponse à ces recommandations puisqu’aucune approche de conservation générale n’est suggérée et que les matériaux décrits incluent différentes couleurs de ciment mais aucune suggestion sur la manière éventuelle d’élaborer un enduit de protection plus souple. Par conséquent, tandis que le programme de conservation prévu se doit d’être favorablement accueilli, il est à craindre qu’il soit mis en œuvre sans que des conseils appropriés ne soient mis en place.

Comme les eaux de la rivière qui traverse la forêt sont considérées sacrées et utilisées par les fidèles lors du festival annuel, la mission a estimé qu’il était essentiel que la qualité de l’eau soit régulièrement surveillée au moyen d’analyses de laboratoire et que les visiteurs soient prévenus, s’il s’avère que la rivière est polluée, des risques encourus par un contact avec l’eau. Aucune garantie sur la mise en œuvre de ces recommandations n’a été donnée.

Bien que 5% des recettes du festival soient désormais alloués à des travaux de conservation, il semblerait que ces sommes ne servent qu’à effacer les impacts négatifs de la foule. Comme la mission l’a signalé, la Forêt sacrée est ce qui attire les participants au festival et sa conservation devrait profiter du succès du festival. Cela signifie qu’un pourcentage approprié des recettes devrait être alloué au soutien de sa conservation à long terme, et non pas à la seule suppression des effets des activités du festival.

Les recommandations de la mission à l’égard de ce qui est vu comme une sur-commercialisation du festival, incompatible avec son statut sacré, n’ont pas été abordées dans le rapport.

La mission a reconnu la nécessité de documenter les complexes sculptures tridimensionnelles et défini des recommandations pour une documentation graphique, photographique et photogrammétrique pouvant être utilisée à des fins de suivi ; des détails doivent être donnés sur la manière dont il a été répondu à cette nécessité.

En ce qui concerne la régénération de la forêt sacrée (en vue d’effacer les effets d’un précédent empiètement agricole), la mission a considéré que la connaissance du personnel devait être complétée par des conseils de spécialistes en conservation de la nature sur les bonnes pratiques de régénération forestière. Cela ne semble pas avoir été suivi.

Qui plus est, dans son rapport, la mission a souligné la nécessité de mener plus avant la révision du plan de gestion/conservation 2015-2019, incluant le plan de gestion du tourisme, en incorporant les recommandations détaillées de la mission. Il semble que cette révision n’ait pas eu lieu et il est recommandé au Comité de prier l’État partie d’y veiller de toute urgence.

Les autres recommandations de la mission, portant notamment sur l’engagement communautaire, le manque de ressources pour le personnel professionnel, l’implication du personnel dans la planification du festival, le clôturage de la zone tampon, et la soumission de plans pour le projet de nouvelle route et pont, n’ont pas été abordées dans le rapport.

Décision adoptée: 41 COM 7B.70

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.43, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Accueille favorablement les progrès accomplis par l’État partie à l’égard de l’élaboration d’un projet de conservation pour les sculptures ;
  4. Reconnaissant les vulnérabilités du bien, comme identifiées par la mission de suivi réactif de 2015, exprime son inquiétude quant au fait que les recommandations détaillées de la mission n’aient pas spécifiquement été traitées dans le rapport soumis et qu’aucun progrès ne semble avoir été fait à l’égard des principales recommandations de la mission concernant l’élaboration d’une méthodologie de conservation définie, l’analyse des eaux polluées de la rivière, la sur-commercialisation du festival, le soutien du festival pour les travaux de conservation en cours, l’engagement communautaire, le manque de ressources pour le personnel professionnel, le clôturage de la zone tampon et la soumission de plans pour le projet de nouvelle route et pont ;
  5. Considère que des progrès plus clairement définis sont nécessaires à travers un large éventail d’activités afin de positionner la gestion du bien sur une base plus durable ;
  6. Prie instamment l’État partie de donner suite, de toute urgence, aux recommandations détaillées de la mission, en particulier à la révision du plan de conservation/gestion, avec, le cas échéant, les conseils de l’ICOMOS, et de cesser tous autres travaux de conservation jusqu’à ce qu’une méthodologie de conservation ait été élaborée et soumise au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.