1.         Zone de conservation de Ngorongoro (République-Unie de Tanzanie) (C/N 39bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iv)(vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1984-1989

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/39/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2014)
Montant total approuvé : 300 099 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/39/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 50 000  dollars EU de la Suisse, 35 000  dollars EU des Pays-Bas, 20 000  dollars EU du Plan-Cadre des Nations Unies pour l'Aide au développement (PNUAD) et 8 000  dollars EU des Fonds auto bénéficiaire 2013-2014 de la République Unie de Tanzanie, 50 000 dollars EU du Fond en Dépôt des Flandres en 2014-2015

Missions de suivi antérieures

Avril 1986 : mission UICN ; avril-mai 2007 et décembre 2008 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; février 2011 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; avril 2012 mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/39/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 1er décembre 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/39/documents/, qui présente les avancées concernant divers problèmes de conservation précédemment adressés par le Comité comme suit :

L’ICOMOS et l’UICN ont soumis le 31 janvier 2017 une analyse conjointe des projets de réaménagement entre la porte de Lodoare et la route principale de Golini, et la voie d’accès au musée d’Olduvai ; le 9 février 2017, les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial ont rencontré l’État partie au siège de l’UNESCO au sujet de ces projets. Des informations complémentaires ont été demandées pendant cette réunion, dont certaines ont été soumises le 24 avril 2017, à savoir une carte de la route avec l’emplacement des projets, y compris les bancs d’emprunt, une analyse des impacts sur la VUE du parc national du Serengeti, bien du patrimoine mondial, et les mesures d’atténuation proposées.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Le projet de réaménagement routier vise à réduire les coûts d’entretien de la route et le besoin de matériaux de construction au sein du bien. Ce réaménagement pourrait encore faire augmenter le fort volume de trafic de plus de 500 véhicules par jour et faciliter l’accès aux braconniers.

Une fermeture de la route au trafic commercial dense pourrait réduire son usure et par conséquent limiter le besoin de réfection du revêtement. À cet égard, l’État partie a indiqué lors de la réunion du 9 février 2017 que la route de contournement sud située à l’extérieur du bien est actuellement envisagée comme route alternative pour les activités commerciales, ce qui pourrait faciliter le trafic routier au sein du bien. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de suspendre le réaménagement entre la porte de Lodoare et la route principale de Golini jusqu’à ce que les conclusions de l’étude de faisabilité de la route de contournement sud soient disponibles et soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.

Si l’option de la route de contournement sud était écartée par l’étude de faisabilité, alors l’EIES/EIP devrait être étendue à l’intégralité de la route qui traverse le bien et le Serengeti, comme précédemment demandé par le Comité. Néanmoins, l’identification des impacts possibles du réaménagement de la route sur la VUE du Serengeti et les mesures d’atténuation proposées représentent des efforts encourageants de la part de l’État partie si ces mesures sont effectivement mises en œuvre. La soumission de la carte avec l’emplacement des bancs d’emprunt est appréciée mais l’EIES/EIP concernant la partie de la porte de Lodoare à la route principale de Golini n’évalue pas actuellement l’impact des excavations prévues de nouveaux bancs d’emprunt au sein du bien ou les implications de la restauration des zones humides sur les habitudes migratoires de la faune. Les EIE/EIP sur les activités extractives, le dragage et l’approfondissement des points d’eau aux endroits prévus pour l’approvisionnement en matériaux pour le réaménagement de la route sont par ailleurs requises.

Bien que l’EIES/EIP reconnaisse les impacts sur les attributs culturels et archéologiques, lesquels sont susceptibles d’être permanents et irréversibles s’agissant en particulier des sites du milieu et de la fin de l’âge de pierre de Malombo, Meshili et Bashay dans les gorges d’Olduvai, ainsi que le long de l’emplacement du projet, elle ne comprend pas d’inventaire précis des sites culturels et archéologiques, moyennant quoi l’impact pourrait être plus important que ce qui est indiqué. Il est par conséquent nécessaire de fournir des détails supplémentaires sur l’emplacement des attributs culturels et archéologiques et des EIES/EIP pour ces sites basées sur des études et une documentation préliminaires adéquates.

L’État partie peut être félicité pour l’absence de cas de braconnage d’éléphant au sein du bien pendant la période du rapport. L’État partie devrait adopter une méthode dynamique et adaptable de lutte antibraconnage et continuer de surveiller le taux de croissance démographique pour garantir la reconstitution des espèces. Le fait que l’herbacée envahissante Parthenium hysterophorus est signalée comme maîtrisée suite à son ajout dans le plan de gestion stratégique est apprécié mais aucune donnée en ce sens n’a été soumise.

Étant donné l’intérêt grandissant pour les aménagements touristiques, la réaffirmation de l’État partie quant au fait que tous les projets d’aménagement feront l’objet d’EIE et d’EIP, conformément aux guides de l’UICN et de l’ICOMOS, est accueillie favorablement. La poursuite d’un dialogue ouvert avec les communautés locales pour prendre en compte des moyens de subsistance durables et la protection de la faune est également notée, et ce dialogue doit donner la possibilité d’analyser les vastes difficultés de gouvernance pour nourrir la révision du plan de gestion général.

Bien qu’une EIP ait été achevée pour le projet de musée des empreintes d’hominidés de Laetoli et ses équipements associés, tout futur développement de ce projet devrait attendre les conclusions et recommandations de la mission de conseil proposée par l’État partie. Toutefois, dans la mesure où cette mission devra s’exprimer sur divers sujets, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM/UICN sur le bien afin de traiter de la conservation de l’ensemble d’empreintes supplémentaire découvert à Laetoli en 2014, de donner des conseils sur le projet de musée de Laetoli, les projets de réaménagement routier et d’aménagements touristiques, ainsi que de revoir les avancées pour équilibrer conservation et besoins en moyens de subsistance et en développement.

Décision adoptée: 41 COM 7B.39

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.34, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Félicite l’État partie pour l’absence de braconnage d’éléphant au sein du bien pendant la période du rapport grâce à l’établissement de deux nouveaux postes de garde dans les zones sujettes au braconnage, et l’encourage à adopter une méthode adaptable de lutte antibraconnage et à continuer de surveiller le taux de reconstitution démographique des éléphants ;
  4. Apprécie l’inclusion de Parthenium hysterophorus au plan de gestion stratégique des plantes exotiques envahissantes qui a été mis en œuvre depuis 2011, ainsi que les avancées signalées quant à la maîtrise de cette herbacée au sein du bien ;
  5. Accueille favorablement la réaffirmation par l’État partie que tout projet d’aménagement fait l’objet d’une évaluation d’impact environnemental (EIE) et d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), conformément aux guides de l’UICN et de l’ICOMOS, et est soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Accueille aussi favorablement la poursuite du dialogue avec les communautés locales, les avancées effectuées pour actualiser le plan de gestion général (PGG) pour le bien, et l’intention de l’État partie de soumettre ce plan au Centre du patrimoine mondial pour examen ;
  7. Prend note de la stratégie et des efforts permanents pour la construction de la route de contournement au sud du Serengeti-Ngorongoro afin d’assurer les transports publics et commerciaux ;
  8. Félicite l’État partie pour les efforts accomplis pour réglementer actuellement le passage des poids lourds de la porte de Loduare à la route de Golini et accueille favorablement les mesures prises jusqu’à présent pour stabiliser cette route afin d’améliorer l’expérience des visiteurs et favoriser la conservation, conformément à la décision 36 COM 7B.35 ;
  9. Prend acte également de la transmission d’une EIES/EIP à cet égard, qui comprendrait l’évaluation d’impact des excavations des bancs d’emprunt et de la restauration des zones humides, ainsi que tous les sites culturels et archéologiques connus, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  10. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM/UICN sur le bien en août 2017 afin de conseiller l’État partie sur la conservation de l’ensemble supplémentaire d’empreintes découvert à Laetoli en 2014, sur le projet de musée des empreintes d’hominidés de Laetoli, et suivre les avancées des  projets de réaménagement routier et d’aménagements touristiques, ainsi que de revoir les avancées pour équilibrer conservation et besoins en moyens de subsistance et en développement;
  11. Prend acte également de l’achèvement de l’EIP du projet de musée des empreintes d’hominidés de Laetoli et de ses équipements associés et demande également à l’État partie de garantir le fait que tout futur développement de ce projet soit suspendu afin de prendre en compte les conclusions de la mission de suivi réactif ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.