1.         Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan (Chine) (N 1083bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1083/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1083/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2006 : mission conjointe de suivi réactif UNESCO/UICN ; avril 2013 : mission de suivi réactif UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1083/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 3 décembre 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1083/documents, ainsi qu’une réflexion sur la pauvreté rurale en tant que difficulté fondamentale et sous-jacente des problèmes de conservation.

Reconnaissant que les moyens de subsistance locaux ont été affectés par la conservation, la concomitance des aires protégées et des communautés locales est qualifiée de « contradiction ». Les lois et règlements sont présentés comme les moyens principaux pour limiter les activités économiques afin de diminuer les dommages subis par les valeurs naturelles du bien et de ses zones tampons, conjointement dénommés « zone d’engagement ». Le développement hors de cette zone est permis tant qu’il n’affecte pas l’« intégrité relative » du bien.

L’État partie affiche également son intention de prendre en considération de façon plus significative un éventail plus large de parties prenantes, y compris des niveaux et agences supplémentaires du gouvernement, des organisations non-gouvernementales, les communautés locales et le secteur privé.

Par ailleurs, le rapport répond à la décision 39 COM 7B.9 (Bonn, 2015) du Comité telle que résumée ci-dessous :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La reconnaissance des liens entre pauvreté, développement et conservation de la nature est accueillie favorablement, tout en notant que la séparation territoriale entre conservation et développement est de plus en plus considérée comme simpliste, et qu’une conservation efficace doit s’appuyer sur l’optimisation des avantages socio-économiques des zones protégées qui soutiennent le développement et sur l’intégration de la conservation dans une planification plus large du développement.

Les pressions exercées sur le bien proviennent principalement de l’aménagement d’infrastructures. Comme l’État partie l’indique dans l’un de ses objectifs fondamentaux, la séparation territoriale de la conservation et du développement ne constitue pas en soi une stratégie efficace pour « harmoniser la coexistence et la relation entre le développement et la nature ». La modification très importante des systèmes fluviaux à l’origine du nom du bien équivaut à un changement paysager profond accompagné de menaces supplémentaires nées des programmes de dérivation d’eau de grande ampleur. Bien que les projets soient situés en dehors de la « zone d’engagement », les effets des perturbations, de la perte de connectivité, de l’amélioration des accès routiers qui facilitent les activités illicites et l’invasion d’espèces accompagnent inévitablement les grands projets d’infrastructure, et ce, au-delà de leur empreinte territoriale. De plus, des liens existent entre la biodiversité dulcicole et les processus affectés par les barrages et les écosystèmes terrestres. Bien que situés hors du bien, les projets hydroélectriques massifs et leurs infrastructures modifient objectivement la beauté naturelle et l’importance esthétique des vallées et leurs nombreuses vues importantes, lesquelles contribuent à la VUE du bien selon le critère (vii) et ne peuvent être réduites à une sélection d’éléments d’un paysage. Par conséquent, l’impact visuel de ces projets d’infrastructure est considéré comme exerçant un impact négatif direct sur la VUE. 

Étant donné la nature sérielle du bien, les facteurs qui dépassent les différentes zones protégées sont particulièrement pertinents. Une étude plus complète des liens entre conservation et développement est recommandée et le renforcement connexe de l’implication des parties prenantes est accueilli très favorablement.

La réaffirmation de l’engagement de l’État partie en faveur d’une interdiction totale de toute exploitation minière au sein du bien et de ses zones tampons est accueillie favorablement, comme le sont ses efforts rigoureux pour fermer les exploitations minières illégales. Conformément à la décision 37 COM 7B.12 (Phnom Penh, 2013), il est souhaitable que toute exploration et extraction minière qui auraient un impact sur la VUE du bien soit explicitement visée par cet engagement. Étant donné les difficultés rencontrées par le passé en matière d’exploitation minière illégale, des mesures de suivi global et d’application de la loi, si nécessaire, sont fortement encouragées.

Le suivi de la faune et les efforts en matière de protection sont notés, bien qu’ils se concentrent sur des espèces sauvages sélectionnées dans des zones choisies plutôt que sur la biodiversité à l’échelle du bien. S’agissant de la demande d’évaluation de l’efficacité de la gestion, l’État partie mentionne principalement des activités de planification de gestion qui ne constituent pas une approche globale à ce stade. Malgré de louables signes d’avancées, il en va de même pour l’EES demandée. Tout en reconnaissant pleinement l’étendue des difficultés et des investissements nécessaires, un renforcement accru de tous les efforts qui y concourent est fortement recommandé, y compris en matière de planification touristique.

Même si aucune information spécifique n’a été fournie concernant la mise en œuvre des recommandations formulées en 2013 par la mission de suivi réactif de l’UICN, les efforts considérables mis en œuvre par l’État partie pour concrétiser un engagement fort en faveur d’une conservation et d’une gestion efficaces sur le terrain sont reconnus, particulièrement s’agissant d’un bien en série étendu et complexe. La réconciliation de la conservation et du développement en fonction des circonstances nationales, provinciales et locales est un travail à long terme et le Centre du patrimoine mondial et l’UICN demeurent prêts à soutenir l’État partie, si celui-ci le souhaite.

Décision adoptée: 41 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.9, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Note avec appréciation la réaffirmation par l’État partie de son engagement en faveur d’une interdiction totale de toute exploitation minière au sein du bien et de ses zones tampons et de la fermeture des exploitations minières incompatibles avec cet engagement, et encourage l’État partie à étendre cet engagement de manière à comprendre explicitement toutes exploration et extraction minières qui auraient un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et de remettre en état toutes les mines fermées au sein du bien et de ses zones tampons ;
  4. Accueille favorablement les avancées effectuées à ce jour s’agissant de la mise en place et de la conduite d’une évaluation environnementale stratégique (EES), et encourage également l’État partie à consolider et étendre ces efforts et à solliciter les conseils du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN, le cas échéant ;
  5. Félicite l’État partie pour son admission du principe de relation entre la pauvreté et l’environnement et ses intentions en faveur d’un renforcement de l’implication des parties prenantes, et encourage en outre l’État partie à intégrer la conservation du bien dans une planification plus large du développement ;
  6. Réitère sa préoccupation quant au fait que les informations fournies sur les évaluations d’impact environnemental (EIE) continuent d’être incompatibles avec l’ampleur et la complexité des projets d’aménagement hydroélectriques qui pourraient affecter le bien, en particulier dans la mesure où les programmes de dérivation d’eau sont susceptibles d’occasionner une pression supplémentaire ;
  7. Note avec préoccupation que la transformation visuelle grandissante des trois vallées fluviales et les impacts de l’hydroélectricité et des projets d’infrastructure qui s’y rattachent sur la connectivité entre les éléments du bien sont susceptibles d’avoir un impact négatif direct sur la VUE du bien ;
  8. Réitère également sa préoccupation quant aux avancées limitées en matière de mise en œuvre des recommandations de la mission de 2013, et prie de nouveau instamment l’État partie d’accroître ses efforts à cet égard, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial, l’UICN et d’autres partenaires le cas échéant ;
  9. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.