1.         Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria (Zambie,Zimbabwe) (N 509)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2007)
Montant total approuvé : 93 485 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : en 2015, le bien a reçu une dotation de 50 000 dollars EU dans le cadre du Programme sur le patrimoine mondial et le tourisme durable de l’UNESCO (Fonds-en-dépôt des Flandres)

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Les États parties de Zambie et du Zimbabwe ont soumis un rapport conjoint sur l’état de conservation du bien le 28 novembre 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/, qui présente comme suit les progrès accomplis en réponse aux précédentes décisions du Comité :

Le Centre du patrimoine mondial a envoyé deux lettres aux États parties, en date des 23 novembre 2016 et 25 janvier 2017 pour demander des informations concernant l’hôtel proposé et les aménagements récréatifs à Livingstone, l’utilisation de Cataract Island à des fins touristiques et l’évaluation d’impact environnemental et social (EIES) du projet hydroélectrique de Batoka Gorge sur le Zambèze. Le 27 Avril 2017, l’État partie de Zambie a répondu à ces lettres en communiquant les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le projet de construction d’une grande roue dans la zone écologiquement très sensible de la Cataracte Est, d’un hôtel international et des aménagements récréatifs proposés sur le bien est particulièrement préoccupant en raison de ses impacts significatifs sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, en particulier sur le critère (vii). Le projet de PGIC arrête les activités et installations autorisées et interdites au sein de zones spécifiques, et une grande roue est clairement incompatible. Malheureusement, aucune réponse n’a été reçue des États parties sur l’utilisation de Cataract Island à des fins touristiques. Pour l’ensemble de ces projets, il est recommandé que le Comité demande aux États parties de clarifier leurs emplacements exacts et d’entreprendre de rigoureuses EIES, incluant une évaluation spécifique des impacts sur la VUE conformément à la ‘note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale’ et de s’assurer qu’aucune décision qu’il pourrait être difficile d’inverser ne soit prise, avant que ces EIE aient été remises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, conformément au paragraphe 172 des Orientations. Compte tenu des développements touristiques proposés, il est également recommandé que le Comité demande aux États parties de compléter la stratégie de tourisme durable actuellement en cours, ainsi que le plan durable de financement/affaires préalablement demandé par le Comité.

La décision de l’État partie de Zambie de restreindre encore le prélèvement d’eau du Zambèze est appréciée. Le projet du rapport de l’étude préliminaire du projet hydroélectrique de Batoka Gorge propose de construire le mur du barrage à 50 km en aval de Mosi-oa-Tunya/Chutes Victoria sur le Zambèze, et d'inclure la construction de nouvelles lignes de transmission, des centrales électriques, des voies d'accès et de nouveaux villages permanents. L’EIES en cours devrait inclure une évaluation des impacts du projet plus spécifiquement sur la VUE du bien, causés directement par le barrage ainsi que par l’ensemble des infrastructures annexes, conformément à la Note de conseil de l'UICN.

Aucune autre information n’est disponible sur l’intention de l’État partie du Botswana de prélever 495 millions de mètres cubes par an d’eau du Zambèze, notifiée dans l’étude de faisabilité de 2010 disponible sur le site web du Département des Eaux de la République du Botswana. Une évaluation environnementale stratégique (EES), comme demandée par le Comité (Décision 38 COM 7B.96), devrait être exigée si ce projet était amené à être poursuivi.

L’initiative des États parties, suivant l’enregistrement d’une baisse du débit d’eau moyen du Zambèze sur les deux dernières années, visant à déterminer la cause du déclin en analysant le débit fluvial et les données sur les précipitations, ainsi que les activités en amont susceptibles d’avoir un impact sur le débit d’eau, est favorablement accueillie. Ses résultats devraient orienter la gestion du bien et devraient également tenir compte des impacts à court et long termes du changement climatique.

L’effort constant des États parties et les progrès accomplis jusqu’à ce jour pour contrôler l’espèce envahissante hautement agressive Lantana camara sont accueillis favorablement. Rappelant que la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN de 2006 avait également identifié la présence d’une autre espèce hautement envahissante, la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), il est recommandé au Comité de demander aux États parties de faire le point sur les efforts faits pour enrayer sa progression.

Décision adoptée: 41 COM 7B.22

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.96, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Apprécie la soumission du plan de gestion intégrée commun (PGIC) pour la période 2016 à 2021 et les efforts visant à élaborer une stratégie de tourisme durable pour le bien, et demande aux États parties de finaliser cette stratégie dès que possible en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ;
  4. Apprécie également la décision prise par l’État partie de Zambie de restreindre encore le prélèvement d’eau du Zambèze, mais demande également aux États parties de Zambie et du Zimbabwe deveiller à ce que l’évaluation d’impact environnemental et social (EIES) du projet hydroélectrique de Batoka Gorge comprenne une évaluation spécifique des impacts du barrage et de toutes ses infrastructures associées sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, et de soumettre tout au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  5. Notant avec grande inquiétude que la construction d’une grande roue est projetée dans une zone écologiquement très sensible de la Cataracte Est à l’intérieur du bien, ce qui serait incompatible avec le développement infrastructurel autorisé tel que prévu dans le PGIC, et qui aura probablement un impact préjudiciable significatif sur la VUE du bien, prie instamment les États parties de ne pas autoriser le projet ;
  6. Notant également avec inquiétude l'intention de l'État partie de Zambie de s'associer avec des investisseurs privés pour construire un hôtel et des aménagements récréatifs dans le bien, demande en outre aux États parties de clarifier les emplacements exacts de tous les développements et les plans d'utilisation de Cataract Island pour le tourisme, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, une EIES pour chacun de ces projets, incluant une évaluation spécifique des impacts sur la VUE, conformément à la Note consultative de l’UICN, avant qu’une décision qu’il pourrait être difficile d’inverser ne soit prise, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Note que l’élaboration du plan durable de financement/affaires est en cours et réitère sa demande aux États parties d’en accélérer la réalisation, en envisageant des mécanismes de financement des opérations de gestion ;
  8. Reconnaît que les États parties ont constaté une baisse dans le débit d’eau du Zambèze ces deux dernières années et, note que les États parties vont évaluer la cause du déclin en analysant les données sur le débit fluvial, les données sur les précipitations et les activités en amont, demande par ailleurs aux États parties d’utiliser les résultats pour orienter la gestion du bien, en tenant également compte de l’impact supplémentaire attendu du changement climatique ;
  9. Accueille favorablement les efforts continus des États parties pour contrôler l’herbe exotique hautement envahissante Lantana camara, qui a été éliminée de 70% du bien, et demande de plus aux États parties de poursuivre leurs efforts pour contrôler cette espèce, et de faire le point sur le statut de la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) à l’intérieur du bien ;
  10. Demande enfin aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé conjoint sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.