1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2016-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Situation de conflit régnant dans le pays

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; août 2008 : mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation le 12 février 2017, disponible à l'adresse https://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/. Les progrès accomplis eu égard à certains problèmes de conservation abordés par le Comité lors de ses sessions précédentes sont présentés comme suit dans ce rapport :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les informations fournies par le DOAC montrent son engagement en faveur de la conservation du bien en dépit de la situation de conflit qui prévaut dans le pays et représentent un progrès important pour la compréhension de la situation du bien. Dans le même temps, le rapport soulève un certain nombre de questions.

Le DOAC rapporte qu’il n’existe « aucun dommage ou menace graves » à l’intérieur du bien, tout en soulignant que l'empiétement urbain demeure le problème majeur. Il indique également que « depuis 2015, aucun bâtiment nouveau n’a été répertorié autour ou à l'intérieur du site archéologique ». Dans le rapport intérimaire d'activité de l'UNOSAT du 20 décembre 2016, une analyse des images satellitaires prises entre le 9 et le 12 novembre 2012 et d'autres prises entre le 18 et le 20 mars 2016 révèle 1839 nouvelles constructions à Cyrène. Cependant, l'absence d'une carte claire montrant les limites précises de la propriété et de sa zone tampon, et l'impossibilité, pour le moment, de se rendre sur le bien, rendent difficile de déterminer si elles se trouvent à l’intérieur du bien ou dans son environnement. Dans les deux cas, elles semblent avoir un impact considérable sur le bien.

La demande d'assistance du DOAC afin d’organiser un atelier en vue de définir les limites du bien et de sa zone tampon devrait être considérée comme prioritaire. Il est essentiel de voir précisément où sont les menaces qui pèsent sur le bien et où le DOAC a pris les mesures présentées dans son rapport. L'accord entre le conseil municipal de Shahat et le DOAC, qui prévoit la démolition des constructions illégales, est une étape positive. Néanmoins, rien n'indique si cette mesure a déjà été appliquée.

En ce qui concerne les travaux de restauration effectués à l’intérieur du bien, notamment dans la zone de l’odéon, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de fournir un rapport détaillé sur ces travaux, et notamment des explications techniques montrant la nécessité de ces interventions à ce stade.

Les actions que le DOAC a été en mesure de réaliser dans le bien pendant l’année écoulée malgré l’instabilité de la situation représentent des étapes très importantes pour améliorer la situation en matière de gestion et de conservation. La mobilisation des professionnels du patrimoine ainsi que de la société civile sont des réalisations majeures, sur lesquelles le DOAC devrait fonder ses actions à venir. Les initiatives importantes prises par le DOAC seraient plus efficaces et plus faciles à évaluer par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives si elles étaient mises en œuvre dans le cadre des mesures à court et moyen terme identifiées lors de la réunion internationale sur la sauvegarde du patrimoine culturel lybien, qui s'est tenue à Tunis en mai 2016. Le rapport est disponible à l'adresse suivante: https://whc.unesco.org/en/news/1496 (en anglais uniquement).

Il reste essentiel que la mission conjointe demandée par le Comité à sa 39e session (Bonn, 2015) soit envoyée sur place dès que les conditions de sécurité le permettront. Dans l'intervalle, il est important que le Département des Antiquités poursuive ses efforts pour tenir le Centre du patrimoine mondial informé de la situation sur le terrain, ainsi que de la poursuite de la mise en œuvre des mesures qu'il a lancées, tout en répondant, autant que faire se peut, aux commentaires et aux demandes du Comité.

D'autres sources font état d'une sensibilisation croissante au niveau de la société civile et des autorités locales à la nécessité de protéger le patrimoine en Libye, en particulier les sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Une telle sensibilisation doit être exploitée pour promouvoir la compréhension de la décision du Comité à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016) d'inscrire le bien, ainsi que les quatre autres biens du patrimoine mondial libyen sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin de sensibiliser à ses problèmes et de mobiliser le soutien de la communauté internationale.

Décision adoptée: 41 COM 7A.37

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 40 COM 7B.24 et 40 COM 7B.106, adoptées à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Félicite l’État partie pour les efforts importants qu’il a déployés pour assurer la protection et la conservation du bien, malgré la situation instable et la difficulté des conditions de travail sur place ;
  4. Exprime sa préoccupation au sujet des nombreuses difficultés rencontrées par le Département des antiquités de Cyrène (DOAC) pour la protection du bien, notamment contre l’empiètement urbain ;
  5. Lance à nouveau son appel en faveur d’une mobilisation accrue de la communauté internationale afin que celle-ci accorde un soutien financier et technique supplémentaire à l’État partie, y compris par l’intermédiaire du Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine, pour mettre en œuvre les mesures à court et moyen termes identifiées lors de la Réunion internationale sur la sauvegarde du patrimoine culturel libyen (Tunis, mai 2016) ;
  6. Demande au Centre du patrimoine mondial d'aider l'État partie à organiser dès que possible un atelier technique de suivi pour explorer des pistes pour la gestion et le suivi du bien et pour dresser une carte indiquant les limites précises du bien et de sa zone tampon, ainsi que les emplacements des empiètements et des interventions du DOAC, et toute information supplémentaire utile à la conservation du bien et de sa zone tampon ;
  7. Demande également à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial régulièrement informé de l’évolution de la situation à l’intérieur du bien et de toute nouvelle mesure prise pour assurer la protection et la conservation du bien, et de fournir un rapport détaillé sur les travaux de restauration effectués, en ajoutant les explications techniques justifiant ces interventions ;
  8. Réitère sa demande à l’État partie d’inviter le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS à effectuer un mission en Libye dès que les conditions de sécurité le permettront ;
  9. Appelle tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde d’urgence, y compris par l’intermédiaire du Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42esession en 2018 ;
  11. Décide de maintenir le Site archéologique de Cyrène (Libye) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 41 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/17/41.COM/7A, WHC/17/41.COM/7A.Add et WHC/17/41.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :