1.         Centre historique de Boukhara (Ouzbékistan) (C 602bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2002)
Montant total approuvé : 71 960 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de conservation et de gestion approprié ;

b) Récente construction d’un hôtel qui risque de nuire à l’intégrité du bien ;

c) Intensité de la circulation, pollution et mauvaise qualité du réseau d’égout ;

d) Emploi de matériaux et de méthode construction modernes.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’État partie a soumis le 1er février 2011 un rapport sur l’état de conservation du bien, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session.

À sa 34e session (Brasilia, 2010), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état de conservation du bien, passer en revue les recommandations d’un rapport technique préparé par le Bureau de l’UNESCO à Tachkent en coopération avec le Conseil des Monuments d’Ouzbékistan et soumis par l’État partie, ainsi que la portée et le contenu du « Programme national de conservation, restauration et utilisation du patrimoine culturel de la ville de Boukhara », et conseiller l’État partie sur la forme et le contenu appropriés à donner au plan de conservation et de gestion du bien pour qu’il soit efficace.

La mission conjointe de suivi réactif a été effectuée du 22 au 31 octobre 2010. Le rapport de mission a défini un certain nombre de menaces qui pèsent sur le bien, notamment :

- Absence d’entretien régulier et mauvais état de conservation des monuments ;

- Absence de réparations, dégradation et même abandon de nombreuses maisons traditionnelles à la suite du départ de la population de la vieille ville ;

- Utilisation de plus en plus rare des matériaux et techniques de construction traditionnels, introduction de nouveaux matériaux de construction (ciment et briques de parement), et ajout de détails architecturaux qui modifient le caractère de la vieille ville ;

- Absence de directives de réhabilitation de l’habitat ;

- Reconstruction de certaines parties des remparts et portes de la ville sans preuve documentaire appropriée ;

- Mauvais état et dégradation des espaces publics en plein air ;

- Documentation inadéquate sur les principaux monuments et sur le tissu urbain ;

- Pressions du développement urbain entraînant une conception inadaptée de nouvelles constructions – en particulier de nouveaux hôtels (disproportionnés, avec des formes et des matériaux inadéquats et un cadre de construction qui ne respecte ni le contexte urbain ni ses schémas) ;

- Infrastructures (réseaux d’eau et d’égout) en mauvais état et qui se dégradent, systèmes de drainage inadaptés, impacts négatifs de plus en plus importants de la montée des eaux souterraines sur les fondations des bâtiments en terre ;

- Absence de modernisation antisismique des bâtiments et de l’infrastructure dans une zone hautement sismique ;

- Manque d’aide pour les activités de conservation et de planification, manque de ressources, manque de compétences techniques et artisanales, système de gestion inadapté et absence de plan de gestion, inadéquation des mécanismes de planification.

 

Les principales recommandations de la mission sont les suivantes :

a) Projet de conservation

L’État partie devrait mettre au point un grand projet de conservation qui cordonnerait toutes les activités essentielles de conservation pour une meilleure protection du Centre historique de Boukhara.

b) Plan de gestion

L’État partie devrait mettre au point un plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial qui s’inspirerait du projet existant et des activités soutenues par le Bureau de l’UNESCO à Tachkent depuis 2008, et qui prendrait en compte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE) en cours d’examen par l’ICOMOS, ainsi qu’une documentation appropriée sur les constructions et éléments patrimoniaux du bien.

Le plan de gestion devra inclure les éléments de gouvernance suivants : un Comité directeur du patrimoine mondial de Boukhara, chargé de la mise en œuvre du plan de gestion sous l’égide du Conseil des Monuments du Ministère de la Culture et des Sports ; la mise à disposition de tous les moyens financiers disponibles ; l’établissement de formes de coopération avec des organisations et des partenaires internationaux ; des consultations des acteurs concernés lors de la mise au point du plan de gestion (et notamment du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives) ; et l’intégration du plan de gestion dans le schéma directeur de la Ville de Boukhara (et notamment un nouveau zonage, une gestion de la circulation, et des efforts pour éviter des reconstructions dans un but spéculatif).

Le plan de gestion devra inclure les éléments de planification suivants : une base de données fonctionnelle et informatisée, un schéma directeur de conservation et d’aménagement pour le centre historique, un système scientifique de suivi, un plan et un programme de modernisation de toute l’infrastructure, des directives architecturales pour les nouvelles constructions et des directives pour tous les services touristiques.

La mission a conclu que le bien est vulnérable et que son tissu historique a été quelque peu endommagé. Le rapport a également souligné qu’une mise en œuvre dans les délais des recommandations de la mission serait essentielle pour traiter les impacts négatifs potentiels sur l’authenticité et l’intégrité du bien.

Ce rapport de l’État partie note qu’un plan de gestion est en cours d’élaboration pour les monuments de la ville et les sites archéologiques, mais il souligne également l’importance du tissu urbain traditionnel pour développer le potentiel de tourisme éducatif et culturel et renforcer l’engagement de la population locale. Le rapport précise également l’importance des efforts de promotion d’un développement durable par la préservation du tissu urbain traditionnel au bénéfice des populations locales. Enfin, le rapport rappelle l’importance d’utiliser les connaissances et la documentation disponibles comme base d’un suivi permanent, et souligne l’importance de créer un comité directeur pour le bien du patrimoine mondial, et d’élaborer un plan d’action pour mettre en œuvre les mesures et activités proposées dans le plan de gestion.  

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que les menaces identifiées au cours de la mission rendent la VUE du bien vulnérable. Cependant, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que si l’État partie met en œuvre les recommandations de la mission dans les délais impartis, les menaces sur la VUE pourraient être limitées. Ils estiment en outre que l’état de conservation du bien exige rapidement un suivi sérieux. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont prêts à aider l’État partie à traiter ces menaces le plus efficacement possible.  

Décision adoptée: 35 COM 7B.79

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.74, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Note les résultats de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS d'octobre 2010 et les menaces identifiées qui pèsent sur le bien;

4. Demande instamment à l'Etat partie d'entreprendre dans les délais impartis les mesures recommandées par le rapport de mission d'octobre 2010, en particulier la nécessité de terminer et de mettre en place le plan de gestion et d'établir le Comité directeur de Boukhara pour la gestion du bien;

5. Demande à l'Etat partie de traiter les impacts négatifs potentiels sur l'authenticité et l'intégrité du bien, pour assurer la protection de sa valeur universelle exceptionnelle;

6. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport sur l'avancement réalisé dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif d'octobre 2010, et sur l'état de conservation du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.