1.         Auschwitz Birkenau
Camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945) (Pologne) (C 31)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/31/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2000)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/31/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien: 10.000 dollars EU d'Israël 

Missions de suivi antérieures

Juillet 2001 : Mission conjoint de suivi réactif Président du Comité du patrimoine mondial / Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; Décembre 2006: Centre du patrimoine mondial / ICOMOS, visite du bien pendant le séminaire de gestion ; mai 2007 : réunion de gestion de site ; mai 2008 et octobre 2013 : réunions de consultation du groupe d’experts

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/31/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 20 janvier 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/31/documents.  

Ce rapport fait suite aux problèmes soulevés dans un rapport de l’ICOMOS et soumis à l’État partie en août 2015 en réponse au rapport de l’État partie du 3 mars 2015 et à des réponses distinctes de chacune des parties prenantes principales : le musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, la municipalité d’Oświęcim et la commune d’Oświęcim et la Direction générale des routes et autoroutes nationales.

En avril 2015, l’État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial une Stratégie de conservation du bien. ICOMOS a reçu cette stratégie en avril 2016 et soumettra ses commentaires à l’État partie.

Projet de voie express S-1 et rocade sud d’Oświęcim

Ce projet de voie a été lancé en 2011 pour moderniser l’infrastructure de transport qui dessert le bien en reliant la rocade d’Oświęcim à la route provinciale, qui mène ensuite aux routes nationales vers Cracovie et Wadowice. Plusieurs tracés s’agissant de la voie express ont été présentées pour évaluation. L’État partie indique qu’en avril 2015, une variante hybride de différentes options concernant la voie express a été approuvée, comme pour la rocade sud d’Oświęcim. Une demande d’autorisation environnementale a été soumise en 2015 et est en attente d’approbation. Il est indiqué que de plus amples études et analyses du tracé de la rocade d’Oświęcim dans la zone du bien seront menées après le rendu de la décision environnementale. Ces études comprendront une étude d’impact sur le patrimoine (EIP), conformément au Guide ICOMOS de 2011 pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial, qui traitera l’analyse visuelle et spatiale de l’impact du projet de pont sur la rivière Soła.

Conservation

Des travaux de conservation « complets » ont commencé dans la partie la plus ancienne du camp pour deux baraquements de brique qui servaient de prison ; il s’agit de les renforcer tout en préservant autant que possible leur structure historique fragilisée. Tous les baraquements de brique seront rénovés au cours des années suivantes. Les structures historiques liées au camp et situées dans le territoire communal d’Oświęcim, comme la Judenrampe (chemin de fer) et les entrepôts de pommes de terre et de choux, font l’objet d’un suivi systématique, et la zone environnante est régulièrement entretenue.

Gestion des visiteurs

Un système de réservation à l’avance et satisfaisant est dorénavant en place pour les 1,72 million de visiteurs accueillis chaque année. Un nouveau centre pour visiteurs est prévu à Oświęcim ; il sera situé à proximité du mémorial d’Auschwitz et des entrepôts, et une recherche de financement est en cours.

Une stratégie du trafic généré par les visiteurs est également prévue pour fournir un meilleur accès automobile. Cette stratégie comprendra la construction d’une route près du musée de Brzezinka, et d’une voie d’accès à la Judenrampe et aux entrepôts de pommes de terre qui reliera les rues de Piwniczna et Kombatantów à Brzezinka.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les précisions apportées par l’État partie sont accueillies favorablement. Elles traitent les problèmes plusieurs fois évoqués depuis 2011 et donnent des détails sur les travaux déjà entrepris ou planifiés.

La Stratégie de conservation détaillée constitue une étape importante dans l’élaboration des approches de conservation du bien et de son cadre, dans la documentation des contextes historique et mémoriel du bien et dans l’élaboration de contrôles de gestion et de développement adaptés aux différentes zones du bien. Cette stratégie souligne les défis de conservation des structures appartenant à des personnes privées et le manque d’instruments juridiques permettant l’allocation de subventions. Aussi, elle met l’accent sur la nécessité d’obtenir l’engagement significatif et durable des communautés locales et de développer un programme spécifique à cette fin.

En décrivant les principales menaces identifiées en 2008, la Stratégie signale, par ailleurs, que ces menaces se sont intensifiées. Bien que la Stratégie indique que les bâtiments sont dans un état fragile, comme c’est le cas pour les autres camps de mémoire et leurs infrastructures associées, tels que les dépôts et les voies ferrées, ces bâtiments doivent être surveillés afin d’éviter que leur dégradation s’avère irréversible.

L’État partie n’a fourni aucune information supplémentaire relative au caractère incompatible des limites de la zone tampon.

Des informations supplémentaires ont été demandées sans succès au fil des années sur les projets de routes, qui devraient être soumises avec les EIP avant toute prise de décision, et ce, afin que l’impact potentiel des nombreuses transformations prévues puisse être évalué et que l’on parvienne à une meilleure appréhension de la manière dont les infrastructures nécessaires peuvent être réalisées en harmonie avec le développement local tout en respectant la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Il est noté que l’État partie n’a pas encore soumis les EIP. Concernant les changements actuellement en cours quant à la capacité du bien à accueillir deux millions de visiteurs par an environ, il est important de garantir que toute transformation (non seulement celle touchant l’infrastructure) soit élaborée en symbiose avec les environs du bien et en accord avec les recommandations de la Stratégie de conservation.

Ces enjeux mettent en lumière le besoin d’une gestion mieux coordonnée et d’un dialogue renforcé avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sur la planification à long terme des projets majeurs de manière à ce que le Comité appréhende clairement la manière dont le bien est conservé pour maintenir sa VUE. Après plusieurs années de consultations, une Déclaration rétrospective de VUE (DRVUE) est en cours d’adoption par le Comité (voir document WHC/16/40.COM/8E), qui sera essentielle pour le suivi et la gestion du bien.

Les travaux envisagés de restauration des baraquements doivent être accueillis favorablement mais des précisions supplémentaires sont nécessaires pour détailler et documenter les processus de restauration de manière à appliquer dans d’autres parties du bien les bonnes pratiques qui pourraient être établies dans le cas présent.

Les efforts importants engagés par l’État partie, particulièrement avec l’établissement du musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, sont pris en compte. Toutefois, ces efforts pourraient être mieux coordonnés et encouragés par des processus plus ouverts afin de mieux comprendre la façon dont le bien et son cadre peuvent évoluer de manière intégrée. L’adoption de la DVUE par le Comité donnerait la possibilité d’harmoniser la gestion du bien et de son cadre avec la VUE.

Décision adoptée: 40 COM 7B.55

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 33 COM 7B.115, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),
  3. Reconnaît des précisions fournies par l’État partie sur les projets en cours, y compris les avancées effectuées dans la gestion des visiteurs grâce aux systèmes de réservation à l’avance, la voie express et le début d’un projet de restauration des baraquements à Auschwitz ;
  4. Accueille avec satisfaction le développement de la Stratégie de conservation détaillée et prie instamment l’État partie d’assurer que ses recommandations soient suivies ;
  5. Tout en comprenant que les projets de voie express et de rocade sud d’Oświęcim qui ont été en principe approuvés sous réserve de décisions environnementales, réitère sa demande à l’État partie d’entreprendre dès que possible une étude d’impact sur le patrimoine (EIP) du projet dans son ensemble et de la soumettre, avec des précisions sur la relation entre ce projet et d’autres projets d’aménagement routier à Brzezinka et ailleurs, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, avant que tout engagement ferme soit pris ;
  6. Accueille également avec satisfaction le lancement du projet de restauration des deux baraquements de brique qui servaient de prison et demande à l’État partie de soumettre d’autres précisions sur les principes de restauration utilisés, avec une documentation, afin d’établir de bonnes pratiques qui pourront être utilisées dans d’autres parties du bien ;
  7. Au vu des divers changements actuellement en cours pour accueillir environ deux millions de visiteurs qui se rendent chaque année sur le bien, demande également à l’État partie de fournir de plus amples informations sur l’élaboration de ces projets en harmonie avec les environs du bien, tout en suivant les recommandations de conservation et en respectant la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  8. Réitère également sa demande que les EIP soient réalisées avant toute prise de décision, afin de définir précisément les impacts potentiels sur les attributs de la VUE ;
  9. Note avec satisfaction que le projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (DRVUE) a été finalisé et soumis au Comité du patrimoine mondial pour adoption (document WHC/16/40.COM/8E) ;
  10. Considère en outre qu’il est nécessaire que le dispositif de gouvernance rassemble toutes les parties prenantes du bien selon une approche multidisciplinaire mieux définie et basée sur la VUE, et accueille en outre favorablement la proposition d’un programme visant à faciliter les relations avec la communauté locale ;
  11. Afin d’entamer un dialogue avec l’État partie sur la manière dont ces points pourraient être traités, demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de conseil ICOMOS sur le bien ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.

Décision adoptée: 40 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/8E.Rev,
  2. Félicite les États Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;
  3. Adopte les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l’Annexe du document WHC/16/40.COM/8E.Rev, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES

EUROPE ET AMERIQUE DU NORD

  1. Décide que les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril seront examinées en priorité par les Organisations consultatives ;
  2. Demande aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations de valeur universelle exceptionnelle adoptées vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande en outre au Centre du patrimoine mondial de publier les versions dans les deux langues sur son site Internet.