1.         Paysage culturel de Sukur (Nigéria) (C 938)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1999

Critères  (iii)(v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/938/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-2004)
Montant total approuvé : 27 150 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/938/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/938/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Suite à la réunion informelle qui s’est tenue le 6 juillet 2015 à Bonn (pendant la 39e session du Comité) avec l’État partie et des Organisations consultatives, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont demandé à l’État partie de soumettre un rapport sur l’état de conservation pour répondre aux problèmes signalés pendant cette réunion concernant les attaques sur le bien (décembre 2014), la sécurité de la population et du bien, les biens et maisons endommagées, les écoles et dispensaires vandalisés, ainsi que les chemins pavés endommagées.

L’État partie a soumis son rapport le 23 mars 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/938/documents/, dans lequel il décrit ainsi les dégâts occasionnés et indique les progrès faits comme suit:

De plus, le Hidi et le gestionnaire de site ont rencontré la Directrice du Centre du patrimoine mondial le 31 mai 2016, lors d’une réunion en Tanzanie, afin de discuter de la situation du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le paysage culturel de Sukur, inscrit en 1999, a été le premier site du patrimoine mondial de l'UNESCO au Nigeria. Situé à une altitude de 1000 mètres dans la chaîne de montagnes de Mandara, la colline fortifiée a protégé la communauté des attaques récurrentes des insurgés dans le nord-est du Nigeria depuis 2012. Les attaques ont gravement paralysé les activités socio-économiques et culturelles de la région.

En janvier 2016, les insurgés avaient été affaiblis par les opérations combinées de l'armée nigériane et des chasseurs/groupes d'autodéfense locaux. Leur capacité à affronter et à attaquer les communautés avait été sérieusement dégradée, à l'exception d’attaques occasionnelles sur des cibles faciles. La forte présence des agences de sécurité et les points de contrôle installés le long de la route rassure les communautés et les navetteurs sur leur sécurité.

L’augmentation de la population à cause d’un grand nombre de personnes ayant cherché refuge sur le sommet de la colline depuis la période de l'insurrection a ajouté au stress du paysage culturel. Un plan de gestion du logement clair est nécessaire pour veiller à ce que la croissance actuelle de la population soit compatible avec la conservation durable du bien.

La profanation du palais et d'autres sites rituels par les insurgés, la destruction des maisons, de l'église et des écoles, le déplacement temporaire de la population vers d'autres villes ont perturbé la vie traditionnelle normale et imposé un certain retard au développement socio-culturel de la communauté de Sukur, avec une incidence importante sur son patrimoine vivant. Cela a également affecté les fêtes traditionnelles, cérémonies et rituels périodiques. L'assistance d'urgence demandée pourrait résoudre également ce problème.

Compte tenu du retour à la paix et à la stabilité, il est recommandé au Comité d’envisager une intervention d'urgence pour réhabiliter le bien, qui pourrait couvrir les domaines suivants :

Décision adoptée: 40 COM 7B.17

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Note avec une vive préoccupation la situation sécuritaire au nord-est du Nigeria et en particulier les attaques le 12 décembre 2014 dans le paysage culturel de Sukur ;
  3. Se félicite des efforts conjoints de l’État partie et des chasseurs/groupes d’autodéfense locaux pour affaiblir les attaques des insurgés aux abords du paysage culturel de Sukur ;
  4. Félicite la communauté du paysage culturel de Sukur pour sa ténacité et sa détermination à maintenir son mode de vie traditionnel et à rétablir la normalité dans ses établissements ;
  5. Prend note qu’il est urgent de réhabiliter le Palais Hidi, la Place du Palais, le Black Smith Homestead, les chemins pavés de dalles et les structures rituelles, ainsi que les centres sociaux, scolaires et d’information, et de relancer les pratiques du patrimoine culturel immatériel ;
  6. Invite l’État partie à soumettre une demande d’assistance internationale pour aider à fournir des matériaux de construction locaux pour la restauration des bâtiments traditionnels, des sites rituels profanés et des lieux de fêtes, pour la réparation des bâtiments sociaux et scolaires, et le remplacement du matériel volé ou vandalisé servant à la conservation du bien ;
  7. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, pour évaluer l’état de conservation du bien en relation avec sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), et en particulier les chemins pavés restaurés, le Palais Hidi et la Place du Palais, et la revitalisation du patrimoine culturel vivant ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.