1.         Système naturel de la Réserve de l'île Wrangel (Fédération de Russie) (N 1023rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1023/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1023/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1023/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis le 29 janvier 2015 un rapport sur l’état de conservation du bien qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1023/documents/.

Le rapport note qu’en 2015 une série de mesures a été appliquée sur le bien dans le but d’assurer « la fourniture des installations nécessaires » et le ramassage des déchets accumulés dans le passé sur le territoire du temps de la présence humaine sur l’île Wrangel « pour assurer la sécurité de la Fédération de Russie ». Il est indiqué que la zone où ont été menées ces activités couvre environ 20 hectares. De nouvelles activités d’élimination des déchets de l’île, comme les vieux barils vides, sont planifiées pour 2016-2017. Pour ce qui est des installations, le rapport indique également que la majeure partie du territoire où «  sont placés les objets » est dépourvue de toute végétation et que la végétation qui est présente ne comporte pas d’espèces rares ou endémiques.

S’agissant des activités d’exploration sismique, le rapport confirme que de telles activités sont interdites dans les eaux du bien et que, dans le passé, les navires ne devaient entrer dans la zone tampon du bien que pour se mettre à l’abri des tempêtes sur autorisation du Ministère des Ressources naturelles et de l’administration de la réserve naturelle intégrale de l’île Wrangel. Le rapport indique également qu’aucune production pétrolière n’est actuellement entreprise ou planifiée dans les zones aux alentours du bien.

L’État partie a également fourni un exemplaire du plan de gestion du bien pour 2013-2017 où figurent les activités sur le développement de l’écotourisme, y compris les procédures en matière de délivrance de permis de visite et l’application et l’exécution des règles de conduite des visiteurs.

En ce qui concerne les plans d’exploration pétrolière dans la mer des Tchouktches par la compagnie Shell, aucune information officielle de l’État partie des États-Unis d’Amérique n’a été reçue par le Centre du patrimoine mondial. En outre, le 27 septembre 2015, six semaines après avoir commencé un forage exploratoire au large de la côte nord-ouest de l’Alaska, la Royal Dutch Shell a annoncé sur son site Internet qu’elle allait « cesser toute nouvelle activité d’exploration au large de l’Alaska dans un avenir prévisible » (en anglais uniquement : http://www.shell.com/media/news-and-media-releases/2015/shell-updates-on-alaska-exploration.html). 

Malgré la demande du Comité du patrimoine mondial (décision 39 COM 7B.25) à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien, aucune invitation n’avait été reçue au moment de la rédaction de ce rapport.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’information fournie par l’État partie au sujet des activités envisagées en vue d’éliminer les déchets provenant des activités passées sur l’île Wrangel, comme l’a exprimé le Comité au moment de l’inscription du bien (décision 28 COM 14B.14), est accueillie avec satisfaction.

Le fait que « la fourniture des installations » soit également en cours, est une source de préoccupations. Il est regrettable que l’État partie n’ait pas invité une mission de suivi réactif sur le bien afin d’évaluer les impacts potentiels de ces aménagements et de la présence humaine actuelle et future qui y est associée, sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et l’intégrité du bien. Il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial réitère sa demande à l’État partie d’inviter de toute urgence une mission de suivi réactif sur le bien. 

L’UICN note que les sources d’information gouvernementales confirment la présence de personnel d’entreprises de construction sur l’île et note, en particulier, que les informations disponibles sur le site Internet du programme gouvernemental officiel sur la protection des ours polaires (uniquement en russe : http://programmes.putin.kremlin.ru/bear/news/25256) confirment aussi l’incident survenu avec un ours polaire sur l’île Wrangel fin 2015, impliquant un des employés de l’entreprise de construction, et indiquent que l’ours a été gravement, voire intentionnellement blessé, et qu’il a ensuite été retrouvé mort. Le Bureau du Procureur de la région autonome des Tchouktches a lancé l’instruction du dossier. La présence humaine croissante dans cet environnement très sensible risquera d’entraîner de nouveaux conflits entre l’homme et la vie sauvage. Par conséquent, il est primordial que toutes les activités et les installations soient minimisées dans la limite du possible et que celles qui sont planifiées fassent l’objet d’évaluations d’impact environnemental (EIE) rigoureuses qui devraient également mesurer les impacts potentiels sur le bien provenant de toute présence humaine qui y est associée.

Les informations sur les activités touristiques mises à disposition dans le plan de gestion sont notées. Une illustration  figurant dans les Appendices suggère qu’il est prévu de construire de nouvelles maisons d’hôtes dans le périmètre du bien ; toutefois, elle n’apporte aucune précision. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’apporter des renseignements détaillés sur tous les infrastructures touristiques planifiées, y compris les EIE de chacun de ces projets.

Il est pris note de l’information fournie par l’État partie que les activités d’exploration pétrolière sont interdites dans le bien et les navires de prospection sismique n’entrent dans ses eaux territoriales que pour se mettre à l’abri des tempêtes. Cependant, il est recommandé que le Comité regrette que l’État partie n’ait pas procuré d’informations plus détaillées sur l’état actuel des projets d’exploration en cours ou prévus aux alentours du bien, ni aucune des EIE requises en vertu de la décision 39 COM 7B.25. Par conséquent, il est aussi recommandé que le Comité demande à l’État partie de fournir des informations détaillées sur toutes les activités d’exploration pétrolière en cours ou programmées aux alentours du bien et de soumettre les EIE de ces projets. Pour toutes les EIE susmentionnées, il sera d’une importance cruciale d’inclure une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien, en ligne avec la Note consultative de l’UICN sur l’évaluation environnementale.

L’aménagement continuel d’installations associé à l’accroissement d’une présence humaine permanente sur l’île Wrangel est considéré comme un péril potentiel pour l’écosystème arctique très sensible du bien, conformément au Paragraphe 180 des Orientations. Le potentiel d’impacts significatifs est illustré par l’incident ayant impliqué la mort d’un ours polaire. Il est donc recommandé qu’au cas où les progrès seraient insuffisants dans le traitement des questions susmentionnées, le Comité du patrimoine mondial considère l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 41e session en 2017.

Décision adoptée: 40 COM 7B.98

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.25, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Regrette que l’État partie n’ait pas invité de mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien et réitère sa demande à l’État partie d’inviter cette mission, de toute urgence ;
  4. Se félicite d’apprendre que les activités d’élimination des déchets provenant de la présence humaine dans le passé ont été entreprises et que d’autres activités sont planifiées à cet égard pour 2016-2017 ;
  5. Exprime sa plus vive préoccupation au sujet de la construction de structures en cours sur le territoire du bien, associée à la présence humaine accrue sur l’île, et des impacts potentiels de celle-ci sur l’environnement arctique sensible de l’île Wrangel, et considère que cela représente un péril potentiel pour le bien, conformément au paragraphe 180 des Orientations;
  6. Prie instamment l’État partie de faire cesser la construction d’installations et de toutes les activités qui y sont associées jusqu’à ce que leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien aient été mesurés au moyen d’évaluations d’impact environnemental (EIE) rigoureuses, et demande à l’État partie de soumettre ces EIE au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  7. Note la confirmation de l’interdiction d’exploration et d’exploitation pétrolières dans le périmètre du bien et que des navires d’exploration sismique sont entrés incidemment dans ses eaux territoriales seulement pour se mettre à l’abri des tempêtes, mais regrette également qu’aucune information n’ait été fournie sur l’état actuel des projets d’exploration pétrolière en cours ou prévus aux alentours du bien, ni qu’aucune EIE n’ait été soumise au Centre du patrimoine mondial ;
  8. Réitère également sa demande à l’État partie de fournir des informations détaillées sur le statut actuel de tous les projets d’exploration pétrolière en cours et prévus aux alentours du bien et de soumettre les EIE de ces projets, y compris l’évaluation spécifique de leurs impacts potentiels sur la VUE du bien, en ligne avec la Note consultative de l’UICN sur l’évaluation environnementale ;
  9. Note avec préoccupation qu’une infrastructure touristique supplémentaire est planifiée sur le bien et demande également à l’État partie de communiquer des renseignements détaillés sur toutes les infrastructures touristiques planifiées, y compris les EIE de ces projets ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017, afin de considérer, en cas d’absence de progrès significatifs dans le traitement des questions susmentionnées, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.