1.         Zone de nature sauvage de Tasmanie (Australie) (C/N 181quinquies)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iii)(iv)(vi)(vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/181/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/181/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN/ICOMOS de suivi réactif ; novembre 2015 : mission conjointe UICN/ICOMOS de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/181/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Une mission conjointe de suivi réactif UICN/ICOMOS s’est rendue sur le territoire du bien en novembre 2015 et a rencontré toutes les parties prenantes concernées par la protection et la gestion du bien, notamment des représentants de la communauté aborigène de Tasmanie, des ONG environnementales, des partis politiques et des institutions gouvernementales, des universitaires, des consultants indépendants et des représentants du tourisme et de la filière bois. L’État partie a ensuite soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, le 8 avril 2016. Les deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/181/documents.

Constatant l’acceptation par les Gouvernements de l’Australie et de la Tasmanie de toutes les recommandations de la mission, l’État partie fournit les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

L’engagement exemplaire des Gouvernements australien et tasmanien devrait être accueilli très favorablement afin de considérer le bien comme une zone d’exclusion pour toute extraction commerciale de ressources, d’intégrer les valeurs naturelles et culturelles du bien au sein de l’approche de gestion et d’élaborer des accords de gestion avec la communauté aborigène de Tasmanie.

L’engagement des deux gouvernements à financer et à faciliter la mise en œuvre d’une étude culturelle très approfondie, comme demandé par le Comité, devrait également être accueilli favorablement. Le rôle important du Conseil du patrimoine aborigène (AHC) est reconnu, tout en soulignant la nécessité de s’engager encore plus  avec toutes les composantes de la communauté aborigène de Tasmanie. Le rapport de synthèse qui présentera toutes les informations disponibles sur les sites culturels connus, contribuera à documenter tant la gestion des valeurs naturelles et culturelles du bien que la Déclaration rétrospective de la VUE.

La révision en cours du projet de plan de gestion du bien est une tâche essentielle pour refléter les décisions prises dans le passé par le Comité du patrimoine mondial et les recommandations de la mission. Un des défis à relever durant les consultations en cours est la polarisation entre et au sein des groupes de parties prenantes. Tous les efforts devraient être entrepris afin d’établir des relations de confiance entre les parties prenantes, bases de la conservation et de la gestion futures. L’engagement louable du Gouvernement tasmanien en faveur de l’élaboration d’accords sur la gestion conjointe avec la communauté aborigène de Tasmanie nécessitera de reconnaître et de faire place à des opinions et des points de vue différents au sein de cette communauté. Le suivi de la gestion du bien devrait être marqué par la participation pleine et entière de l’AHC et le rôle renforcé des aborigènes au sein du NPWAC, mais il devrait également prendre en considération les points de vue et les aspirations des autochtones en tant qu’éléments légitimes et faisant partie intégrante de la gestion générale du bien. On peut espérer que cette approche aura pour conséquence une compréhension plus holistique du patrimoine culturel et naturel du bien, et finalement une participation significative de la communauté aborigène à la gouvernance du bien et à la prise de décision.

Les récents incendies en Tasmanie sont un rappel fort de la nécessité de considérer les incendies comme un facteur de perturbation naturelle et une grave menace anthropogénique pour la planification de la gestion, tant dans le périmètre du bien qu’au-delà de ses limites. Bien que l’État partie ait signalé que les incendies ont eu un faible impact sur le bien, touchant principalement des types de végétation bien adaptés au feu et qui devraient se reconstituer, et bien qu’il ait accepté la recommandation générale de la mission qui lui demandait de veiller à ce que les ressources adéquates soient mises à disposition pour la recherche et la gestion des incendies, il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de s’assurer que la question de la gestion des incendies est pleinement reflétée dans la révision du projet de plan de gestion du bien, notamment par l’évaluation des récentes expériences de lutte contre les incendies. Il est également pris note de l’examen indépendant réalisé sur la gestion des incendies de janvier 2016 en Tasmanie, cette information est présentée dans un document soumis par l ‘État partie le 10 mai 2016. Il est recommandé que les conclusions et les recommandations de cet examen soient également prises en considération dans le cadre de la révision du plan de gestion.

L’engagement de l’État partie à établir de stricts critères d’évaluation pour tous les projets de développement touristique sur le territoire du bien, y compris par l’inclusion de critères complémentaires dans le plan de gestion, est nécessaire et accueilli favorablement. Cet engagement est pris dans le cadre des réglementations destinées à garantir l’absence d’impact négatif sur la VUE du bien des projets touristiques à visée commerciale. Si ces critères sont définis et mis en œuvre conformément aux intentions exprimées par l’État partie, le plan de gestion ainsi renforcé et le Schéma directeur d’aménagement touristique constitueront des orientations très élaborées et fort nécessaires en matière d’impacts directs, indirects et cumulatifs du tourisme et des visites. Comme l’a souligné la mission, il existe un intérêt légitime de la part des aborigènes en faveur d’une participation plus significative à l’interprétation du site et à son développement touristique adapté, et ce, afin de transmettre correctement l’histoire aborigène du bien et de saisir toutes les opportunités en matière d’emploi et de revenus.

S’agissant des recommandations faites par la mission, il est recommandé au Comité de féliciter l’État partie pour les engagements qu’il a exprimés, et de lui demander de mettre pleinement en œuvre ces recommandations, notamment en fournissant les ressources humaines et financières nécessaires.

Décision adoptée: 40 COM 7B.66

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 8B.47 et 39 COM 7B.35, adoptées respectivement à ses 38e (Doha, 2014) et 39e (Bonn, 2015) sessions,
  3. Félicite l’État partie pour son engagement à interdire de façon très explicite toute forme d’exploitation forestière et minière commerciale sur l’ensemble du territoire du bien, ainsi que pour ses autres engagements pris en réponse aux recommandations de la mission conjointe de suivi réactif UICN/ICOMOS de 2015, et demande à l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission ;
  4. Accueille avec satisfaction l’engagement de l’État partie à inclure de stricts critères d’évaluation supplémentaires afin de garantir que les projets touristiques commerciaux n’ont pas d’impacts négatifs sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et note qu’un document séparé, le Schéma directeur d’aménagement touristique, sera élaboré afin d’améliorer l’équilibre entre le développement légitime du tourisme et la conservation des attributs culturels et naturels, sur la base d’une procédure de consultation et de négociation avec les parties prenantes concernées, notamment la communauté aborigène de Tasmanie ;
  5. Note les informations communiquées par l’État partie relatives aux récents incendies qui ont affecté le bien, et demande également à l’État partie de veiller à ce que la recherche et la gestion des incendies fassent partie des sujets abordés dans le cadre de la révision du projet de plan de gestion du bien, avec notamment l’évaluation des récentes expériences de lutte contre les incendies et la prise en considération des conclusions et recommandations faites suite à l’examen indépendant de la gestion des incendies de janvier 2016 en Tasmanie ;
  6. Encourage l’État partie à étudier les possibilités de double dénomination du bien afin de refléter son caractère de nature sauvage, son patrimoine aborigène et la relation de la communauté aborigène de Tasmanie avec le bien ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le milieu de l’année 2017, un rapport de synthèse sur toutes les informations disponibles sur les sites culturels du bien et un plan détaillé de l’étude culturelle exhaustive, comme recommandé par la mission, et d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.