1.         Ensemble culturel et historique des îles Solovetsky (Fédération de Russie) (C 632)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Août 2013 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS ; Juillet 2015 : mission de conseil de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 23 décembre 2015, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/632/documents/. Il fournit des informations détaillées sur la mise en œuvre des recommandations du Comité. Une mission de conseil de l’ICOMOS a été effectuée sur le site en juillet 2015.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Des efforts considérables ont été déployés par l’État partie pour appliquer les recommandations du Comité, avec notamment les améliorations apportées au statut juridique du bien, la révision de la stratégie de développement pour refléter ses aspects spirituels, historico-culturels et naturels, ainsi que les progrès réalisés dans la définition des attributs qui expriment la VUE, en incluant le contexte culturel et naturel du bien. Cependant, la mission de conseil de l’ICOMOS de 2015 a noté un certain nombre de lacunes et de faiblesses qui nécessitent des mesures rapides.

Afin d’assurer la préservation efficace de la VUE du bien, la mission a considéré qu’à ce jour, la complexité globale de ce bien, ses ressources culturelles, ses attributs spirituels et naturels, c’est-à-dire ses chemins de pèlerinage et ses routes monastiques, ses systèmes d’irrigation complexes avec leurs lacs, ses perspectives visuelles, et l’ensemble de son paysage culturel, largement façonné par le monastère à partir du 15e siècle, n’ont pas été pleinement reconnus dans les outils de gestion et de planification. En conséquence, l’État partie devrait continuer à développer le plan de gestion fondé sur la VUE et ses attributs, en appréhendant pleinement le développement de l’ensemble du paysage et sur la base d’une approche de paysage culturel.

S’agissant des mesures législatives actuelles et du statut juridique du bien, la mission a noté qu’en l’état actuel, les valeurs naturelles, spirituelles et culturelles du bien ne sont pas reconnues dans le cadre des mesures de protection juridique, bien qu’il soit noté que l’État partie est en train d’élaborer un amendement à la loi fédérale pour inclure les aspects historico-culturels et naturels de l’archipel.

Il est également noté que les limites entourant l’archipel Solovetsky qui figurent dans le rapport au moment de l’inscription n’ont pas de statut juridique de protection selon la législation fédérale. Seules les limites autour des principaux monuments et ensembles sont prises en considération, mais celles-ci ne couvrent en aucun cas le territoire de l’archipel. En l’absence de mécanismes de protection adéquats pour l’ensemble du bien, composé de six îles, et de zones d’utilisation des sols adéquates, l’urbanisation croissante de l’île Solovetsky représente une sérieuse menace pour l’intégrité du bien, en particulier autour du Monastère Solovetsky qui est enregistré comme zone constructible et pour les activités économiques réglementées.

La mission attire également l’attention sur la nécessité urgente de développer un plan de conservation pour l’ensemble du bien, de planifier et mettre en œuvre correctement des mesures de conservation, concernant notamment le système d’irrigation monastique gravement menacé, les lacs, les canaux et les chemins de pèlerinage, les moyens de conserver et de rénover l’architecture traditionnelle en bois vulnérable, d’aborder la reconstruction des bâtiments monastiques, et de préserver l’ensemble du paysage culturel. En attendant, il est fortement recommandé à l’État partie de s’abstenir de toute reconstruction ou reconstitution conjecturale qui menacerait l’authenticité du bien.

La mission a découvert que malgré les impacts négatifs identifiés par l’étude d’impact sur le patrimoine, le projet de complexe muséal s’est poursuivi. Des constructions comme le bâtiment de l’aéroport représentent également une menace potentielle à la VUE du bien. Il est donc recommandé au Comité de prier instamment d’État partie d’interrompre immédiatement ces constructions et d’identifier des solutions alternatives pour la conception et l’emplacement des bâtiments du musée et de l’aéroport.

Le plan directeur de tout l’archipel et le plan de développement doivent être revus pour prendre en compte la déclaration rétrospective de la VUE en déterminant des zones d’utilisation des sols, en fixant des limites au développement et en montrant comment le développement peut renforcer les attributs de la VUE concernant ce « site unique du patrimoine spirituel, historico-culturel et naturel » qui est désormais reconnu officiellement.

Décision adoptée: 40 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.32 adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Note les recommandations de la mission de conseil de l’ICOMOS de juillet 2015 sur le site et demande à l’État partie d’accorder une grande priorité à la mise en œuvre de ses recommandations ;
  4. Reconnaît que l’État partie a pris des mesures positives pour appliquer les décisions du Comité, en entreprenant notamment de réviser les mesures législatives et réglementaires ;
  5. Considère que le projet de projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien devrait refléter pleinement la complexité de ce bien, de ses attributs et de ses ressources, comme les chemins de pèlerinages et les routes monastiques, ainsi que les systèmes d’irrigation complexes avec leurs lacs et leurs perspectives visuelles, et l’ensemble du paysage culturel ;
  6. Rappelle ses préoccupations précédemment exprimées à propos de l’emplacement inadéquat du complexe muséal et prie instamment l’État partie d’interrompre immédiatement sa construction, de démonter les parties déjà construites, d’envisager une conception et un emplacement plus appropriés pour le musée, et de présenter au Centre du patrimoine mondial un rapport d’avancement sur la mise en œuvre de ce qui précède d’ici le 1er décembre 2016, pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Demande également que la construction du bâtiment de l’aéroport soit suspendue et que le projet soit reconsidéré ;
  8. Exprime son inquiétude à propos du mauvais état de conservation du système d’irrigation du monastère, avec ses lacs et canaux, ses chemins de pèlerinages et ses constructions vernaculaires en bois, et à propos du degré de reconstruction des monuments, et demande en outre à l’État partie d’élaborer un plan de conservation pour l’ensemble du bien, de planifier et mettre en œuvre correctement les mesures de conservation et de s’abstenir en attendant de toute reconstruction ou reconstitution conjecturale qui menacerait l’authenticité du bien ;
  9. Prie aussi instamment l’État partie de réviser le Plan directeur et le Plan de développement de l’archipel Solovetsky en vue de définir les limites du développement et de fixer des paramètres pour garantir que l’utilisation des sols et le développement renforcent la VUE du bien ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de réviser le plan de gestion pour qu’il se fonde sur la VUE et ses attributs et adopte une approche de paysage culturel, et de soumettre le plan révisé au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  11. Invite l’État partie à l’informer par l’intermédiaire du Centre du patrimoine mondial et conformément au paragraphe 172 des Orientations de toute intention d’entreprendre ou d’autoriser de grands projets de restauration, de conservation et de développement, susceptibles d’affecter la VUE du bien, et ce le plus tôt possible et avant de prendre des décisions ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.