1.         Axoum (Éthiopie) (C 15)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (i)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-1996)
Montant total approuvé : 2 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 5,07 millions de dollars EU par le fonds-en-dépôt italien pour le “Projet de mise en valeur du site archéologique d'Axoum : études préparatoires pour la réinstallation de l'obélisque et renforcement des capacités pour la conservation archéologique - Phase 1 », « Réinstallation de l'obélisque - Phase 2 » et « Consolidation de la stèle 3 ».

Missions de suivi antérieures

Missions du Centre du patrimoine mondial et d'experts mandatés par celui-ci pour la mise en œuvre du projet de l’obélisque en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009 ; missions de suivi réactif conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en 2010 et 2013. Mission de suivi réactif ICOMOS en 2015 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 28 janvier 2016, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/15/documents/, présentant les progrès accomplis vis-à-vis des demandes du Comité :

Une mission de suivi réactif de l’ICOMOS sur le bien a eu lieu en février 2016 (le rapport de mission est consultable à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/15/documents).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les progrès accomplis par l’État partie sont reconnus. Le rapport de mission 2015 de l’ICOMOS a apporté une analyse et des observations complémentaires sur un certain nombre de problèmes qui affectent l’état de conservation du bien.

L’état inachevé du musée de l’église continue d’avoir un impact temporaire mais très négatif sur l’environnement et la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Les collections de l’église sont dans un état de conservation critique. Des détails des modifications apportées à la façade devraient être soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives et le projet de musée de l’église devrait être mené à terme dès que possible. Une étude des éléments archéologiques dont la mise au jour a été signalée lors des travaux de construction du musée de l’église est nécessaire.

Les limites du bien et de la zone tampon ont été formalisées par la publication au Journal officiel de la Règlementation 246/2015. Des cartes détaillées faisant clairement état des limites physiques du bien et de sa zone tampon sont nécessaires. Ces limites ne répondent pas aux lignes de vue essentielles ni au tissu bâti continu ni aux caractéristiques immatérielles de l’église dans le bien.

La publication au Journal officiel de la désignation en tant que zone de réserve du patrimoine mondial d’Axoum, Règlementation 346/2015, contribuera à la conservation et gestion du bien mais devrait être rapidement mise en œuvre. Cette règlementation a tenu compte en principe des recommandations de la mission de suivi réactif de 2013 concernant la protection des points de vue essentiels. Toutefois, des orientations en matière de développement, qui incluent la restauration et la réutilisation après adaptation, sont urgemment requises pour le bien et la zone tampon dans la mesure où de nouvelles constructions affectent l’environnement et la VUE du bien.

L’achèvement du plan de gestion du bien demeure une priorité et une urgence. Lorsqu’il sera finalisé, le projet de plan de gestion devra être soumis au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour examen, avec le schéma directeur thématique.

Le projet de développement du tourisme durable éthiopien (ESTDP) a suivi dans les grandes lignes le programme de tourisme durable du patrimoine mondial. Les modèles d’intervention de l’ESTDP ne devraient pas être appliqués à d’autres zones du bien, tels que l’enclos de l’église dans la mesure où ils ne se prêtent pas à ces contextes.

Peu de progrès ont été accomplis aussi bien en ce qui concerne la planification de la consolidation de la stèle 3 que l’étude des problèmes d’eau dans la tombe aux arches de briques. La mission 2015 de l’ICOMOS a identifié de nouveaux problèmes concernant des infiltrations d’eaux de pluie et de la faiblesse structurelle au niveau du mausolée, ce qui aggrave encore les problèmes rencontrés sur le champ de stèles principal. Aucun projet nécessitant une excavation dans la tombe aux arches de briques ou alentour ne devrait être entrepris et des solutions plus prudentes devraient être recherchées, après conseil spécialisé.

Un certain nombre d’aménagements inappropriés sont en cours au sein du bien et de la zone tampon et un certain nombre de propositions avancées, comme l’aménagement paysager de l’enclos de l’église, la démolition du bâtiment à l’entrée du champ de stèles et la construction d’un nouveau bâtiment d’entrée. L’État partie devrait soumettre les détails de tous ces projets potentiels au Centre du patrimoine mondial conformément au Paragraphe 172 des Orientations.

Enfin, lorsque le plan de gestion sera réalisé, il est également recommandé que l’État partie envisage la formation d’un personnel compétent selon les exigences de la Convention du patrimoine mondial, des Orientations et du plan de gestion pour Axoum.

Décision adoptée: 40 COM 7B.10

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.39, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis dans la protection, conservation et gestion du bien conformément aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2013 ;
  4. Reconnaît les réalisations du Projet de développement du tourisme durable éthiopien (ESTDP), qui suit dans les grandes lignes le programme de tourisme durable du patrimoine mondial mais note que les modèles d’interventions de l’ESTDP ne devraient pas être appliqués à d’autres zones du bien ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre les détails des modifications apportées à la façade pour le musée de l’église au Centre du patrimoine mondial pour examen ; d’accélérer la réalisation du projet du musée de l’église, incluant la conservation des collections, dès que possible, et d’étudier, en vue d’en informer le Centre du patrimoine mondial, les éléments archéologiques dont la mise au jour a été signalée lors de travaux de construction du musée de l’église ;
  6. Demande également à l’État partie de finaliser et soumettre le projet de plan de gestion d’Axoum au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour examen, avec le schéma directeur thématique ;
  7. Félicite l’État partie pour la publication au Journal officiel des limites du bien et de sa zone tampon et demande en outre à l’État partie de soumettre les cartes détaillées des limites physiques du bien et de sa zone tampon au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, pour examen par les Organisations consultatives ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives informés de l’état d’avancement du projet de consolidation pour le renforcement des fondations de la stèle 3 et de l’étude des causes de l’élévation du niveau des eaux dans la tombe aux arches de briques, de continuer à rechercher un avis spécialisé, d’éviter tout projet nécessitant une excavation dans la tombe aux arches de briques ou alentour, et d’envisager des solutions plus prudentes ;
  9. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial les détails de tout aménagement actuel et potentiel au sein du bien et de la zone tampon, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  10. Encourage l’État partie à entreprendre la formation d’un personnel compétent selon les exigences de la Convention, des Orientations et du plan de gestion d’Axoum, lorsqu’il sera finalisé ;
  11. Encourage également l’État partie à poursuivre la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2013 et à mettre en œuvre les recommandations complémentaires de la mission de suivi réactif de 2015 ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.