1.         Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar) (N 1257)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2010-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

L’abattage illégal de bois précieux (ébène et bois de rose) et ses impacts secondaires, le braconnage d’espèces menacées de lémuriens ont été reconnus comme des menaces pour l’intégrité du bien.

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4344  

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4344  

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4344

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2016)
Montant total approuvé : 155 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 1 890 000 dollars EU par la Fondation des Nations Unies et la Fondation nordique du patrimoine mondial ; 1 039 000 dollars EU par le Gouvernement norvégien

Missions de suivi antérieures

Mai 2011, septembre-octobre 2015 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 28 janvier 2016, l’Etat partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1257/documents/. Ce rapport présente les progrès réalisés sur un certain nombre de problèmes de conservation abordés par le Comité à ses sessions précédentes, comme suit:

Les progrès vers l’atteinte de l’Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) sont rapportés comme suit:

Du 28 septembre au 2 octobre 2015, une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif a eu lieu, y compris une visite de terrain au Parc National de Masoala, l’une des composantes du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La volonté politique manifeste de l’Etat partie d’assainir le trafic illicite des bois précieux à travers l’adoption de la Loi N°2015-056 renforçant les pénalités contre les trafiquants, ainsi que les progrès accomplis par l’Etat partie vers l’atteinte des indicateurs du DSOCR devraient être accueillis favorablement. Il en est de même des efforts consentis dans l’implication des communautés locales aux activités de conservation du bien. Il est évident à la lecture du rapport de l’Etat partie que des progrès ont été accomplis vers l’atteinte des indicateurs du DSOCR, notamment en ce qui concerne la réduction de la coupe illicite de bois précieux et le contrôle du défrichement agricole. Cependant, comme la mission de 2015 a constaté que les ressources nécessaires pour poursuivre l’assainissement de la filière de bois précieux ne semblent plus être disponibles après la fin de l’année 2015. Il est donc recommandé que le Comité demande à l’Etat partie d’élaborer et de mettre en œuvre un plan pour acquérir des ressources suffisantes en vue de mettre en œuvre la stratégie de saisie des stocks de bois précieux illégaux.

La mission a constaté que l’exploitation du bois de rose continue dans le bien, même si l’ampleur semble diminuer. Elle a également constaté que malgré les efforts consentis par l’Etat partie et ses partenaires, la quantité de bois de rose illégalement exploitée dans les aires protégées en général et dans les composantes du bien reste encore à élucider. Ainsi, il est recommandé au Comité de demander à l’Etat partie une mise en œuvre totale du plan d’action de la CITES. En effet, la situation des bois précieux illégalement exploités telle que présentée à la mission est alarmante. Près de 300.000 rondins ont été déclarés, alors que seulement 27 791 ont été saisis. Les efforts pour retrouver le reste des stocks cachés sont coûteux mais doivent être poursuivis. Par ailleurs, la mission souligne que l’option prise par le comité interministériel de mettre en place une usine de traitement local du bois saisi devrait s’assurer de ne pas créer une opportunité pour les trafiquants illégaux de « blanchir » leurs stocks de bois cachés. A cet effet, il est recommandé que le Comité demande à l’Etat partie de clarifier la nature et la destination des produits à livrer par l'usine de traitement proposée pour évaluer l'impact sur la demande de bois précieux à l'avenir et en conséquent, l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

La mission a également noté que l’exploitation minière artisanale et illégale est aussi une menace importante pour l'intégrité écologique du bien, en particulier dans les parcs de Zahamena et Ranomafana. En outre, les pièges à lémuriens constituent encore un problème important dans plusieurs composantes du bien, y compris Marojejy, Zahamena et Andringitra.
Enfin, la mission estime que les efforts consentis par l’Etat partie, bien que louables, ne satisfont pas encore aux quatre indicateurs du DSOCR. Ainsi, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 7A.44

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7A.11, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Félicite l’Etat partie pour la volonté politique manifeste d’assainir le trafic illicite des bois précieux à travers la Loi N°2015-056, créant un tribunal spécial pour juger les trafiquants et renforçant les pénalités ;
  4. Accueille favorablement les progrès accomplis par l’Etat partie vers l’atteinte des indicateurs de l’Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), mais considère que tous ces indicateurs ne sont pas encore satisfaits ;
  5. Accueille aussi favorablement les efforts consentis par l’Etat partie pour assurer l’implication des communautés locales aux activités de conservation du bien, tel que démontré par la surveillance du bien par les Comités Locaux du Parc ;
  6. Note avec inquiétude que, même si l’ampleur semble diminuer, l’exploitation du bois de rose dans le bien continue et que la quantité de bois de rose illégalement exploité reste encore à élucider, et prie instamment à l’Etat partie de mettre en œuvre totalement le plan d’action de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ;
  7. Demande à l’Etat partie d’élaborer et mettre en œuvre un plan pour acquérir des ressources suffisantes en vue d’assurer, sur le long terme, la mise en œuvre de la stratégie de saisie des stocks de bois précieux illégaux ;
  8. Demande également à l’Etat partie de clarifier la nature et la destination des produits à livrer par l'usine de traitement proposé pour évaluer l'impact sur la demande de bois précieux à l'avenir et en conséquent l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  9. Note également avec inquiétude que l’exploitation minière artisanale et illégale, notamment dans les parcs nationaux de Zahamena et Ranomafana, ainsi que le braconnage des lémuriens dans plusieurs composantes du bien, y compris les parcs nationaux de Marojejy, Zahamena et Andringitra, constituent encore des menaces importantes sur la VUE, y compris l’intégrité du bien ;
  10. Demande en outre à l’Etat partie de mettre en œuvre toutes les autres recommandations de la mission de 2015 ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des mesures correctives, ainsi que les points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  12. Décide de maintenir les Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/16/40.COM/7A, WHC/16/40.COM/7A.Add et WHC/16/40.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :