1.         Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire,Guinée) (N 155bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir pages https://whc.unesco.org/fr/decisions/4982

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2015)
Montant total approuvé : 512 588 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 25.282 dollars EU du Fonds de Réponse Rapide en janvier 2012 (voir page https://whc.unesco.org/fr/actualites/830/) 

Missions de suivi antérieures

Octobre/Novembre 1988 : Mission Centre du patrimoine mondial; 1993 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN; 1994 : mission UICN; 2000 : mission Centre du patrimoine mondial; 2007 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Guinée; 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Côte d’Ivoire ; 2013 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 9 février 2016, l’État partie de la Côte d’Ivoire a soumis son rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/155/documents/. Le 20 mars 2016, l’État partie de la Guinée a soumis un rapport faisant état des activités réalisées dans le cadre du projet de protection de la biodiversité du bien par une gestion intégrée et participative financé par le Fonds du patrimoine mondial.

Le rapport de l’État partie de la Côte d’Ivoire fait état des points suivants :

Le rapport ne décrit que les efforts consentis sur la surveillance du bien dont les résultats majeurs se présentent comme suit :

Le rapport de l’État partie de la Guinée fournit les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts consentis par l’État partie de la Côte d’Ivoire en matière de surveillance ainsi que la réactualisation des limites du bien sont salués. Toutefois, la référence faite à un décret de « redéfinition » des limites semble aller au-delà de la matérialisation des limites tel que recommandé par la mission de 2013 qui avait constaté que la délimitation sur le terrain avait exclu, à tort, un défrichement du bien de 500 à 750 hectares plantés en cacao. Plus de détails sont donc nécessaires sur ce décret afin de confirmer que les limites ne sont pas redéfinies afin d’exclure ces zones dégradées du bien.

Cependant, l’absence d’un système de suivi écologique opérationnel au niveau des deux composantes du bien ne permet pas d’évaluer l’impact des pressions anthropiques sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE). Le braconnage est la seule pression anthropique évoquée par l’État partie de la Côte d’Ivoire alors que l’avancée du front agricole et l’exploitation forestière constituent également une problématique actuelle. Il est ainsi recommandé que le Comité réitère sa demande aux États parties de la Côte d’Ivoire et de la Guinée de mettre en œuvre un système conjoint de surveillance du bien pour maîtriser toutes les pressions anthropiques.

Les difficultés de gestion ressenties dans les deux pays sont plus marquées dans la partie guinéenne dont les moyens humains et opérationnels ont fortement diminué depuis la fin du projet PNUD/FEM (Fonds pour l’environnement mondial) en 2013. Huit nouveaux cas d’Ebola ayant été confirmés depuis février 2016 dans la région sud de la Guinée, la stabilisation de la situation sanitaire devrait toutefois permettre aux deux États parties de reprendre leurs efforts dans la mise en œuvre des mesures correctives et de définir un calendrier pour leur réalisation. Ainsi, il est recommandé que le Comité réitère également sa demande aux deux États parties de s’associer au PNUD et au FEM pour élaborer la deuxième phase du projet Nimba, qui concernerait les deux composantes, afin de promouvoir la mise en œuvre des mesures correctives de sauvegarde de l’intégrité du bien.

Le rapport fournit par l’État partie de la Guinée permet d’apprécier des progrès réalisés dans plusieurs actions demandées par le Comité, notamment en matière de sensibilisation des communautés locales, de surveillance et de bornage du site. Ces différentes réalisations témoignent d’une évolution positive qui doit se poursuivre et se renforcer. Ce rapport demeure toutefois insuffisant, plusieurs informations demandées par le Comité n’y figurant pas. En effet, aucune information n’est apportée concernant le statut des projets miniers de West Africa Exploration (WAE) et de la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG), ni des évaluations d’impact environnemental (EIE). Rappelant la vive préoccupation exprimée par le Comité lors de sa 39e session (Bonn, 2015) quant au fait que l’évaluation d’impact environnemental et social (EIES) de la concession d’exploitation accordée à WAE n’aurait pas été menée conformément aux normes internationales tel que demandé initialement dans la Décision 37 COM 7A.3 (Phnom Penh, 2013), il est recommandé que le Comité réitère cette demande à l’État partie de la Guinée. Il est également recommandé que le Comité réitère enfin sa demande à l’État partie de la Guinée d’élaborer une étude stratégique environnementale (ESE) de tous les projets miniers en cours de développement ou prévus autour du bien et de réviser les limites du permis d’exploration accordé à la compagnie SAMA Resources, afin de garantir l’absence de chevauchement avec le bien.

Finalement, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 7A.36

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7A.3, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Prend note des efforts consentis par l’État partie de la Côte d’Ivoire en termes de renforcement de la surveillance ainsi que de réactualisation des limites du bien avec la participation des populations riveraines mais demande à l’État partie de la Côte d’Ivoire de fournir des détails concernant le décret de redéfinition des limites ;
  4. Prend également note des progrès réalisés par l’État partie de la Guinée dans la mise en œuvre du projet d’assistance internationale pour la protection de la biodiversité du bien par une gestion intégrée et participative, financé par le Fonds du patrimoine mondial, encourage l’État partie de la Guinée à poursuivre et renforcer les actions menées mais regrette que le rapport qu’il a fourni n’apporte pas d’informations sur plusieurs mesures demandées par le Comité ;
  5. Prend en outre note du fait que la mise en œuvre des mesures correctives a continué d’être affectée par la crise sanitaire due à l’épidémie d’Ebola et estime néanmoins que la normalisation de la situation sanitaire dans la région devrait permettre aux États parties de reprendre leurs efforts à mettre en œuvre les mesures correctives ;
  6. Réitère ses demandes aux deux États parties de mettre en œuvre un système conjoint de surveillance du bien pour maîtriser toutes les pressions anthropiques, et de s’associer au PNUD et au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour élaborer la deuxième phase du projet Nimba, qui concernerait tout le bien, afin de promouvoir la mise en œuvre des mesures correctives de sauvegarde de l’intégrité du bien ;
  7. Demande également à l’État partie de la Guinée de veiller strictement à l’élaboration de l’étude d’impact environnemental et social (EIES) de la société West Africa Exploration, conformément aux normes internationales comme demandé dans la Décision 37 COM 7A.3 (Phnom Penh, 2013), et de soumettre cette EIES au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN, avant d’autoriser le projet;
  8. Réitère également sa demande à l’État partie de la Guinée d’élaborer une étude stratégique environnementale (ESE), conforme aux normes internationales, devant qualifier et quantifier tous les impacts cumulatifs potentiels des différents projets miniers prévus sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément aux recommandations de la mission de suivi 2013 pour le bien et à la Note de conseil de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, et d’en soumettre les résultats au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN, avant toute décision concernant ces projets, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  9. Réitère en outre sa demande à l’État partie de la Guinée de réviser les limites du permis d’exploration accordé à la compagnie SAMA Resources afin de garantir l’absence de chevauchement avec le bien ;
  10. Demande en outre aux États parties de la Côte d’Ivoire et de la Guinée de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport conjoint actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  11. Décide de maintenir la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire, Guinée) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/16/40.COM/7A, WHC/16/40.COM/7A.Add et WHC/16/40.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :