1.         Ville historique de Zabid (Yémen) (C 611)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2000-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4357

Mesures correctives identifiées

Adoptées; voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1282

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1282

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/611/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-2014)
Montant total approuvé : 188 997 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/611/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 14 000 dollars EU provenant du fonds-en-dépôt italien  et de l'Accord de coopération France-UNESCO 

Missions de suivi antérieures

2002 et 2003 : expertise internationale ; décembre 2004 : mission du Centre du patrimoine mondial ; janvier 2007 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2009 : mission du Centre du patrimoine mondial ; janvier 2011 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/611/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 29 mars 2016, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/611/documents/.

L’État partie rapporte que, outre la détérioration persistante du patrimoine bâti et le délabrement général, le bien continue d’être affecté par des troubles politiques et socio-économiques ainsi que par le conflit armé qui a éclaté en 2015.

Malgré ces défis et le manque de fonds, l’Organisation générale pour la préservation des villes historiques au Yémen (GOPHCY), en coordination avec le bureau de l’UNESCO à Doha et l’ICCROM Athar, a participé à des ateliers à Amman, au Caire et à Tunis portant sur le renforcement des capacités pour faire face aux répercussions de la crise et des conflits persistants. Une réunion d’experts a identifié des mesures d’urgence pour remédier à l’impact du conflit sur le patrimoine yéménite mais les projets résultant de ce travail sont encore à mettre en œuvre.

L’État partie a reconnu les efforts de soutien de l’ICCROM, de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et de l’UNESCO en faveur du renforcement des capacités et du développement des compétences du Yémen, notamment au regard des interventions d’urgence visant à préserver le patrimoine lors d’un conflit, lorsque des experts internationaux ne sont pas en mesure de se rendre sur place.

L’État partie n’a toujours pas pu mettre en œuvre la demande d’assistance internationale pour le « programme de participation communautaire pour un meilleur processus de conservation » (IA2014-2664) en raison de la situation actuelle mais entend l’initier dès que possible avec des ressources locales.

L’État partie a indiqué que le soutien international continue d’être essentiel pour la protection du patrimoine yéménite et pour rendre possible la préparation d’un plan de mesures de conservation, protection et maintenance post-conflit. L’État partie propose par conséquent qu’une conférence internationale soit organisée pour promouvoir l’importance du patrimoine culturel, mettre en lumière les destructions récentes, préparer des propositions techniques et sensibiliser à la nécessité d’un soutien financier pour la mise en œuvre des mesures nécessaires à la protection et conservation du patrimoine culturel du Yémen.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les conditions de sécurité au Yémen continuent d’empêcher la gestion effective du patrimoine de même que les travaux de conservation matérielle au sein du bien. Tout nouveau soutien de bailleurs de fonds est nécessairement limité jusqu’à ce que les conditions de sécurité s’améliorent. En juillet 2015, l’UNESCO a organisé une réunion d’experts qui a élaboré un plan d’action d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine culturel du Yémen, avec des actions à court, moyen et long termes, pouvant être pour partie réalisées par l’État partie avec un soutien technique à distance de l’UNESCO et des Organisations consultatives mais qui demanderaient un soutien financier immédiat.

Le ministère de la Culture n’a pas pu pleinement exercer ses responsabilités pour la protection du patrimoine culturel, en particulier des bâtiments inscrits dans les limites du bien, en réponse aux décisions 38 COM 7A.13 (Doha, 2014) et 39 COM 7A.37 (Bonn, 2015) du Comité.

En raison des conditions de sécurité, il n’a également pas été possible d’avancer dans la préparation du plan d’action résultant du projet de ‘Stratégie nationale pour la préservation des villes, sites et monuments historiques, 2016 – 2020’, qui a été préparé en collaboration avec la GIZ. Les objectifs stratégiques de cette stratégie nationale sont en adéquation avec les éléments du ‘plan d’action d’urgence’ et l’état de conservation souhaité (DSOCR) en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril précédemment adopté par le Comité. Il est hautement souhaitable que ce plan d’action soit préparé en tenant compte des nouveaux développements liés au conflit et du plan d’action d’urgence de l’UNESCO de juillet 2015, revu par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives et mis en œuvre. Toutefois, sans soutien politique ni allocation substantielle de ressources du secteur public, la mise en œuvre du plan d’action peut s’avérer difficile.

Si l’État partie a précisé les limites du bien lors de l’inscription, il lui faut encore finaliser la zone tampon ou soumettre une demande de modification mineure des limites.

L’État partie a précédemment rapporté que des règlements en application de la loi de protection des sites, monuments et villes historiques ainsi que leur patrimoine culturel et urbain, qui a été adoptée en 2013, seraient préparés mais il semble n’y avoir eu aucune mise en œuvre concrète de ces règlements.

Pour des raisons compréhensibles, aucun progrès concret n’a été fait pour atteindre l’état de conservation souhaité mais l’État partie a exprimé son engagement à cet égard, notamment en proposant la participation de la Haute Commission de coordination ministérielle pour Zabid.

Il devient de plus en plus urgent d’enrayer le délabrement de la ville et de garantir que le précieux travail entrepris par la GOPHCY, la GIZ, l’UNESCO et d’autres parties à ce jour puisse se poursuivre. Il serait souhaitable qu’une mission de suivi réactif visite le bien pour évaluer les progrès accomplis vis-à-vis des mesures correctives et émettre des recommandations sur le plan d’action proposé, dès que la situation le permettra.

En attendant que les conditions de sécurité s’améliorent, il serait approprié que la communauté internationale continue d’exprimer son soutien à l’État partie et à la GOPHCY et continue d’apporter, dans la mesure du possible, un soutien technique, pratique et financier.

Décision adoptée: 40 COM 7A.23

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 7A.13, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014) et 39 COM 7A.37 adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Exprime son inquiétude quant aux récents dommages causés au patrimoine culturel du Yémen en conséquence de l’escalade du conflit armé et au fait que la Ville historique de Zabid continue d’être l’objet d’importantes menaces liées à l’absence persistante de soutien organisationnel et de ressources matérielles pour des projets de conservation matérielle ;
  4. Reconnaît les efforts de l’Organisation générale pour la préservation des villes historiques au Yémen (GOPHCY), d’autres entités nationales, des collectivités locales et de la population de Zabid pour protéger et conserver le bien en dépit des conditions très difficiles dans la ville ;
  5. Note avec regret que, en raison des conditions de sécurité au Yémen, il n’a pas été possible de faire avancer le projet de « Stratégie nationale pour la préservation des villes, sites et monuments historiques, 2016 – 2020 » ni de préparer un plan d’action complémentaire et demande à l’État partie de veiller à ce que le plan d’action, une fois préparé, réponde à la situation actuelle et inclue des dispositions pour la conservation des édifices endommagés et la sensibilisation de la communauté locale, et qu’il soit soumis au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Se félicite du soutien constant de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) pour le patrimoine culturel yéménite ;
  7. Invite la communauté internationale à apporter un soutien financier pour la mise en œuvre du plan d’action d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine culturel du Yémen, adopté lors d’une réunion d’experts de l’UNESCO en juillet 2015 ;
  8. Demande également à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien, lorsque les conditions de sécurité se seront améliorées, pour évaluer la situation actuelle sur le bien, examiner les progrès accomplis vis-à-vis des mesures correctives et émettre des recommandations sur le plan d’action ;
  9. Réitère sa demande à l’État partie de communiquer au Centre du patrimoine mondial les détails de la zone tampon et autres exigences techniques comme demandé et de soumettre une proposition de modification mineure des limites d’ici le 1er février 2017, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  11. Décide de maintenir la Ville historique de Zabid (Yémen) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/16/40.COM/7A, WHC/16/40.COM/7A.Add et WHC/16/40.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :