1.         Site de Palmyre (République arabe syrienne) (C 23bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011.

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/23/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-2005)
Montant total approuvé : 81 250 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/23/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total fourni aux six biens syriens du patrimoine mondial :2,46 millions d’euros de l’Union européenne (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn (pour le patrimoine culturel en situation de conflit) ; 170 000 dollars EU du Gouvernement flamand (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 63 000 euros du Gouvernement autrichien (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel)

Missions de suivi antérieures

Avril 2016 : mission d’évaluation rapide du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

Depuis mars 2011 :

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/23/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Les rapports indiquent que jusqu’au 21 mai 2015, les forces militaires syriennes contrôlaient le site et avaient pris des mesures pour le protéger, y compris la coopération avec les communautés locales pour récupérer plus de quatre cents artefacts qui avaient été pillés sur le site, mais qu’après la perte de contrôle du site, la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) pouvait seulement documenter les dommages et faire prendre conscience de leur importance au plan national et international. Ils indiquent également que le site a été en grande partie, mais pas complètement, déminé et que la recherche de pièges et le déminage continuent.

Le rapport confirme les dommages enregistrés par l’imagerie satellite et les vidéos de propagande, à savoir la destruction de la statue du Lion d’Athéna (juin 2015), l’explosion du temple de Ba’al-Shamin (23 août 2015), de la cella et des colonnes autour du temple de Ba’al (30 août 2015), de l’arc triomphal (4 octobre 2015), ainsi que trois colonnes de la grande colonnade (26 octobre 2015). Toutefois, la DGAM n’a pas eu accès à la Vallée des tombes, ni à la nécropole sud-ouest et la nécropole sud-est pour évaluer la destruction et le pillage des tours-tombeaux funéraires dans la zone tampon, visibles sur les images satellite de septembre 2015 et mars 2016. De même, les dommages causés à la citadelle mamelouke, communément appelée château de Fakhr-al-Din al-Ma’ani, n’ont pu être constatés qu’avec des photos puisque l’édifice est aujourd’hui inaccessible. Le rapport affirme que la citadelle semble être en assez bon état général, mais l’on peut voir quelques éboulements dans la partie nord-est et d’importantes zones d’effondrement dans la partie sud-est ; des explosifs mis à feu à l’entrée du château ont détruit l’escalier de l’entrée. Le rapport indique que beaucoup de ruines de la cité antique sont restées intactes, comme le tétrapyle, l’amphithéâtre, l’agora, les bains, le camp de Dioclétien et le decumanus à colonnades. Il ajoute que les éléments existants qui traînent sur le sol à la suite d’explosions, pourraient être suffisants pour permettre de faire des travaux de consolidation et de restauration avec les éléments d’origine, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une reconstruction massive. Avec l’appui d’une équipe de professionnels, la DGAM a aussi entrepris une documentation photographique détaillée du site en utilisant une technologie de pointe et une photogrammétrie 3D du temple de Ba’al ; puis elle a identifié un certain nombre de mesures d’urgence à appliquer, en particulier au musée, et les actions requises pour prévenir l’effondrement potentiel de structures du site et entend mener ses actions futures à Palmyre en pleine concertation avec les institutions scientifiques internationales.

L’ancien Directeur du bureau de la DGAM à Palmyre, l’archéologue Khaled al-Assaad, a été sauvagement assassiné par les groupes armés en août 2015.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Voir Décision générale 40 COM 22 de ce document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

La Directrice générale de l’UNESCO a décidé d’envoyer une mission d’évaluation rapide menée par l’UNESCO. La mission s’est rendue à Palmyre le 25 avril 2016 et a confirmé la destruction et les dommages substantiels décrits dans les rapports de l’État partie, en particulier aux temples de Ba’al et de Ba’al-Shamin, et à l’arc triomphal. Les attributs du bien restants offrent un excellent témoignage du tracé urbain de Palmyre et de sa relation avec les paysages de désert et d’oasis alentour. L’évaluation et la documentation que poursuit la DGAM est louable et indispensable ; la mission a proposé des actions à court, moyen et long termes pour le bien et son musée, tout en notant l’urgence du financement pour accomplir cette tâche. Le rapport complet de la mission est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/23/documents.

Les futurs plans de la DGAM pour le bien seront préparés en étroite concertation avec la communauté scientifique internationale, avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Même s’il est reconnu que certaines pressions existent pour intervenir rapidement afin de réparer les dégâts, le bien exigera, avant toute intervention, des études détaillées et un travail de terrain approfondi, ainsi qu’une discussion sur la définition des approches optimales et des considérations allant au-delà des problèmes techniques, y compris les conditions adéquates sur le terrain. Les discussions sur la manière dont pourrait s’effectuer la restauration et si une anastylose pourrait ou non être envisagée, doivent reposer sur une vaste consultation entre les parties prenantes au niveau national et engager la coopération internationale ainsi qu’une étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

En attendant, il est à noter que les actions en cours doivent se limiter à l’évaluation des dommages, la documentation et les mesures d’urgence.

22.     Décision générale sur les biens dupatrimoine mondial de la République arabe syrienne

Le conflit armé en Syrie a débuté en mars 2011 et n’a cessé de s’intensifier en conduisant à une grande violence et à la détérioration des conditions humanitaires. Depuis la 39e session du Comité du patrimoine mondial (Bonn, 2015), le conflit armé a causé de sérieux dommages aux biens inscrits, tout comme aux douze sites inscrits sur la Liste indicative, liés aux tirs d’artillerie, aux combats de rue, aux explosions souterraines, aux fouilles illégales étendues, à un usage militaire, aux violations de construction, aux exploitations de carrières, ajouté à des destructions intentionnelles et à une utilisation inappropriée de sites archéologiques par les populations déplacées à l’intérieur de leur pays. 

L’État partie a soumis un rapport actualisé pour l’Ancienne ville d’Alep en 2015 et le 5 février 2016, un rapport sur l’état de conservation contenant des informations détaillées sur la destruction et les dommages causés aux six biens du patrimoine mondial. Ces rapports représentent une déclaration officielle des autorités syriennes et rassemblent les informations dont disposent les services de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM), les communautés locales et les médias sociaux jusqu’au 31 décembre 2015. L’État partie a également soumis un rapport d’évaluation des dommages à Palmyre le 4 mai 2016, puis un autre le 11 mai 2016 sur le quartier d’al-Asrooniyah dans l’Ancienne ville de Damas, qui a été détruit par un incendie ; tous ces rapports sont disponibles à : https://whc.unesco.org/fr/sessions/40COM/documents. L’État partie note que l’accès sur le terrain en Syrie est limité pour les experts du patrimoine et qu’il est impossible de mesurer avec précision toute l’ampleur du préjudice qu’ont subi les biens du patrimoine mondial. Par conséquent, les rapports ne donnent pas d’informations de première main sur tous les sites, en particulier l’Ancienne ville d’Alep et l’Ancienne ville de Bosra, et ne permettent donc pas d’avoir une bonne compréhension de l’étendue du dommage causé aux biens. Pour la préparation des rapports sur l’état de conservation pour le Comité du patrimoine mondial, un complément d’information a été sollicité auprès des organisations de la société civile, des organisations internationales, des experts locaux et des médias afin de compléter les données officielles.

L’État partie a rendu compte du travail réalisé par la DGAM en dépit des conditions de travail difficiles, pour surveiller les biens du patrimoine mondial et le patrimoine culturel en général, évaluer les dégâts, entreprendre des actions d’urgence en matière de conservation et d’atténuation des risques chaque fois que possible et inventorier le patrimoine bâti et mobilier.

Le 28 mars 2016, l’État partie a fourni des informations à jour à propos de la conservation des sites inscrits sur la Liste indicative, indiquant ce qui suit :

Activités entreprises par l’UNESCO

Depuis la 39e session du Comité du patrimoine mondial (Bonn, 2015), l’UNESCO a poursuivi ses actions afin d’aider l’État partie dans ses efforts soutenus et incessants visant à sauvegarder le patrimoine culturel.

Au niveau international, l’UNESCO continue à sensibiliser la communauté internationale à la destruction du patrimoine culturel en Syrie, notamment à travers la campagne #Unite4Heritage et dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2199 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (UNSC), adoptée le 12 février 2015.

Au niveau national, l’UNESCO a poursuivi ses activités afin de surveiller la situation du patrimoine culturel syrien, sensibiliser à sa protection, entreprendre des actions à court, moyen et long terme pour le sauvegarder et coordonner le travail des instances nationales et internationales qui agissent en faveur de sa sauvegarde.

Dans le cadre du projet financé par l’Union européenne “Sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien” (2,46 millions d’euros), cofinancé par la Flandre et l’Autriche, lancé en mars 2014 et mis en œuvre en partenariat avec l’ICOMOS et l’ICCROM, les activités suivantes ont été entreprises :

Le Centre du patrimoine mondial a organisé une réunion technique avec un groupe d’experts multidisciplinaires pour réfléchir au problème de la reconstruction post-conflit dans le contexte du Moyen-Orient et dans l’Ancienne ville d’Alep en particulier, au Siège de l’UNESCO, les 18 et 19 juin 2015. La réunion a formulé des recommandations fondamentales et des recommandations opérationnelles dans le cadre d’un plan d’action.

L’UNESCO a effectué une mission d’évaluation rapide à Palmyre le 25 avril 2016, au cours de laquelle a également eu lieu une visite de l’Ancienne ville de Damas. La mission a permis de discuter de l’évaluation du préjudice, de la documentation et des mesures de première nécessité à Palmyre et au musée de Palmyre et a proposé des actions à court, moyen et long terme.

L’UNESCO a organisé, avec l’appui du Gouvernement allemand, la deuxième réunion pour la sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel de la Syrie, à Berlin, du 2 au 4 juin 2016. La réunion avait pour but de faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action de l’UNESCO, adopté par la réunion internationale d’experts intitulée “Mobiliser la communauté internationale pour sauvegarder le patrimoine culturel de la Syrie” qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO en mai 2014. La réunion était également destinée à rassembler toutes les parties prenantes afin d’identifier les lacunes dans la sauvegarde du patrimoine bâti, mobilier et immatériel syrien, coordonner la documentation actuelle au niveau national et international, l’évaluation du préjudice et les efforts en termes de renforcement des capacités et définir les prochaines étapes axées sur les futurs plans d’urgence et de protection.

La situation du conflit armé en Syrie dont l’escalade est incessante a eu une incidence sur les six biens du patrimoine mondial et a considérablement limité les capacités d’assurer de manière adéquate le maintien et la protection de leur valeur universelle exceptionnelle (VUE). Les biens sont de plus en plus menacés par un danger prouvé précis et imminent, en particulier l’Ancienne ville d’Alep dont la destruction s’est étendue et accélérée et qui court le risque de subir d’autres destructions irréversibles. De plus, Palmyre est restée sous le contrôle de groupes armés du 21 mai 2015 au 27 mars 2016, qui ont infligé une violence insupportable à la population et des pertes inestimables au bien et ont assassiné le Dr Khaled al-Assaad, ancien directeur du site.

Les fouilles illégales menées sur les tells et les sites archéologiques en Syrie sont l’une des principales sources du trafic illicite d’objets culturels et causent des dommages importants et irréversibles à ces sites, qui figurent pour la plupart sur la Liste indicative de la Syrie, de même qu’elles procurent des artefacts pillés et vendus au marché noir régional et international.

Il est recommandé de saluer les efforts soutenus que la DGAM et tous les professionnels du patrimoine en Syrie et les communautés locales ont déployés pour protéger le patrimoine culturel et le surveiller de près.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultative continueront à soutenir l’État partie dans l’identification des mesures correctives nécessaires et la mise au point de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), dès que la situation le permettra. Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS se rendra à Damas fin 2016 et inclura d’autres biens accessibles selon les règles de sûreté et de sécurité des Nations Unies.

Par ailleurs, il est recommandé qu’une documentation systématique de tout le préjudice causé aux biens du patrimoine mondial soit dûment poursuivie dès que la situation le permettra et que le Comité du patrimoine mondial réitère son appel à l’État partie pour qu’il sauvegarde le bien endommagé grâce à des interventions minimales de premiers secours pour prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles et s’abstenir de prendre d’autres mesures jusqu’à ce que la situation permette le développement d’une stratégie globale et d’un plan d’action qui répondent aux normes internationales et à des méthodes scientifiques de haute qualité.

S’agissant des interventions post-conflit, il est recommandé que le Comité appelle l’État partie à planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

Il convient de noter que la DGAM suit les décisions et les recommandations du Comité du patrimoine mondial et a entamé un dialogue direct et transparent concernant les futures interventions, notamment à Palmyre. Il est recommandé d’inviter les professionnels du patrimoine aux niveaux international et national de rester unis pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie.

Jusqu’à ce que les conditions s’améliorent, il est également recommandé que le Comité du patrimoine mondial exhorte toutes les parties associées au conflit en Syrie à s’abstenir de tout acte susceptible de porter davantage préjudice au patrimoine du pays, en particulier aux biens du patrimoine mondial et à tous les sites inclus dans la Liste indicative et à remplir leurs obligations en vertu du droit international en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’évacuation des biens du patrimoine mondial utilisés à des fins militaires et l’arrêt de toutes les dégradations qui résultent du fait de cibler des biens du patrimoine mondial. Il est en outre recommandé que le Comité du patrimoine mondial appelle toutes les parties associées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à assurer des mesures effectives pour la lutte contre le trafic illicite d’objets culturels, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Décision adoptée: 40 COM 7A.21

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.36 adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e (Bonn, 2015) sessions,
  3. Prenant en compte la décision 40 COM 7A.22 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne, adoptée à sa 40e session (Istanbul, 2016),
  4. Condamne les actes délibérés de destruction au sein du bien et déplore les dommages considérables aux attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  5. Reconnaît le travail de documentation et d’évaluation des dommages qu’a entrepris la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) sur le site et au musée, ainsi que la mission d’évaluation rapide envoyée par la Directrice générale de l’UNESCO ;
  6. Note avec inquiétude la pression pour agir vite afin de réparer les dommages au site, et considère qu’avant toute intervention de restauration, le bien exigera des études détaillées et un travail de terrain approfondi, mais aussi des discussions sur la définition d’approches optimales, ainsi que des considérations allant au-delà des problèmes techniques, y compris les conditions adéquates sur le terrain ;
  7. Se félicite de l’engagement pris d’élaborer des plans de redressement du bien en étroite concertation avec la communauté scientifique internationale et souligne la nécessité de veiller à ce qu’il y ait aussi une large consultation entre les parties prenantes au niveau national, ainsi qu’une étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et de disposer d’un délai suffisant pour l’achèvement de l’ensemble du processus ;
  8. Réaffirme sa position à savoir qu’entre-temps l’État partie devrait sauvegarder Palmyre en menant des interventions minimales de première nécessité pour prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles ;
  9. Appelle la communauté internationale à accorder une aide financière en faveur des mesures d’urgence qui sont requises sur le site ;
  10. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif à procéder à une évaluation globale de l’état de conservation du bien et à identifier les mesures qui s’imposent pour prévenir la désintégration et assurer la conservation et la protection du bien, dès que la situation sécuritaire le permettra ;
  11. Décide de maintenir le Site de Palmyre (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 40 COM 7A.22

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.34 adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e sessions (Bonn, 2015),
  3. Déplore la situation conflictuelle qui prévaut dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prend acte du rapport présenté par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des rapports actualisés sur l’évaluation des dommages à Palmyre et l’incendie de l’Ancienne ville de Damas et exprime sa profonde inquiétude face au préjudice causé et les menaces qui pèsent sur ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties prenantes dans la situation en Syrie de s’abstenir d’entreprendre toute action qui pourrait causer d’autres préjudices au patrimoine culturel du pays et de remplir leurs obligations en vertu du droit international en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’arrêt de toutes les dégradations qui résultent du ciblage de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel, ainsi que la réutilisation illégale de matériel archéologique et de constructions neuves inappropriées ;
  6. Exhorte également l’État partie à adopter des mesures contre l’utilisation des biens du patrimoine mondial à des fins militaires ;
  7. Prie en outre l’État partie de sauvegarder les biens endommagés en menant des interventions minimales de première nécessité, prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles et s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de reconstruction jusqu’à ce que la situation permette de mettre au point des actions et des stratégies de conservation globales, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel venant de Syrie, en application de la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en février 2015 ;
  9. Réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager de ratifier le deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  10. Salue la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui travaillent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles et adresse ses très sincères condoléances aux familles des professionnels du patrimoine qui ont perdu la vie ;
  11. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages qu’ont subis les biens du patrimoine mondial dès que les conditions le permettront et d’appliquer toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, étudier l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification de mesures correctives pour les six biens qui devraient être examinées par la deuxième réunion proposée pour la sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel de la Syrie et la mission conjointe proposée Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif et élaborées en consultation avec les Organisations consultatives, dès que la situation sécuritaire le permettra ;
  12. Fait appel à la communauté internationale pour continuer à soutenir la sauvegarde du patrimoine culturel syrien grâce à des fonds réservés ;
  13. Appelle également les professionnels du patrimoine culturel international et national à s’unir pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives en coordination avec l’UNESCO ;
  14. Prend acte de l’invitation de l’État partie d’une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif en Syrie afin d’évaluer l’état de conservation des biens accessibles, en application des règles de sécurité des Nations Unies, et élaborer, en consultation avec l’État partie, un plan d’action priorisé pour leur récupération ;
  15. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, des rapports actualisés sur l’état de conservation des biens et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.

Décision adoptée: 40 COM 8B.37

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les documents WHC/16/40.COM/8B.Add et WHC/16/40.COM/INF.8B1.Add,
  2. Notantque la proposition de modification mineure des limites a été reçue après la date limite fixée, accepte à titre exceptionnel de l'examiner ;
  3. Renvoie la zone tampon proposée du Site de Palmyre, République arabe syrienne, à l’État partie afin de lui permettre de :
    1. clarifier les délimitations proposées,
    2. définir clairement le degré de protection assuré par les diverses zones protégées,
    3. s’assurer que la protection offerte par la zone tampon par rapport au bien comprend non seulement des paramètres visuels mais reconnaît aussi des attributs liés à la valeur universelle exceptionnelle tels que les palmeraies, Wâhat, les canalisations souterraines, Qanât-s, les carrières, les vestiges des routes caravanières et des sites archéologiques,
    4. fournir de plus amples détails sur la manière de définir les limites du développement urbain.

Décision adoptée: 40 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/16/40.COM/7A, WHC/16/40.COM/7A.Add et WHC/16/40.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

Décision adoptée: 40 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/8D,
  2. Rappelant la décision 39 COM 8D, adoptée lors de sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties pour la clarification des limites de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les Organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription demeurent non-définies ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies fournies par les États parties pour les biens suivants et telles que présentées en Annexe du Document WHC/16/40.COM/8D :

    AMERIQUE LATINE ET CARAÎBES

    • Belize : Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize ;
    • Cuba : Vieille ville de La Havane et son système de fortifications ;
    • Mexique : Cité préhispanique de Teotihuacan ;
    • Pérou : Parc national de Huascarán ;
    • Venezuela (République bolivarienne du) : Coro et son port ;

    ÉTATS ARABES

    • République arabe syrienne : Site de Palmyre ;

    EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

    • Allemagne: Le Bauhaus et ses sites à Weimar et Dessau ; Monuments commémoratifs de Luther à Eisleben et Wittenberg ;
    • Canada : Parc provincial Dinosaur ;
    • Croatie : Parc national Plitvice ;
    • Espagne : Grotte d’Altamira et art rupestre paléolithique du nord de l’Espagne; Las Médulas ; La Lonja de la Seda de Valence ; Monastères de San Millán de Yuso et de Suso ;
    • États-Unis d’Amérique : La Fortaleza et le site historique de San Juan National à Porto Rico; Site historique d'État des Cahokia Mounds; La culture chaco ;
    • Fédération de Russie : Le Kremlin et la place Rouge, Moscou ;
    • France : Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ; Places Stanislas, de la Carrière et d'Alliance à Nancy ;
    • Italie : Ville de Vérone ;
    • République Tchèque : Colonne de la Sainte-Trinité à Olomouc ; Château de Litomyšl;
    • Saint-Siège : Cité du Vatican ;
    • Suède : Skogskyrkogården ;

  6. Demande aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation le plus rapidement possible, et avant le 1 décembre 2016 au plus tard, afin de les soumettre, si les conditions techniques sont remplies, à la 41e session du Comité du patrimoine mondial en 2017.