1.         Ville historique d’Ayutthaya (Thaïlande) (C 576)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/576/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/576/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril/mai 2014: mission de conseil de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/576/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Du 28 avril au 2 mai 2014, l’ICOMOS a mené sur invitation de l’État partie, une mission de conseil sur le territoire du bien, mission qui a permis d’identifier les menaces suivantes  : détérioration liée à l’ancienneté du bien, impacts tant directs qu’indirects des graves inondations de 2011, nombre insuffisant d’artisans disposant d’un haut niveau de compétences et de connaissances traditionnelles pour les activités de conservation, inquiétude quant à la qualité des travaux de restauration entrepris suite aux inondations.

Le 11 mars 2015, l’État partie a soumis une réponse au rapport de la mission de conseil de l’ICOMOS. Les points suivants sont évoqués :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

En réponse aux préoccupations exprimées sur la qualité des travaux de restauration, entrepris avec précipitation au cours de l’année fiscale 2012, suite aux graves inondations de 2011, l’ICOMOS a mené une mission de conseil sur le territoire du bien, a examiné l’état de conservation du bien, et a, surtout, évalué l’impact de ces graves inondations et prodigué des conseils techniques à l’État partie sur les travaux de conservation et les mesures de protection.

Les dommages causés par les inondations sur les éléments architecturaux des ruines ont été jugés dérisoires. Toutefois, les inondations ont causé des dégâts considérables aux peintures murales qui se sont détachées. La mission a suggéré l’application d’une résine sur les peintures murales afin de stopper ce phénomène provoqué par le contact avec des cristaux de sel, et la construction d’un système intérieur de drainage pour assurer l’évaporation vers l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur des bâtiments. Les autorités ont besoin de conseils de spécialistes et de renforcement de capacités pour réaliser ces travaux. De nombreuses mesures palliatives ont été suggérées et devraient être étudiées par les autorités. Dont, notamment, la construction de murs de protection, l’aménagement paysager afin de réduire la pression de l’eau lors des inondations, l’examen et l’étude de techniques et de savoirs traditionnels. La reproduction des murailles de la ville est également envisagée. 

Un plan global de conservation et d’utilisation du bien devrait être élaboré et des experts et spécialistes de diverses disciplines devraient être impliqués dans la mise à jour du schéma directeur. À cette fin, les autorités devraient envisager l’organisation d’un symposium international qui réunirait les universitaires, le FAD et les praticiens de la conservation afin de débattre de la philosophie à adopter pour la conservation des sites en briques, de la prévention des inondations, et des mesures de conservation et de gestion du bien, et ce, afin de s’assurer que les interventions en cours sont bien conformes aux directives internationales en matière de conservation. Le symposium pourrait également constituer une bonne occasion de débattre et de convenir de principes pour l’élaboration d’un plan de gestion intégrée du site qui aborderait les questions liées à la protection des monuments, sites et du cadre historique du bien.

Les nombreuses interventions sur le bien (on recense plus de 100 monuments sur le site) souffrent d’un manque de savoir-faire et de documentation. Par ailleurs, les informations concernant ces projets n’ont pas été soumises au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations. En conséquence, la mission suggère donc que les attributs portant la VUE, l’importance des matériaux et de l’artisanat et les principes d’une intervention minimale soient clairement compris et assimilés afin que les travaux prévus respectent l’authenticité et l’intégrité du bien. Pour cette raison, des programmes de formation devraient être mis en place de toute urgence afin d’améliorer les compétences et l’expertise des artisans en charge des activités de conservation. Il est également recommandé que les approches en matière de conservation se fondent sur des principes scientifiques de conservation et respectent le recours aux matériaux et connaissances traditionnels. En outre, un laboratoire scientifique sera nécessaire pour appuyer les procédures de restauration et de conservation. Il s’avère que des temples récents ont été construits sur les sites historiques, ce qui a un impact sur la VUE du bien. Bien que le FAD n’ait aucune compétence dans ce domaine, un contrôle approprié, conforme à la politique nationale en matière de protection du patrimoine culturel et des biens du patrimoine mondial, doit être mis en   place.

Décision adoptée: 39 COM 7B.71

Décision : 39 COM 7B.71

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 8E, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012), adoptant la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien,
  3. Prend acte des informations communiquées par l’État partie et des mesures prises en réponse aux inquiétudes exprimées sur la qualité des travaux de restauration, entrepris en 2012 suite aux inondations, et les conclusions de la mission de conseil de l’ICOMOS, ainsi que le projet d’étude et d’élaboration d’une modélisation des inondations, afin de soumettre des mesures de réduction des risques d’inondations pour la Ville historique d’Ayutthaya, avec le soutien du Centre du patrimoine mondial et du bureau de l’UNESCO à Bangkok;
  4. Recommande à l’État partie de mettre en place, de toute urgence, des programmes de formation destinés à améliorer les compétences et l’expertise des artisans en charge des activités de conservation, et de s’assurer que les approches en matière de conservation se fondent sur des principes scientifiques de conservation et respectent le recours aux matériaux et compétences traditionnels;
  5. Demande à l’État partie d’élaborer un plan général de conservation et d’utilisation du bien avec l’aide d’experts et de spécialistes de différentes disciplines, et, par conséquent, de mettre à jour le plan de gestion du site;
  6. Encourage l’État partie à organiser un symposium international, en collaboration avec l’UNESCO et les Organisations consultatives, ainsi que des universitaires et des praticiens internationaux de la conservation pour débattre sur la philosophie à adopter en matière de conservation des sites en brique ;
  7. Demande également à l’État partie de s’abstenir de toute nouvelle construction sur le territoire du bien et de son cadre, en particulier dans la zone portant l’empreinte de la ville historique, susceptible d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et de veiller à ce que des mécanismes de contrôle adaptés soient mis en place, conformément à la politique nationale de protection du patrimoine culturel et des biens du patrimoine mondial;
  8. Invite l’État partie à remettre au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées sur les projets de restauration envisagés dans le cadre des interventions post-inondations et, de façon générale, sur tous les grands projets prévus sur le territoire du bien et de sa zone tampon, pour examen par les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.