1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; décembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 26 janvier 2015, lequel disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/.

À la demande du Comité, l’État partie a rendu compte des amendements apportés au Cadre national de la politique de planification (NPPG) au cours de l’année passée. Les autres mesures que l’État partie a prises pour améliorer la protection du bien comprennent des instruments tels que :

L’État partie a par ailleurs rapporté que les projets de Nine Elms Regeneration Development Market Towers, Vauxhall Cross et Vauxhall Island Site ont été approuvés, et qu’il n’est pas possible pour l’État partie d’empêcher la mise en œuvre des permis qui ont été accordés. De plus, il est confirmé que la première tour à Vauxhall a été achevée. L’État partie a pris note de l’avis d’English Heritage, selon lequel l’impact de ce projet sur l’environnement du bien du patrimoine mondial et sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) est préjudiciable, essentiellement pour les vues depuis Westminster Bridge vers l’ouest – vues déjà affectées depuis 1963 par la Millbank Tower. L’État partie a également indiqué que d’autres phases de construction du projet Nine Elms Regeneration Development Market Towers seraient programmées pour début 2015.

Enfin, l’État partie a rappelé que, même si English Heritage a émis de vives objections au projet d’aménagement d’Elizabeth House – essentiellement inquiet de voir endommagés de manière substantielle et inacceptable la VUE, le cadre et les vues depuis le site du patrimoine mondial – le comité de planification de Lambeth a décidé d’octroyer une autorisation de planification au projet en décembre 2014. En mars 2015, le Département des Communautés et du Gouvernement Local (DCLG) a confirmé l’octroi du permis et par voie de fait la mise en œuvre du projet.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il est noté que l’État partie n’a pris aucune mesure ni pour revoir ni pour intervenir dans les projets d’aménagement de Nine Elms Regeneration Development Market Towers, Vauxhall Cross et Vauxhall Island Site, qui sont à un stade de construction avancé et auront, selon l’avis d’English Heritage, un impact préjudiciable sur la VUE du bien. Cet impact sera particulièrement perceptible dans les vues vers l’ouest depuis Westminster Bridge où, en plus de la Millbank Tower (haute de 118 m), les nouveaux aménagements contribueront par leur irrégularité à un sentiment d’enfermement de cette vue majeure.

Il est également noté qu’un permis a été octroyé pour le projet d’aménagement d’Elizabeth House, ce qui aura un impact négatif substantiel sur les vues majeures sur et depuis le bien du patrimoine mondial.

Bien que les textes et cadres règlementaires semblent être renforcés, et bien que les autorités continuent d’élaborer une série de guides en matière de planification, supposés améliorer les procédures liées aux obligations découlant du paragraphe 172 des Orientations, peu d’éléments permettent de prouver que ceux-ci ont un impact sur la protection du bien et de son environnement face au développement urbain dynamique de la zone métropolitaine de Londres où ils se situe.

Au palais de Westminster, il est indiqué que d’importants travaux de conservation et de réparation sont envisagés, en particulier en ce qui concerne ses équipements techniques intérieurs. Il est recommandé que l’État partie soumette les détails de ces projets dès qu’ils sont disponibles, en s’appuyant sur les résultats d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP).

Les nouvelles propositions de projets d’aménagements signalées dans le rapport, telles que la construction d’une tour d’accès au Triforium dans l’abbaye de Westminster où la création d’un nouveau musée et espace d’exposition est envisagée pour 2018, devront également être évaluées par les Organisations consultatives.

L’État partie n’a pas rendu compte de progrès concernant la révision du plan de gestion pour le bien.

Considérant le manque apparent d’un cadre d’aménagement urbain pour le bien et son environnement, avec pour conséquences que tout nouvel aménagement doit être géré individuellement, que les aménagements sont approuvés contre l’avis d’English Heritage, et que l’impact cumulé d’aménagements récents et envisagés commence à avoir des effets négatifs sur les vues majeures sur et depuis le bien, sa VUE et son intégrité, il est par conséquent recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif ICOMOS/ICCROM d’ici novembre 2015.

Décision adoptée: 39 COM 7B.87

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.90 et 38 COM 7B.36, adoptées à ses 37e (Phnom Penh, 2013) et 38e (Doha, 2014) sessions respectivement,
  3. Prend note des efforts de l’État partie pour renforcer les cadres stratégique et de planification au moyen de documents d’orientation, mais note néanmoins que le cadre d’aménagement urbain semble toujours inadéquat pour gérer les développements dans l’environnement du bien, avec pour conséquence que des aménagements approuvés contre l’avis d’English Heritage commencent à avoir un impact négatif cumulé ;
  4. Regrette vivementque l’État partie ne se soit pas conformé aux demandes formulées dans la décision 38 COM 7B.36 de veiller à ce que les projets de Nine Elms Regeneration Development Market Towers, Vauxhall Cross et Vauxhall Island Site soient révisés, et note avec inquiétude qu’ils sont en cours de construction, sans que le projet ait fait l’objet d’un nouvel examen au vu des préoccupations exprimées par English Heritage ;
  5. Note également avec grande inquiétude qu’il n’a été procédé à aucun réexamen du projet d’aménagement d’Elizabeth House concernant son architecture et sa taille, et demande à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de l’évolution du projet ;
  6. Note en outre que l’absence de cadre d’aménagement urbain engendre la nécessité d’évaluer les projets de manière individuelle et demande également à l’État partie de veiller à ce que, conformément au paragraphe 172 des Orientations, tout projet de grande envergure susceptible d’être proposé à l’avenir dans l’environnement immédiat et plus étendu du bien du patrimoine mondial soit soumis au Centre du patrimoine mondial dès que possible, avant qu’une quelconque décision ne soit prise ;
  7. Prend note également que d’importants travaux de conservation sont envisagés pour le palais de Westminster et demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial les détails de ce projet dès qu’ils seront disponibles pour examen, en s’appuyant sur les résultats d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), réalisée conformément au Guide de l’ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens du patrimoine mondial ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie de finaliser la révision du plan de gestion pour le bien dès que possible ;
  9. Demande de plus à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif ICOMOS / ICCROM pour évaluer l’étendue des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien résultant de la mise en œuvre des projets susmentionnés et d’autres projets d’aménagements en cours , et pour identifier les possibilités d’obtenir un renforcement de la protection du bien, notamment par le biais de cadres de planification et de structures de gestion ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.