1.         Le Kremlin et la place Rouge, Moscou (Fédération de Russie) (C 545)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (i)(ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2007: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; Octobre 2014 : mission de conseil de l’ICOMOS   

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 30 janvier 2015, l’État partie a soumis une précision du tracé des limites du bien ainsi qu’un rapport détaillé sur l’état de conservation qui rend compte des progrès accomplis dans la mise en œuvre des précédentes décisions du Comité. Un résumé analytique du rapport de l’État partie est disponible à l'adresse suivante: https://whc.unesco.org/fr/list/545/documents/.

Le rapport de l’État partie rend compte des efforts entrepris pour donner suite aux différentes recommandations en matière de protection et de conservation du bien.

L’État partie précise que des modifications sont actuellement apportées à la réglementation afin que le bien et sa zone tampon soient mieux protégés d’aménagements et d’utilisations qui lui seraient préjudiciables. En outre, il est prévu que le plan de gestion soit achevé en 2016. Un nouveau projet de zones de protection du bien est actuellement en cours d’élaboration avant d’être soumis à adoption. Il prévoit notamment des réglementations en matière d’occupation des zones et de planification urbaine afin de garantir une protection réglementaire contre des projets urbains, des activités économiques ou de tout autre type, susceptibles d’avoir un impact négatif sur le bien et sa zone tampon.

En mai 2014, l’État partie a organisé un séminaire international sur le thème « Patrimoine mondial : sauvegarde, gestion, popularisation ». Il s’est tenu au Musée du Kremlin avec le soutien du Bureau de l’UNESCO à Moscou.

L’État partie a également confirmé un certain nombre de travaux préparatoires prévus dans les limites du bien et concernant la reconstruction de bâtiments autrefois détruits sur le territoire du Kremlin. Le 16 septembre 2014, pour la première fois, l’Etat partie a transmis au Centre du patrimoine mondial des informations sur le projet de démolition du bâtiment du Présidium du Kremlin (B14) ainsi que sur la création d’un parc temporaire de fouilles archéologiques sur le territoire du bien. En octobre 2014, la mission de conseil de l’ICOMOS, invitée par l’État partie, a évalué le projet de démolition du bâtiment B14 et l’impact potentiel de la reconstruction prévue sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et a fait un certain nombre de recommandations. Le rapport de mission est disponible à l'adresse suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/545/documents/.

L’État partie rend également compte d’un projet d’ensemble architectural pour les musées du Kremlin de Moscou adjacents au bien. Ce projet prévoit la reconstruction et l’adaptation d’un bâtiment existant, les galeries marchandes intermédiaires (5, place Rouge) et la construction d’un nouveau bâtiment dans la cour. La partie souterraine du nouveau bâtiment accueillera un complexe destiné aux archives avec des zones de stockage et un parking. L’État partie confirme qu’une évaluation de l’impact de ce projet de construction sur le bien est en cours de préparation.

Des informations sont également communiquées sur le système de gestion en place ainsi que sur l’achèvement de divers projets de restauration tels que les remparts et les tours du Kremlin et les travaux de maçonnerie à la Cathédrale de l’Archange Michel.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il est pris acte des efforts entrepris par l’État partie pour élaborer une série de mesures juridiques et de mécanismes de protection. Il est recommandé au Comité d’encourager l’État partie à adopter toutes les mesures visant à accroitre les niveaux de protection du bien et de sa zone tampon, et à les mettre en œuvre dès que possible.

Pour la première fois depuis l’inscription du bien, l’État partie a détaillé de manière très précise tous les travaux de restauration et toutes les réparations réalisés ou prévus. Les progrès accomplis dans l’élaboration du plan de gestion sont accueillis avec satisfaction. Il est recommandé au Comité d’encourager l’État partie à soumettre le projet de plan de gestion au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’ICOMOS. Il conviendrait de noter que le projet d’amendement à la Loi fédérale sur la patrimoine culturel de la Fédération de Russie, rédigé par les autorités nationales compétentes suite à la 36e session du Comité du patrimoine mondial en 2012, est toujours en cours d’examen par les organes gouvernementaux concernés. Il est également noté que l’adoption du régime particulier de protection réglementaire de tous les monuments-composantes du bien est prévue d’ici 2016.

Un certain nombre de projets sont proposés, tels que la reconstruction des bâtiments du Kremlin autrefois détruits sur le territoire du Kremlin et la création d’installations supplémentaires pour les Musées du Kremlin de Moscou dans les galeries commerciales intermédiaires (place Rouge).

La mission de conseil de l’ICOMOS a fait un certain nombre de recommandations à l’État partie en ce qui concerne la démolition du bâtiment 14 qui est jugée acceptable. La mission a cependant fortement déconseillé la reconstruction des bâtiments historiques détruits en 1929-1930 en raison de l’impact que ce projet aurait sur la VUE du bien, en particulier sur son intégrité et son authenticité. Compte tenu de l’importance potentielle des couches archéologiques que l’on estime dater du 12e siècle, l’État partie devrait être encouragé à créer un parc archéologique qui donnera des informations et des éléments d’interprétation sur les couches archéologiques non explorées à ce jour. En conséquence, il recommandé au Comité de demander à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial la documentation complémentaire, telle que spécifiée dans le rapport de la mission de conseil de l’ICOMOS, pour examen par les Organisations consultatives.

La mission a par ailleurs relevé l’absence de schéma directeur urbain et de plan de conservation qui orienteraient et planifieraient tous les travaux de conservation sur le territoire du bien. Il est donc suggéré qu’un conseil de coordination soit établi, comme recommandé par la 32e session du Comité et qu’un schéma directeur urbain soit élaboré de façon prioritaire.

Enfin, il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les détails et spécificités techniques, y compris les évaluations d’impact sur le patrimoine, de tous les projets, envisagés sur le territoire du bien et de sa zone tampon, susceptibles d’avoir un impact négatif sur la VUE du bien.

Décision adoptée: 39 COM 7B.82

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.83, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Accueille avec satisfaction les efforts entrepris par l’État partie afin d’améliorer la protection de toutes les composantes du bien et de sa zone tampon et l’encourage à poursuivre ces efforts et à garantir les ressources nécessaires et les régimes réglementaires permettant de s’assurer qu’aucune démolition, aucun aménagement ou détérioration inapproprié sur les bâtiments du patrimoine, susceptible de constituer une menace pour le bien et sa zone tampon, n’ait lieu.
  4. Note que l’État partie poursuit l’élaboration de régimes réglementaires pour la protection du bien et de sa zone tampon et demande que ceux-ci soient adoptés et mis en œuvre dès que possible ;
  5. Demande également à l’État partie de finaliser, dès que possible, le plan de gestion du bien, avec notamment le détail des mesures de protection prévues dans ses régimes réglementaires, et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Prend note du rapport de la mission de conseil de l’ICOMOS et demande en outre à l’État partie de suspendre les projets de reconstruction des bâtiments autrefois détruits sur le territoire du Kremlin, dans les limites du bien, qui pourraient représenter une menace pour sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) et de :
    1. Soumettre le projet adopté de démolition du bâtiment B14, notamment une étude technique sur l’impact de la démolition sur la stabilité des bâtiments historiques avoisinants, au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives,
    2. Examiner les futurs projets au regard de la recommandation de la mission de conseil de l’ICOMOS et soumettre une proposition de projet architectural pour l’espace vacant, avec notamment une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP),
    3. Entreprendre des études archéologiques de la zone avant toute adoption de futurs projets et en soumettre les résultats au Centre du patrimoine mondial,
    4. Préparer un plan de conservation pour le bien ;
  7. Prend également note de plusieurs projets d’aménagement et de travaux de conservation, y compris pour les galeries commerciales intermédiaires (place Rouge) et les tours Spasskaya et Borovitskaya, et demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les détails et spécificités techniques, y compris les EIP, de tous les projets envisagés sur le territoire du bien et de sa zone tampon susceptibles d’avoir un impact négatif sur la VUE du bien ;
  8. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés.

Décision adoptée: 39 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/8E.Rev,
  2. Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;
  3. Adopte les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l’Annexe du document WHC-15/39.COM/8E.Rev, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

AFRIQUE

AMERIQUE LATINE ET CARAÏBES

ASIE ET PACIFIQUE

ETATS ARABES

EUROPE ET AMERIQUE DU NORD

4. Décide que les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril seront examinées en priorité  par les Organisations consultatives ;

5. Prend note que le Centre du patrimoine mondial, suite à la décision 38 COM 8E, harmonise tous les sous-titres dans les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle adoptées et actualise les noms et les surfaces ou les zones de protection, le cas échéant, à la suite des décisions pertinentes du Comité concernant des modifications des noms ou des modifications mineures des limites;

6. Demande aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations de valeur universelle exceptionnelle adoptées vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande en outre au Centre du patrimoine mondial de publier les versions dans les deux langues sur son site Internet.