1.         Baie d'Ha-Long (Viet Nam) (N 672bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/672/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2007)
Montant total approuvé : 133 395 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/672/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total récemment accordé au bien : 100 000 dollars EU au titre du projet « Les jeunes volontaires s’impliquent dans la préservation du patrimoine culturel » (2003-2006) ; 519 000 dollars EU pour le Centre culturel flottant de Cua Van, composante de l'Écomusée d'Ha-Long (financé par le gouvernement norvégien pour la période 2003-2006). 

Missions de suivi antérieures

Missions communes UNESCO/UICN en janvier 2003 et décembre 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Croissance démographique;

b) Augmentation de la pression et du développement touristiques ;

c) Développement urbain et industriel ;

d) Pénurie de ressources financières et techniques ;

e) Absence d'une approche de planification intégrée.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/672/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 5 avril 2011, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Ce rapport donne une vue d’ensemble sur un grand nombre de projets en cours, à l’intérieur du bien et dans les zones adjacentes, et la réponse de l’État partie à la décision 33 COM 7B.20, adoptée à la 33e session du Comité du patrimoine mondial (Séville, 2009). Cette décision demandait en particulier à l’État partie de fournir des informations sur l'ensevelissement de déchets et autres projets d'aménagement importants situés à l'extérieur des limites du bien, mais qui pourraient avoir des effets négatifs sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE). 

 

a) Développement urbain et industriel

L’État partie rapporte que les projets d’ensevelissement de déchets autour de la ville d’Ha-Long sont achevés pour la plupart. Il précise que la construction de la route côtière allant de Lan Be Clock Post à la montagne Bai Tho est entrée dans sa dernière phase. L’État partie note que les études d’impact sur l’environnement (EIE) ont été approuvées et que leurs recommandations ont été mises en œuvre. Toutefois, il ne fournit pas ces EIE ni des informations précises sur les impacts de ces aménagements sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial dans la décision 33 COM 7B.20, notamment sur l’extension du port de Cai Lan et la cimenterie de Cam Pha. L’État partie note également que des mesures sont prises actuellement pour régler les problèmes de pollution liés aux déchets et eaux usées d’origine domestique ou commerciale, mais qu’elles sont difficiles à mettre en œuvre en raison du cadre législatif du bien et de la zone environnante. Les rapports reçus par l’IUCN indiquent que les valeurs du bien sont soumises à de graves pressions dues au développement urbain et industriel. Les eaux côtières, en particulier autour des grandes villes et des villes moyennes comme Ha Long, Cam Pha et Van Don, seraient affectées par la pollution causée par le caractère non sécuritaire de l’élimination des déchets et du rejet des eaux usées provenant des zones résidentielles, des activités industrielles et du déblaiement du site pour des travaux de construction et de transport. Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN notent qu’une approche de planification intégrée est nécessaire pour faire face aux pressions continuelles sur le bien dues au urbain et industriel et rappellent la demande du Comité du patrimoine mondial dans sa décision 33 COM 7B.20, qu'aucun projet d'aménagement ayant un impact direct ou indirect sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ne soit mis en oeuvre.

 

b) Gestion du tourisme

L’État partie rapporte qu’il procède à des investissements dans l’entretien et l’amélioration des aménagements touristiques et dans l’extension des activités touristiques à la zone tampon de la baie de Bai Tu Long, afin de développer les formes de tourisme existantes, d’en développer de nouvelles et de minimiser les pressions du tourisme sur le bien. Néanmoins, le rapport indique que la limitation des pressions du tourisme sur le bien ne progresse que très lentement. L’État partie précise également que quelques campagnes d’éduction, d’information et de communication (EIC) visant à sensibiliser les communautés à la protection du patrimoine ont été menées. L’IUCN a reçu des rapports indiquant que les activités de tourisme actuelles sont concentrées sur quelques principaux sites de visiteurs à l’intérieur du bien, que la plupart des bateaux d’excursion ne suivent que quatre circuits très encombrés sur les dix qui sont reconnus dans la baie et qu’il existe un certain nombre d’autres problèmes de gestion des touristes liés à la présentation des valeurs du bien et à la qualité de l’expérience touristique.

L’État partie rapporte que l’avenir du centre culturel de Cua Van (CCCV) est en train d’être évalué avec soin, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009). L’État partie note qu’aucun nouvel aménagement de l’infrastructure n’est planifié et qu’un plan visant à faire du CCCV une opération à caractère durable est en cours d’élaboration pour veiller à ce qu’aucune des activités entreprises n’ait un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN notent ne pas voir clairement si ceci inclut l’évaluation d’un éventuel déplacement du CCCV vers un endroit moins sensible de la zone tampon du bien, comme recommandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009).

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN prennent note des efforts continus de l’État partie pour développer le tourisme tout en minimisant la pression touristique sur le site et lui recommandent d’examiner des options concernant la dispersion des visiteurs dans l’ensemble du bien afin de reduire la pression touristique et les impacts associés potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

c) Pêche et aquiculture

L’État partie signale que le Comité populaire de la province de Quang Ninh a approuvé un programme de protection et de développement des ressources halieutiques visant à restaurer, régénérer et développer ces ressources dans la province, à protéger les écosystèmes et sensibiliser les communautés à l’importance de la protection des ressources de la pêche. Une partie de ce programme est consacrée au développement de zones d’aquiculture réglementées. L’État Partie ne donne que peu de détails sur l’efficacité de la mise en œuvre de ce programme. Toutefois, l’IUCN indique avoir reçu des rapports indiquant que l’aquiculture pourrait ne pas avoir été développée dans les zones désignées dans le programme, ce qui pourrait potentiellement avoir des impacts sur le bien.

d) Absence d’une approche de planification intégrée

En ce qui concerne la demande du Comité de continuer à renforcer le Conseil de gestion de la baie d’Ha Long (CGBHL), l’État partie rend compte des résultats du projet relatif au renforcement institutionnel du département de gestion de la baie d’Ha Long, qui comporte l’organisation de plusieurs cours de formation du personnel, des ateliers et des voyages d’études. Il signale qu’un plan de gestion globale du bien, annexé au présent rapport, a été élaboré pour la période 2010-2015. L’État partie précise que ce plan soutiendra la mise en oeuvre du plan directeur 2020. Le plan de gestion fixe des objectifs de recherche scientifique, de supervision et d’inspection des activités socio-économiques et d’application de la science et des technologies aux investissements réalisés dans le développement technique et de l’infrastructure. L’État partie précise que ce plan prévoit la collaboration et la coopération entre le CGBHL et d’autres départements provinciaux concernés et avec le Comité populaire de la ville d’Ha Long. Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN considèrent que le plan de gestion constitue un pas important vers l’adoption d’une approche de gestion intégrée, mais notent ne pas voir clairement la manière dont il complète le plan directeur 2020. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN rappellent que la valeur universelle exceptionnelle du bien a été soumise à une pression continue en raison du tourisme, de la pêche et autres activités à l’intérieur des limites du bien, et en raison d’importants projets de développement économique et d’activités d’ensevelissement se déroulant dans les zones environnant le bien. Ils notent qu’aucun nouvel aménagement de l’infrastructure n’est planifié au centre culturel de Cua Van et recommandent que le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial un plan relatif au caractère d’opération durable de ce centre culturel. Alors que l’État partie a accompli d’importants efforts pour traiter les multiples pressions affectant le bien, le développement urbain et industriel et les contraintes dues au tourisme continuent, en particulier, d’affecter ses valeurs d’une manière négative. Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN considèrent qu’à défaut de la mise en oeuvre efficace d’une approche de planification intégrée, il sera extrêmement difficile de traiter avec succès les menaces résultant de ces multiples pressions générées par le développement et la population. Ils notent que le plan directeur 2020 pour le bien est un pas important vers l’adoption d’une approche de planification intégrée et que sa mise en oeuvre devrait être accélérée. Ils observent également que l’État partie doit encore mener une évaluation de l’efficacité de la gestion (EEG) du bien, comme demandé dans la décision 33 COM 7B.20, et recommandent que le Comité du patrimoine mondial réitère sa demande à l’État partie de terminer une EEG, en conformité avec l’outil « « Mise en valeur de notre patrimoine » et prenne des mesures pour mettre en œuvre les recommandations de gestion résultant de cette évaluation. Ils notent également que l’État partie ne fournit pas d’études de l’impact sur l’environnement (EIE) ni d’informations spécifiques sur les impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, qui sont produits par l’ensevelissement des déchets et autres développements importants situés à l’extérieur des limites de ce bien, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial. Ils recommandent que le Comité du patrimoine mondial prie instamment l’État partie de se conformer à cette demande. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.20

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.20, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note que l'État partie élabore un plan pour l'utilisation durable du centre culturel de Cua Van, et demande à l'État partie de soumettre ce plan au Centre du patrimoine mondial;

4. Note également les efforts accomplis par l'État partie pour traiter les multiples pressions du développement et de la population affectant le bien, mais reste préoccupé par le fait qu'elles continuent d'affecter de manière négative sa valeur universelle exceptionnelle;

5. Note en outre qu'à défaut d'une approche de planification intégrée, il sera extrêmement difficile de traiter avec succès ces multiples pressions sur le long terme et, en conséquence, demande également à l'État partie d'accélérer la mise en œuvre efficace du plan directeur 2020 pour le bien;

6. Réitère sa demande à l'État partie d'entreprendre une évaluation de l'efficacité de la gestion du bien, en conformité avec l'outil «Enhancing Our Heritage», afin d'informer l'organe de gestion des multiples pressions affectant la valeur universelle exceptionnelle du bien, dont le tourisme, le développement urbain et industriel, la pêche et l'aquiculture entre autres, et de prendre des mesures pour mettre en œuvre les recommandations de gestion résultant de cette évaluation, et réitère son invitation à l'État partie d'envisager de demander une aide internationale au Fonds du patrimoine mondial pour soutenir cette évaluation;

7. Réitère également sa demande à l'État partie de fournir des études de l'impact sur l'environnement (EIE) concernant les effets produits sur la valeur universelle exceptionnelle du bien par l'ensevelissement de déchets et autres développements importants situés à l'intérieur et à l'extérieur des limites de ce bien;

8. Encourage l'État partie à examiner des options pour obtenir une meilleure gestion des visiteurs tout en améliorant la qualité de leur expérience, y compris des options pour disperser les visiteurs dans l'ensemble du bien afin de réduire leur pression, et pour perfectionner la signalisation et la présentation de la valeur universelle exceptionnelle du bien dans les principaux lieux visités;

9. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2013, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris une actualisation du résultat de l'évaluation de l'efficacité de la gestion du bien et des copies des EIE concernant les impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien produits par l'ensevelissement de déchets et autres projets d'aménagements majeurs situés à l'extérieur et à l'intérieur des limites de ce bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à 37e session en 2013.