1.         Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire,Guinée) (N 155bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Mesures correctives identifiées

Voir Décision 31 COM 7A.3 (Christchurch, 2007) , https://whc.unesco.org/fr/decisions/1266/,
et 32 COM 7A.3 (Québec, 2008), https://whc.unesco.org/fr/decisions/1575/ 

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2010)
Montant total approuvé : 465 222 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission Centre du patrimoine mondial en octobre/novembre 1988 ; mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en mai 1993 ; mission UICN en 1994 ; mission Centre du patrimoine mondial en 2000 ; mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Guinée en 2007 ; mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Côte d’Ivoire en juin 2008. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation minière ;

b) Afflux de réfugiés ;

c) Empiètement agricole ;

d) Déforestation;

e) Braconnage ;

f) Capacités de gestion insuffisantes ;

g) Manque de ressources ;

h) Coopération transfrontalière défaillante.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/155/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Les 29 janvier et 02 février 2011, des rapports sur l’état de conservation du bien ont été soumis par l’Etat partie guinéen et l’Etat partie ivoirien. Ces rapports indiquent les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à ses 31e (Christchurch 2007) et 32e (Québec, 2008) sessions. 

Pour la partie du bien située en Guinée :

L’Etat partie fait état de la promulgation du décret fixant les frontières de la Réserve de Biosphère des Monts Nimba et ses zones d’influence. Ce décret porte principalement sur le statut juridique du bien, la matérialisation de ses limites (limites de la réserve, de la zone tampon, de l’enclave minière et de la Réserve de Biosphère), l’exigence d’études d’impact environnemental et social pour tout projet à mettre en œuvre à proximité du bien, le rôle régalien du Centre de Gestion de l'Environnement du Nimba et du Simandou (CEGENS), et les objectifs de gestion du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le nouveau décret actualise le statut de protection du bien ainsi que celui des autres zones de la Réserve de Biosphère et de l’enclave minière. Ils rapellent que ce décret constituait une des recommandations clés de la mission de 2007, demandée par le Comité dans sa décision 31 COM 7A.3. Ils recommandent que l’Etat partie resoumette une nouvelle carte du bien avec si possible des fichiers géoréferencés, afin de mettre à jour la documentation sur le bien. Le rapport ne donne malheureusement pas d’information sur les progrés réalisés sur la délimitation des autres parties situées en dehors de la limite de l’enclave minière.

a) Renforcer les capacités sur le terrain du CEGENS, organisme de gestion en ce domaine, notamment en lui allouant les ressources financières et techniques nécessaires pour accomplir sa mission

L’Etat partie mentionne la prise d’un Arrêté (2010-4642), de révision du statut juridique du CEGENS. Celui-ci permet particulièrement de renforcer ses capacités de gestion, grâce à la mise en place d’un conseil d’administration, d’une direction générale et d’une agence comptable. Un règlement intérieur a également été élaboré et une base de vie pour le personnel du CEGENS est en cours de construction à Gbakoré.

Le Centre du patrimoine mondiale et l’UICN accueillent favorablement ce renforcement institutionnel du CEGENS, mais notent qu’il est important que celui-ci devienne une autorité dotée des ressources humaines et financières nécessaires pour mettre en œuvre, pleinement, les mesures correctives adoptées par le Comité.

 

b) Renforcer la surveillance du bien en coopération avec les communautés locales, en recrutant notamment les éco-gardes nécessaires et en renforçant les capacités des comités villageois de surveillance (CVS) récemment créés

Le rapport rappelle la mise en place d’un dispositif de lutte anti braconnage, en collaboration avec les éco-gardes et les CVS, reposant sur l’organisation de patrouilles quotidiennes. Le rapport fait également mention de l’effet de cette activité sur la réapparition de la grande faune dans le bien. Toutefois, aucune donnée détaillée n’a été fournie par l’Etat partie. Le processus d’intégration des 32 éco-gardes avec un statut paramilitaire dans la fonction publique est en cours, cependant leur salaire est toujours assuré par le Programme de conservation de la biodiversité biologique du mont Nimba (PCBNM).

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN réitèrent que le nombre d’éco-gardes reste très faible par rapport à l’étendue du massif, et que la capacité du CEGENS à contenir les nombreuses menaces qui pèsent sur les Monts Nimba demeure insuffisante.

c) Définir, en consultation avec les partenaires locaux concernés, une zone tampon pour le bien possédant un statut juridique approprié et renforcer la conservation du bien par une gestion durable des ressources naturelles au sein de cette zone tampon

Le nouveau décret définit une zone tampon de 35,140 ha, correspondant à la zone tampon de la Réserve de biosphère, avec un statut de Réserve naturelle gérée. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la mission de 2007 avait proposé une zone tampon fonctionnelle et plus restreinte pour le bien du patrimoine mondial. Néanmoins, la clarification juridique du statut de la zone tampon est une avancée importante.

 

d) Mettre en place un système de suivi écologique et une base de données géo référencées pour toutes les données scientifiques collectées sur le bien

L’Etat partie rappelle que l’ONG Fauna & Flora International (FFI) a été engagée pour la mise en place d’un système de suivi écologique. Le programme de suivi écologique prévoit : (i) l’établissement d’une ligne de base suivi écologique – Composante paysage données géospatiales et biologiques) ; (ii) l’établissement d’une ligne de base de suivi écologique – Composantes flore et faune et (iii) la formation du personnel du CEGENS à la cartographie.

L’UICN note que le FFI a entrepris 30 jours de suivi écologique dans la partie du bien située en Guinée entre mai et juillet 2010. Au total, 216 cas d’indices d’incursions illégales ont été observés, sur les 52 pistes géo référencées avec divers indices de chasse. Les observations de pièges à collier, d’étuis de cartouche de calibre 12, de sites de camping de braconniers, et les détonations de fusils de chasse durant les prospections indiquent que le braconnage reste un problème majeur dans le bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le système de suivi écologique décrit n’est pas encore opérationnel, et encouragent l’Etat partie à mettre rapidement en œuvre ce système de suivi en collaboration avec FFI et le PNUD. Ils notent avec inquiétude les résultats du suivi écologique qui montrent une densité de faune extrêmement basse.

 

e) Effectuer une étude de faisabilité afin de définir un mécanisme financier durable pour le bien

Le rapport mentionne qu’une requête d’assistance internationale a été préparée par l’Etat partie afin d’obtenir un soutien du Fonds du patrimoine mondial pour la mise en place d’une Fondation Internationale des Monts Nimba, comme mécanisme de financement durable. Néanmoins, cette demande n’a pas encore été reçue par le Centre du patrimoine mondial, à la date de rédaction de ce rapport.

f) Mettre au point une stratégie pour la protection de la forêt de Déré et des collines de Bossou

En mars 2010, l’Etat partie a procédé au déplacement des occupants clandestins de la forêt de Déré, notamment des groupes armés ivoiriens qui revendiquaient la paternité de celle-ci. Suite à cette décision, un dialogue a été entrepris avec le Gouvernement ivoirien pour définir les limites frontalières entre la Côte d’Ivoire et la Guinée dans la zone. Les populations riveraines des deux pays ont été sensibilisées sur la conservation du bien et une déclaration dite « Déclaration d’Abidjan portant Gestion Durable des massifs Forestiers Transfrontaliers des Monts Nimba, de Déré et de Tiapleu » a été signé en juillet 2010. Cette Déclaration réaffirme la volonté des Etats parties de Guinée et de Côte d’Ivoire à : (i) identifier des financements pour restaurer la forêt de Déré et de Tiapleu ; (ii) établir un système conjoint de suivi et coordination de la gestion, (iii) renforcer la collaboration avec le Liberia par des échanges et le dialogue ; et (iv) rechercher des fonds pour la conservation et le développement durable. L’Etat partie a aussi soumis une demande d’Assistance financière internationale le 31 janvier 2011 au Centre du patrimoine mondial pour reboiser la savane qui s’étend entre le bien et la deuxième aire centrale de Bossou, dans le but de rétablir le flot migratoire entre les communauté de chimpanzés de Bossou et celles des Monts Nimba, et ainsi répondre à la recommandation de la mission de 2007. Cette demande sera traitée lors de la prochaine réunion du panel d’examen de l’Assistance internationale.

 

g) Etablir un plan de gestion pour le bien et la Réserve de biosphère

Aucune information n’est donnée dans le rapport sur l’état d’avancement d’un plan de gestion. Néanmoins, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le rapport contient un cadre logique pour un projet qui vise à mettre en place des mesures de conservation dans le site. Ce projet de gestion des monts Nimba couvre la période 2011-2015 et prévoit un budget de 2 191 000 dollars EU. Le statut de ce projet n’est pas clarifié dans le rapport mais vraisemblablement il s’agit d’une deuxième phase du projet financé par le Fonds Mondial pour l’Environnement (FEM).

 

Pour la partie du bien située en Côte d’Ivoire :

L’Etat partie rapporte que la lenteur du processus de sortie de crise bouleverse les calendriers établis pour la mise en œuvre des mesures correctives, mais qu’une fois les élections passées, l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) sera en mesure de mettre en œuvre la stratégie du Gouvernement ivoirien en matière de conservation des aires protégées telle que prévue par le Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées (PCGAP). Le rapport note également que le budget alloué à la conservation du bien a été fortement réduit depuis le déclenchement de la crise politique, qui a occasionné le retrait des partenaires au développement.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’au moment de la rédaction de ce rapport, la Côte d’Ivoire continue de vivre une crise postélectorale difficile. Il est donc probable que les informations contenues dans le rapport de l’Etat partie ne soient plus à jour.

h) Réinstaurer la présence de l’OIPR au sein du bien et reprendre les activités de gestion, établir des mécanismes de coopération et renforcer la communication avec la communauté locale

Le rapport de l’Etat partie rappelle que le personnel est actuellement basé à Duékué, éloigné du site et que l’accès à la réserve reste limité du fait de l’insuffisance des moyens matériels et logistiques, et de la lenteur du processus de désarmement. Le rapport note que des rencontres entre la Direction l’OIPR de Zone Ouest, le Préfet du Département de Danané, les autorités locales des forces nouvelles et les populations riveraines ont lieu régulièrement et qu’un Comité de Gestion Locale de la réserve a été mis en place. Selon les dernières informations reçues au moment de la préparation de ce rapport, la base de Duékué de l’OIPR aurait été endommagée lors d’évènements faisant suite aux élections.

i) Réaliser une étude des espèces clés de la faune et de la flore pour préciser le statut de la valeur universelle exceptionnelle du bien et mettre en place un programme complet de suivi afin de surveiller et contrôler les menaces, en particulier le braconnage

L’Etat partie rapporte que des partenaires de l’OIPR ont mené du 07 au 20 avril 2010, en collaboration avec la Direction de l’OIPR de Zone Ouest, un inventaire de certaines espèces de la faune dans la réserve. L’inventaire qui a été sollicité par la Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG), a été conduit par le Wild Chimpanzee Foundation (WCF). Les résultats obtenus révèlent qu’il reste un nombre important de chimpanzés dans la partie ivoirienne du bien. 120 nids ont notamment été localisés et l’inventaire estime en moyenne 121 chimpanzés pour une densité de 2,7 individus par km2. Toutefois, le rapport d’inventaire note que les analyses effectuées sont sujets à une haute incertitude due au faible nombre de transects. L’inventaire a aussi recensé une faible présence d’autres primates et d’ongulés, ainsi qu’une forte pression de chasse. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que les résultats de l’inventaire pour les chimpanzés sont encourageants, mais que la faible présence des autres espèces, ainsi que la forte pression de chasse est comparable à la situation actuelle observée dans la partie guinéenne du bien. L’Etat partie note qu’une requête de financement pour la réalisation d’un inventaire a été adressée fin 2009 au Centre du patrimoine mondial pour réaliser des inventaires sur les espèces essentielles de faune et la mise en place d’un programme de suivi-écologique en concertation avec la Guinée et le Libéria, dès que la situation sociopolitique se sera améliorée. Cependant, le Centre du patrimoine mondial note que cette requête était soumise sans signature.

j) Définir, en consultation avec les partenaires locaux concernés, une zone tampon pour le bien possédant un statut juridique approprié et renforcer la conservation du bien par une gestion durable des ressources naturelles au sein de cette zone tampon

Aucun avancement n’a été signalé à ce sujet.

k) Elaborer un plan de gestion en étroite coopération avec toutes les parties prenantes, en particulier la communauté locale et harmoniser ce plan avec le plan en cours d’élaboration en Guinée

Une requête d’assistance internationale pour l’organisation d’un atelier international bipartite sur la gestion durable des massifs de l’espace transfrontalier du Nimba a été soumise en 2009 et approuvée en 2010 pour un montant de 30 000 dollars EU. Toutefois, la situation post-électorale dans le pays, n’a pas encore permis de finaliser le contrat entre l’UNESCO et l’OIPR. L’Etat partie exprime également sa volonté de poursuivre en concertation avec la Guinée et le Libéria, la validation du plan de gestion, dès que la situation sociopolitique se sera améliorée. Le Centre du Patrimoine et l’UICN encouragent les Etat parties à prendre en considération l’outil ‘Enhancing our Heritage’ dans l’élaboration et le suivi du plan de gestion pour le mont Nimba. 

l) Définir un mécanisme financier durable pour l’ensemble du bien avec l’État partie de la Guinée

L’Etat partie note que dans le cadre de la réforme de la gestion de ses aires protégées, la Côte d’Ivoire a mis en place une Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire, qui a pour mission de faciliter le financement à long terme de la conservation des parcs nationaux et réserves naturelles.

m) Exploitation minière

Les rapports des deux Etats parties évoquent les menaces minières qui affectent le bien de part et d’autre de la frontière.

Pour la Guinée : En ce qui concerne le projet minier mené dans l’enclave par la Société des Mines de Fer de la Guinée (SMFG), la mise en œuvre de l’étude d’impact environnemental et social (EIES) a été retardée, du fait de l’organisation des élections présidentielles. A la demande de la SMFG, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont soumis des commentaires détaillés sur l’avant-projet des termes de référence de l’EIES, et ont soulevé le fait que le projet ne pourrait être poursuivi si l’EIES concluait que les impacts négatifs de celui-ci ne pourraient être atténués. Le Centre du patrimoine mondial n’a pas encore reçu la version définitive desdits termes de référence.

Pour la Côte d’Ivoire : L’Etat partie rappelle la renonciation de la compagnie Tata Steel au projet d’exploration minière du bien, suite aux discussions entre l’UICN, le Centre du patrimoine mondial et le Directeur du Groupe Global Minerals de Tata Steel. Cette renonciation a été récemment confirmée lors d’échanges de lettres entre l’UICN et la direction de la compagnie Tata Steel. Le rapport de l’Etat partie note qu’aucune autre concession minière n’a été accordée dans la partie ivoirienne du bien.

Pour le Liberia : Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’ils ont reçu des informations d’un projet minier potentiel d’Arcelor Mittal au Libéria, située à 20 kms du bien. Ils demandent à l’Etat partie du Libéria de soumettre à l’EIES pour ce projet au Centre du patrimoine mondial, et considèrent que la pollution engendrée par l’exploration minière côté libérien pourrait entrainer le déversement d’alluvions dans les cours d’eau vers la Côte d’Ivoireet avoir des effets négatifs sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent l’avancée importante réalisée par l’Etat partie guinéen dans la clarification du statut juridique du bien. Néanmoins les menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont toujours présentes. Ils notent qu’après des années d’instabilité politique en Guinée, des élections ont été organisées avec succès en juillet 2010, ce qui donne l’espoir que l’Etat partie pourra renforcer ses efforts de mise en oeuvre des mesures correctives. Cependant, la crise sociopolitique post-électorale de la Cote d’Ivoire risquerait de fortement compromettre les progrès qu’avait accomplis l’Etat partie, avec la mise en place d’un organe de gestion et le démarrage du processus d’élaboration d’un plan de gestion conjoint. Pour ces raisons, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba devrait être maintenue sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Enfin, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN saluent la signature de la Déclaration d’Abidjan, qui vise à renforcer la collaboration tri-nationale et établir un système conjoint de suivi et de coordination de la gestion entre les Etats parties guinéen et ivoirien. Ils recommandent que le Comité réitère sa demande aux deux Etats parties de se concerter pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie commune de gestion et de surveillance conjointe du mont Nimba par l’organisation d’une réunion de la Commission tri-nationale. 

Décision adoptée: 35 COM 7A.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7A,

2. Rappelant la décision 34 COM 7A.3, adoptée lors de sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Accueille favorablement la signature de la Déclaration d'Abidjan, en juillet 2010, qui vise à établir un système conjoint de suivi et de coordination de la gestion entre les États parties guinéen et ivoirien et à renforcer la collaboration tri-nationale, et réitère sa demande aux États parties de se concerter au plus vite pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie commune de gestion et de surveillance conjointe du mont Nimba par l'organisation d'une réunion de la Commission tri-nationale;

4. Note avec satisfaction la clarification du statut juridique de la partie du bien situé en Guinée, et la confirmation par la Côte d'Ivoire qu'aucune concession minière n'a été accordée dans la partie ivoirienne du bien;

5. Exprime sa vive préoccupation sur les conséquences que pourraient avoir la crise politique que traverse la Côte d'Ivoire, sur l'aggravation de l'insécurité dans la partie ivoirienne du bien, ce qui empêcherait un accès régulier de l'autorité de gestion et compromettrait fortement le progrès qu'avait accompli l'État partie avec la mise en place d'un organe de gestion et le démarrage du processus d'élaboration du plan de gestion conjoint;

6. Note avec inquiétude l'insuffisance des progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à ses 31e (Christchurch, 2007) et 32e (Québec, 2008) sessions, et prie instamment les deux États parties d'intensifier leurs efforts pour poursuivre la mise en œuvre des mesures correctives et des autres recommandations du Comité du patrimoine mondial ;

7. Demande à l'État partie guinéen d'encourager le suivi périodique de l'efficacité de gestion du bien à l'aide de l'outil «Enhancing our Heritage», pour mieux mettre en œuvre les priorités actuelles de gestion du bien;

8. Demande également aux deux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives et autres recommandations des missions de 2007 et 2008, et dans l'élimination des menaces liées à l'exploitation minière, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012;

9. Décide de maintenir la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire et Guinée) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-11/35.COM/7A, WHC-11/35.COM/7A.Add, et WHC-11/35.COM/7A.Add.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :