1.         Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo (Nigéria) (C 1118)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 10 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1118/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont demandé à l’État partie de soumettre un rapport sur l’état de conservation afin de répondre aux récentes questions soulevées vis-à-vis :

L’État partie a soumis son rapport le 28 février 2014, disponible à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/356/documents. Des avancées sont rapportées sur les points suivants.

Bien que le rapport reconnaisse la rapide croissance de la ville d’Oshogbo et les pressions accrues sur la terre et les ressources hydriques, il y est déclaré que les aménagements n’ont pas affecté la Valeur universelle exceptionnelle (VUE), dans la mesure où ils sont extérieurs au bien et à la zone tampon. Néanmoins, le rapport note qu’afin de respecter la nature sensible de la forêt et de soutenir sa VUE, il est nécessaire de restreindre les pressions négatives dues au développement dans le voisinage plus étendu du bien et, pour le gouvernement local, d’amender son programme de rénovation urbaine.

Une des conséquences négatives du développement a été la pollution de la rivière Osun, à la suite d’une violation des règlementations de drainage dans la ville. Toutefois, cela se serait amélioré grâce à un nettoyage annuel de l’agence nationale nigériane du contrôle des standards et des règlementations.

Dans le plan de gestion de la conservation pour 2010 – 2014, la Commission nationale des musées et monuments reconnaissait les nombreux facteurs affectant le site tels que les pressions dues au développement, les pressions dues à l’environnement, les menaces et catastrophes naturelles ainsi que les pressions du tourisme/des visiteurs. Le plan définit également des actions visant à contrecarrer ces menaces, comme l’entente conclue avec le Federal Fire Service pour traiter les feux de brousse dans le bien et sa zone tampon.

Le remplacement de la route goudronnée qui traverse la Forêt sacrée par une nouvelle route d’accès à l’extérieur du bien a été retardé en raison de contraintes financières mais l’État partie entend toujours entreprendre ces travaux.

Deux projets d’aménagement ont été reportés : une aire de stationnement dans la zone tampon et un pavillon de remplacement au sein du bien. Ceux-ci vont dans le sens du plan de gestion de la conservation et une évaluation d’impact sur le patrimoine a été soumise à l’UNESCO. En janvier 2014, le premier palais a été réparé en utilisant des techniques, matériaux et artisans traditionnels.

Aucun détail n’est donné sur la conservation générale de la forêt et le grand nombre de sanctuaires, structures et sculptures dans le bien, ni sur les processus de gestion ; toutefois, un responsable adjoint senior du patrimoine, venant du bien, a participé à l’atelier sur la gestion des risques et des catastrophes organisé par le Fonds du patrimoine mondial africain en mai 2013 au Zimbabwe, où un projet de plan de gestion des risques a été élaboré pour le bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Depuis l’inscription il y a 9 ans, la ville d’Oshogbo s’est considérablement développée tout comme la portée, l’importance et la rentabilité du festival annuel d’Oshogbo - deux facteurs qui exercent des pressions sur le bien, inscrit en tant que forêt sacrée. Les impacts négatifs du développement et les aménagements potentiels dans le voisinage étendu sont reconnus par l’État partie ainsi que la nécessité de contrôles supplémentaires.

Un hôtel a récemment été construit près de la forêt et la route qui traverse le bien n’a pas été déviée, comme demandé par le Comité au moment de l’inscription.

Bien qu’il soit dit que la pollution de la rivière est traitée par un nettoyage annuel, cela ne semble pas être l’approche optimale pour une rivière sacrée au centre d’un festival annuel qui lie la ville à la divinité de la rivière Osun, vénérée pour fournir les eaux de la vie. Qui plus est, les éléments naturels du bien, comme la rivière et la forêt, ne sont toujours pas clairement traités dans le plan de gestion, comme demandé par le Comité. De plus, aucune information n’a été fournie sur la manière dont les sanctuaires et la forêt sont conservés et gérés.

Le risque de sur-commercialisation du festival est une source d’inquiétude, le parrainage étant visiblement reconnu. Le succès commercial du festival signifie également que le financement du festival tend à primer sur le financement de la conservation.

La nécessité pour un plan de gestion du tourisme culturel s’est considérablement accentuée depuis l’inscription. Un tel plan devrait clairement et précisément définir la capacité de charge de la forêt, par rapport à son atmosphère spirituelle, sa fragilité physique et sa nature virginale, ainsi que ses liaisons avec les routes d’accès, parc(s) de stationnement, hébergements, etc.

La soumission du projet de pavillon à une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) est notée et le travail effectué pour créer un plan de gestion de la conservation reconnu. De plus, le plan préliminaire de gestion des risques et des catastrophes rédigé lors de l’atelier sur la gestion des risques et des catastrophes tenu au Zimbabwe en 2013, devrait être finalisé et adopté en tant qu’annexe au plan de gestion de la conservation pour le bien.

La robustesse de la fragile forêt doit être renforcée pour supporter les pressions croissantes du développement urbain et de l’énorme succès du festival avant que l’un et l’autre n’entraînent de dommages irréversibles. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif pour voir de quelle manière les approches du développement urbain, de la gestion du tourisme culturel et de la conservation des ressources naturelles pourraient être consolidées et envisager également le bon équilibre entre conservation et développement par rapport à la VUE du bien.

Décision adoptée: 38 COM 7B.53

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 29 COM 8B.23B, adoptée à sa 29e session (Durban 2005),
  3. Accueillant favorablement les efforts constants de l’État partie pour améliorer la conservation du bien par le biais de l’élaboration d’un plan de gestion de la conservation pour 2010-2014,
  4. Note avec inquiétude que neuf ans après l’inscription, les pressions dues au développement urbain dans le voisinage étendu ont augmenté tout comme l’importance et la commercialisation du festival annuel et le nombre global de visiteurs ; et considère que les menaces du développement dans le voisinage étendu doivent être limitées ;
  5. Regrette que la route qui traverse le bien n’ait pas été déviée comme demandé au moment de l’inscription et prie l’État partie de veiller à ce que cela soit fait dès que possible ;
  6. Exprime son inquiétude quant au fait que le plan de gestion du tourisme culturel, également demandé lors de l’inscription, n’ait pas encore été élaboré ; et considère également qu’un tel plan s’impose de toute urgence afin de rechercher les moyens soutenir les qualités spirituelles, symboliques et rituelles de la forêt par rapport au très grand nombre de personnes qui visitent ce bien, en particulier lors du festival, en définissant clairement et précisément la capacité de charge de la forêt, par rapport à son atmosphère spirituelle, sa fragilité physique et sa nature virginale, ainsi que ses liaisons avec les routes d’accès, parc(s) de stationnement, hébergements, etc.;
  7. Exprime également son inquiétude quant au fait que les qualités naturelles de la forêt sacrée, dont ses valeurs culturelles dépendent, et en particulier la rivière Osun, semblent avoir été touchées par la pollution de l’eau ;
  8. Demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif de l’ICOMOS sur le bien afin de voir avec l’État partie de quelle manière les approches du développement urbain, de la gestion du tourisme culturel et de la conservation des ressources naturelles pourraient être consolidées et envisager également le bon équilibre entre conservation et développement par rapport à la VUE du bien ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2015 un rapport d’avancement, incluant un résumé exécutif d’une page, sur les points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.