1.         Rennell Est (Îles Salomon) (N 854)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction

Mesures correctives identifiées

En cours de rédaction

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2006-2012)
Montant total approuvé : 56 335 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2012 : mission de suivi réactif UICN ; mars-avril 2005 : mission de suivi UNESCO/UICN 

 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 1er février 2014, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/854/documents/, incluant un rapport de terrain d’un projet d’évaluation de l’état de conservation du bien daté de janvier 2014. L’État partie indique les éléments suivants :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Des progrès ont été effectués pour répondre aux recommandations du Comité et à la mission de suivi réactif de 2012 menée par l’UICN. Cependant, les exploitations forestières existantes et potentiellement nouvelles sur Rennell Ouest ainsi que l’introduction avérée de rats présentent des menaces sérieuses pour l’intégrité du bien. L’introduction vraisemblable de l’escargot terrestre géant d’Afrique sur Rennell, en l’absence de mesures de biosécurité, demeure hautement préoccupante dans la mesure où il est presque impossible d’éradiquer cette espèce une fois qu’elle est installée. La lutte contre l’invasion des rats et des escargots nécessitera la mise en place d’une expertise technique conjuguée à un soutien financier pour contribuer à l’implication nécessaire de la communauté locale.

Les informations concernant le démarrage prévu d’une exploitation minière de bauxite à Rennell Ouest en 2014 sont un motif de très grande préoccupation. Bien que l’ensemble de la zone soit réduit, les sites d’exploitation minière sont dispersés sur une large étendue. Les impacts potentiels sur le bien sont similaires à ceux de l’exploitation forestière : déforestation, destruction de l’habitat de la faune sauvage, introduction d’espèces exotiques favorisée par les barges utilisant des bassins d’exploitation forestière en tant que points d’accès, et introduction de terre sous forme de remblais remplaçant la matière extraite. Le Comité du patrimoine mondial pourrait demander à l’État partie de ne pas autoriser l’exploitation minière de bauxite sur Rennell s’il n’était pas démontré que de telles activités ne portent nullement atteinte à la VUE du bien.

Alors que la législation en vigueur sur les zones protégées vise à protéger le bien de l’exploitation forestière, les communautés locales doit décider de demander son application au bien. Par conséquent, il est recommandé que  le Comité encourage l’État partie à continuer d’étayer le soutien aux mesures de sensibilisation par la mise en place de financements supplémentaires et d’expertise afin de renforcer la protection du bien. En même temps, le gouvernement provincial devrait accorder la priorité à la finalisation de l’ordonnance provinciale préparée en 2009 et chercher une assistance technique supplémentaire autant que de besoin. Il est recommandé que le Comité demande aussi à l’État partie de mettre en place immédiatement des mesures provisoires d’atténuation des impacts des exploitations forestières existantes, d’empêcher toute nouvelle exploitation forestière, et de surseoir à l’examen des demandes de licence d’exploitation minière de bauxite jusqu’à ce qu’un nouveau plan de gestion soit approuvé et mis en œuvre.

Notant l’élaboration d’un nouveau plan de gestion, incluant des pratiques de gestion améliorées visant à répondre à la surexploitation du crabe de cocotier et d’autres ressources marines, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de finaliser le nouveau plan de gestion et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN pour examen. Le souhait de l’État partie quant à une approche inter-agences et intergouvernementale du changement climatique en matière d’adaptation et d’atténuation est également noté.

On peut estimer que l’évaluation des menaces entreprise avec le soutien du gouvernement australien et jointe au rapport de l’État partie pourrait fonder le développement de mesures correctives et d’un État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. L’aboutissement de la mise en œuvre de ces mesures demandera du temps, des ressources supplémentaires et le soutien plein et entier de tous les niveaux gouvernementaux, de la communauté locale et d’autres parties prenantes de la communauté internationale. L’UICN, avec son Bureau régional pour l’Océanie (ORO), est en mesure de donner de plus amples conseils techniques à l’État partie le cas échéant.

Décision adoptée: 38 COM 7A.29

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.14, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Note avec appréciation que des progrès ont été accomplis s’agissant de la mise en œuvre des recommandations du Comité et de la mission de suivi réactif de l’UICN de 2012 ;
  4. Accueille favorablement l’évaluation des menaces sur le bien entreprise avec le soutien du gouvernement australien, et considère que les conclusions et les recommandations de cette évaluation pourraient servir de base à l’État partie pour élaborer, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, une proposition d’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, ainsi qu’un ensemble de mesures correctives ;
  5. Note avec préoccupation les projets annoncés selon lesquels l’exploitation minière de bauxite à Rennell Ouest commencerait en 2014, ce qui aurait probablement les mêmes impacts sur la Valeur universelle exceptionnelle du bien que l’exploitation forestière, et demande à l’État partie de mener des évaluations d’impact environnemental rigoureuses de ces projets visant à démontrer qu’ils n’auront pas d’impact sur le bien, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial ;
  6. Demande également à l’État partie de mettre en place de toute urgence des mesures provisoires d’atténuation des impacts des exploitations forestières existantes, d’empêcher toute nouvelle exploitation forestière, et de surseoir à l’examen des demandes de licence d’exploitation minière de bauxite jusqu’à ce qu’un nouveau plan de gestion soit approuvé et mis en œuvre ;
  7. Demande en outre à l’État partie d’entreprendre une action urgente pour enrayer la poursuite de la propagation des rats sur l’île de Rennell et les empêcher de s’introduire au sein du bien, de mettre en place les contrôles de biosécurité nécessaires pour empêcher toute nouvelle introduction d’espèce invasive sur l’île, et réitère son invitation à l’État partie de soumettre une demande d’assistance internationale pour soutenir cette tâche ;
  8. Reconnaît l’inquiétude de l’État partie concernant l’élévation du niveau des mers entraînée par le changement climatique et affectant le lac insulaire Tegano, et note que la Division du changement climatique du ministère de l’Environnement travaillera avec le gouvernement provincial sur les méthodes d’adaptation et d’atténuation du changement climatique pour répondre à ces préoccupations ;
  9. Note également que l’État partie reconnaît que la loi sur les espaces protégés des îles Salomon de l’est (2010) devrait s’appliquer au bien ;
  10. Prie instamment l’État partie d’accélérer la finalisation et la mise en œuvre du plan de gestion révisé du bien, et demande par ailleurs à l’État partie de fournir une version électronique et trois exemplaires imprimés du projet de plan de gestion révisé pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015 ;
  12. Décide de maintenir Rennell Est (Iles Salomon) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 38 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-14/38.COM/7A et WHC-14/38.COM/7A.Add),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :