1.         Parc national de Serengeti (République-Unie de Tanzanie) (N 156)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-1999)
Montant total approuvé : 59 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2010: Mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L'État partie a soumis un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien le 1er février 2014. Un résumé de ce rapport est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/156/documents. Le rapport détaille les points suivants :

L’État partie note également que la pénurie d’eau est un problème persistant à l’intérieur du bien et demande une assistance technique et financière de la part du Centre du patrimoine mondial, pour mener une étude hydrologique détaillée en vue de déterminer la capacité de charge maximale pour l’utilisation de l’eau dans le bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’intensification du braconnage d’éléphants et de rhinocéros dans le bien est un sujet de préoccupation important et affecte également d’autres sites naturels de Tanzanie et du continent africain. Alors que les autorités déploient des efforts pour contenir la situation à Serengeti, il est nécessaire d’avoir recours à une approche plus large pour résoudre le problème du commerce illicite de l’ivoire, de la corne de rhinocéros et autres produits de la faune sauvage. Il est recommandé que le Comité reconnaisse qu’un effort international concerté est nécessaire pour enrayer ce trafic illicite, sans un tel effort, la valeur universelle exceptionnelle (VUE) demeurera exposée à une menace intense.

Le fait qu’une évaluation stratégique environnementale soit en cours pour le plan directeur d’aménagement du système global de transport et de commerce est accueilli favorablement et il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de tenir compte des orientations fournies dans la note de l’IUCN sur le patrimoine mondial, qui traite de l’évaluation de l’environnement. L’Etat partie doit   s’assurer que cette évaluation est effectuée d’une manière ouverte, transparente et par consultation, de telle sorte que les avis des scientifiques et les inquiétudes du public plus large soient incorporés dans les décisions sur l’alignement des principales routes stratégiques dans le bien et autour de celui-ci. Il est recommandé que le Comité réitère son appel à la communauté internationale pour soutenir une autre solution que celle de la route Nord traversant Serengeti. Il est pris note des efforts conjoints continus de l’autorité chargée de la zone de conservation de Ngorongoro et du parc national de Serengeti afin d’évaluer les options de revêtement routier pour le tronçon à trafic important de la route Lodware-Naabi Hill-Seronera ; et il est considéré que, préalablement à toute décision sur la méthode de stabilisation de cette route, il faudrait réaliser une étude d’impact environnemental (EIE) pour apprécier les impacts des différentes options et la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour évaluation.

Tout en notant les difficultés rencontrées, il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à continuer de consolider la collaboration entre les agences concernées par la réactivation du « Forum sur l’écosystème de Serengeti » avec ses multi-parties prenantes.

Il est noté que la disponibilité de l’eau est également liée au développement du tourisme étant donné que les huttes pour les touristes sont l’un des principaux consommateurs d’eau. Une étude hydrologique du bien, associée à la détermination de la capacité de charge pour l’utilisation de l’eau, pourrait être une contribution importante au développement durable des structures qui sont nécessaires au tourisme et à la gestion. En conséquence, il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à soumettre une demande d’assistance internationale au Fonds du patrimoine mondial. Cette aide devrait être utilisée pour la révision prévue du plan de gestion, qui devrait inclure une stratégie pour le futur développement du tourisme, dans les limites de la capacité de charge.

Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN ont également reçu des informations sur un projet de construction d’un aéroport international à Mugumu, à quelque 40 km du bien, visant à augmenter la capacité de la zone pour le développement du tourisme. Selon les rapports de certains médias, la construction pourrait commencer cette année. Une lettre a été envoyée à l’État partie lui demandant de plus amples informations sur ce projet, mais aucune réponse n’avait été reçue au moment de la rédaction du présent rapport. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial l’EIE relative à ce projet, pour examen, avant toute prise de décision.

Décision adoptée: 38 COM 7B.94

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.6, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Accueille favorablement les efforts de l’État partie pour traiter la menace toujours croissante du braconnage, affectant en particulier les populations d’éléphants et de rhinocéros, et appelle la communauté internationale, et en particulier les pays de destination, à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le commerce illicité de produits de la faune, en concordance avec leurs engagements pris au titre de la Convention sur le commerce international des espèces en danger (CITES) ;
  4. Accueille également favorablement l’information selon laquelle une évaluation stratégique environnementale (ESE) est en cours pour le « plan directeur d’aménagement du système global de transport et de commerce » et prie instamment l’État partie d’assurer un processus ouvert, transparent et par consultation, tenant compte de conseils scientifiques ainsi que des orientations fournies dans la note de l’IUCN sur le patrimoine mondial, qui traite de l’évaluation de l’environnement, en particulier en ce qui concerne le réseau de routes proposé à l’intérieur du bien et autour de celui-ci, et de soumettre une copie de la ESE au Comité pour examen, avant qu’une décision finale ne soit prise sur d’éventuels aménagements ;
  5. Note que l’État partie réaffirme que la construction proposée d’une route Nord traversant le parc a été abandonnée et reitère son appel à la communauté internationale pour soutenir l’aménagement d’un autre alignement, passant au sud du bien ;
  6. Note également les efforts entrepris pour évaluer des options de révêtement routier pour la route principale à trafic important traversant le bien et demande à l’État partie d’effectuer une étude d’impact environnemental (EIE), en coopération avec l’Autorité de la zone de conservation de Ngorongoro, pour apprécier les impacts des différentes options et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen avant qu’une décision sur la stabilisation de cette route ;
  7. Demande également aux États parties du Kenya et de la Tanzanie de continuer à accentuer leurs efforts en vue d’une gestion durable du bassin de la rivière Mara et de la préparation d’un plan de gestion conjoint pour ce bassin et afin de soutenir et renforcer des programmes de gestion, y compris la collaboration avec d’autres parties prenantes dans l’ensemble de l’écosystème plus large de Serengeti, grâce au « Forum sur l’écosystème de Serengeti » ;
  8. Encourage l’État partie à soumettre une demande d’assistance internationale au Fonds du patrimoine mondial pour une étude hydrologique du bien, associée à la détermination de la capacité de charge pour l’utilisation de l’eau, servant à la révision prévue du plan de gestion, qui devrait inclure une stratégie pour le futur développement du tourisme, dans les limites de la capacité de charge ;
  9. Demande en outre à l’État partie de fournir une copie électonique et trois copies imprimées du projet de plan de gestion révisé pour examen par le Centre du patirmoine mondial et l’IUCN ;
  10. Reconnaît les progrès réalisés dans les négociations sur une éventuelle extension future du parc en vue d’incorporer des habitats critiques en bordure du lac, autour du Golfe de Speke, et encourage également l’État partie à conclure ce processus en étroite concertation avec toutes les parties prenantes, dans les meilleurs délais ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de fournir des informations détaillées sur les plans, qui ont été signalés, concernant l’aménagement d’un aéroport à Mugumu, y compris une copie de l’EIE de ce projet pour examen, conformément à la note de l’IUCN sur le patrimoine mondial qui traite de l’évaluation de l’environnement, et avant qu’une décision ne soit prise sur ce projet ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.