1.         Réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift (Kenya) (N 1060rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2011

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1060/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-2006)
Montant total approuvé : 45 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1060/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1060/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des informations sur un certain nombre de problèmes relatifs à la gestion et à l’état de conservation du bien, à savoir, de nouveaux bâtiments non soumis à un contrôle et à une réglementation sur les rives du Lac Elementaita, des préoccupations quant à la participation des populations Endorois à la proposition d’inscription de la composante du Lac Bogoria et, enfin, la construction de centrales géothermiques près du Lac Bogoria. Le Centre du patrimoine mondial a adressé des courriers le 9 octobre 2013, puis le 3 février 2014 et enfin le 16 avril 2014 afin de vérifier auprès de l’État partie chacune de ces informations. Le 24 mars 2014, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il est recommandé au Comité de prendre note des problèmes évoqués par l’ACHPR dans sa décision 276/2003 en faveur de l’EWC, suite à la plainte déposée par l’EWC pour non reconnaissance de ses droits au développement, et dans les résolutions afférentes de l’ACHPR concernant l’inscription du Lac Bogoria sur la Liste du patrimoine mondial, et de prier instamment l’État partie de répondre à l’ACHPR sur ces résolutions.

Le possible développement de l’énergie géothermale sur le territoire du bien est susceptible d’avoir un impact considérable sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) et ne devrait pas être autorisé. Tout projet de développement d’énergie géothermale à l’extérieur du bien devrait faire l’objet d’une évaluation environnementale poussée, y compris d’une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien, conformément à la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial.

L’État partie a remis des informations sur les actions prévues afin de traiter le problème des constructions sur les rives du Lac Elementaita, notamment un moratoire sur de futures constructions. Il est cependant préoccupant que ni l’ordonnance de restauration environnementale rendue par la NEMA, ni le plan d’action tel que décrit dans le rapport de l’État partie ne semblent envisager le déplacement des constructions illégales et la restauration écologique de la zone concernée. Les constructions, situées à proximité des sources chaudes et des îlots de reproduction des pélicans et dans une zone d’habitats essentiels pour les oiseaux et les poissons, sont susceptibles d’avoir un fort impact négatif sur la VUE du bien et ne devraient, en conséquence, pas être autorisées.

Le projet de l’État partie de Tanzanie, évoqué dans des reportages, de construction d’une usine de carbonate de soude sur les rives du Lac Natron suscite une certaine inquiétude. Le Lac Natron est le plus important site de reproduction au monde pour les flamants nains, 75% de la population mondiale de l’espèce y fait éclore ses œufs. Sa protection et sa conservation sont essentielles pour l’intégrité du bien et il convient de rappeler que lors de l’inscription, le Comité avait encouragé l’État partie de Tanzanie et les autres États parties concernés à envisager d’éventuelles extensions en série du bien, notamment le Lac Natron. Il est donc recommandé que le Comité demande à l’État partie de Tanzanie de donner des informations complémentaires sur ce projet, en rappelant l’article 6 de la Convention  qui stipule que : « Chacun des États parties à la présente convention s'engage à ne prendre délibérément aucune mesure susceptible d'endommager directement ou indirectement le patrimoine culturel et naturel (…) situé sur le territoire d'autres États parties à cette convention ».

Décision adoptée: 38 COM 7B.91

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 35 COM 8B.6 adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),
  3. Accueille favorablement la décision de l’État partie d’interrompre toute construction à venir dans une partie de la zone de conservation d’Ututu sur la rive sud du Lac Elementaita, notamment au moyen d’un moratoire d’un an sur les constructions dans les zones riveraines, estime que les constructions dans des zones très proches des habitats fragiles et dans des zones tampons critiques du bien sont susceptibles d’avoir de forts impacts négatifs sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) et demande à l’État partie de garantir que toute construction illégale existante est déplacée et que les zones concernées font l’objet d’une restauration écologique ;
  4. Prend note des résolutions de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (African Commission on Human and People’s Rights – ACHPR) concernant la reconnaissance des droits des Endorois sur le Lac Bogoria, et prie instamment l’État partie de répondre à l’ACHPR au sujet de ces résolutions et de garantir la participation effective, pleine et entière des Endorois à la prise de décision et à la gestion du bien, en particulier de la composante du lac Bogoria, par l’intermédiaire des leurs institutions représentatives ;
  5. Estime également que tout projet de développement d’énergie géothermique sur le territoire du bien est susceptible d’avoir un impact considérable sur sa VUE et ne devrait pas être autorisé, et demande également à l’État partie de veiller à ce que tout projet de développement d’énergie géothermale à l’extérieur du bien soit soumis à une évaluation d’impact environnemental (EIE), y compris à une évaluation spécifique des impacts directs, indirects et cumulatifs sur la VUE du bien, conformément à la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial ;
  6. Demande en outre à l’État partie de Tanzanie de remettre au Centre du patrimoine mondial des informations complémentaires sur le projet de construction d’une usine de carbonate de soude au Lac Natron, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et de garantir que l’EIE de ce projet évalue ses impacts négatifs potentiels sur la VUE du bien ;
  7. Exprime à nouveau ses encouragements aux États parties du Kenya et de Tanzanie afin qu’ils coopèrent dans la conservation effective du Lac Natron et d’autres lacs de la région et qu’ils envisagent de possibles extensions en série dans le cadre d’un éventuel bien du patrimoine mondial, transnational et en série, en considérant les récentes études thématiques en la matière réalisées par Birdlife International et l’UICN ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie du Kenya de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.