1.         Parc national d'Iguaçu (Brésil) (N 355)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1999-2001

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/355/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/355/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : environ 50 .000 dollars EU au titre du Programme brésilien du patrimoine mondial pour la biodiversité, afin de planifier la lutte contre l’incendie.

Missions de suivi antérieures

Mars 1999: mission UICN; avril 2008: mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/355/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le 31 janvier 2014, l’État partie d’Argentine a soumis un rapport conjoint sur l’état de conservation avec l’État partie du Brésil, comme demandé par la décision 36 COM 7B.29 du Comité, disponible à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/303/documents/. Toutefois, l’État partie du Brésil a par la suite soumis un rapport distinct le 15 février 2014, disponible à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/355/documents/. Le rapport conjoint rend compte des progrès suivants accomplis en matière de coopération transfrontalière voulue entre les deux biens attenants :

Si le rapport distinct de l’État partie du Brésil fait également référence à la coopération transfrontalière, il note néanmoins que les efforts de conservation transfrontalière n’ont pas encore été formalisés. Le rapport fait les remarques suivantes sur les questions de conservation :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le bref rapport conjoint se concentre sur la coopération transfrontalière. Si on peut se féliciter de son intention positive, il donne cependant des informations insuffisantes pour évaluer les activités actuelles et envisagées. Étant donné les nombreux liens existant entre les biens attenants, un cadre formalisé de coopération transfrontalière, comme demandé par le Comité à plusieurs reprises, reste nécessaire pour garantir une coordination adéquate. Le rapport distinct de l’État partie du Brésil note peu de progrès à cet égard.

Si la position claire du gouvernement brésilien contre la réouverture de la « Route du Colon » est accueillie favorablement, la possibilité que la route puisse être rouverte, alors que la question semblait close en 2001, reste inquiétante. La forêt atlantique intérieure est une priorité de conservation de la biodiversité d’ordre mondial et une justification majeure de l’inscription du bien (en plus des spectaculaires chutes). La forêt atlantique intérieure a souffert de perte massive de son couvert, dégradation et fragmentation au fil des siècles et est grandement menacée. Il est scientifiquement reconnu que la route accroîtrait les troubles et ouvrirait la zone au braconnage et à l’abattage illégal. L’ouverture illégale de la route en 1997 a donné lieu à la décision du Comité en 1999 d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril (Décision 23 COM X.B.20). Une réouverture de la route créerait les conditions pour réinscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 180 des Orientations.

En ce qui concerne le projet hydro-électrique de Baixo Iguaçu dans le voisinage est immédiat du bien, il est très inquiétant qu’aucune information n’ait été soumise à l’égard des éventuels impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et le bien voisin du parc national de l’Iguazú en Argentine. L’intention de débuter la construction aurait dû être communiquée au Centre du patrimoine mondial selon le paragraphe 172 des Orientations et comme demandé par le Comité du patrimoine mondial (Décision 36 COM 7B.29) en 2012. La construction devrait être arrêtée immédiatement pour permettre une évaluation globale des conséquences du projet sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des deux biens, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale.

La recherche sur les EEE indique un besoin urgent de mesures de gestion efficace dans les deux biens, requérant une collaboration internationale. Il convient de noter que les concessionnaires opérant au sein du bien sont contractuellement tenus d’éradiquer les EEE. Toutefois, les degrés de respect et d’efficacité demeurent vagues.

L’actualisation des plans de gestion dans les deux biens constitue l’occasion d’élaborer une réponse cohérente aux nombreux défis de conservation. Cela inclut les EEE et l’utilisation publique mais également les activités illégales telles que l’extraction de cœurs de palmier et le braconnage. Le bien est la deuxième zone protégée la plus visitée du Brésil et génère de substantiels revenus et emplois. Le financement de la conservation jouit d’un énorme potentiel qui est encore à réaliser. Les revenus devraient être utilisés, pour le moins, pour garantir l’application de la loi et mettre en œuvre des activités de gestion incluant l’utilisation publique, la communication, l’éducation et la sensibilisation. À court terme, la réouverture éventuelle de la « Route du Colon » et la construction de Baixo Iguaçu requièrent l’attention urgente du Comité du patrimoine mondial. Par conséquent, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie du Brésil d’inviter une mission de suivi réactif de l’UICN sur le bien, pour évaluer le statut et les impacts de ces enjeux et l’état de conservation général du bien. Il est recommandé qu’une mission au Brésil ait également la possibilité de rencontrer des homologues argentins pour débattre des questions d’intérêt commun.

Décision adoptée: 38 COM 7B.82

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.29, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Note que la construction du projet hydro-électrique de Baixo Iguaçu a été suspendue à cause d’une grande inondation aux alentours du bien du 7 au 9 juin 2014, causant l’arrêt des travaux, et que l’État partie a confirmé que la licence de construction pour le projet a été déclarée invalide ;
  4. Demande à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial une évaluation d’impact environnemental (EIE) détaillée conformément au paragraphe 172 des Orientations et conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial, de façon à aider l’État partie à réévaluer le projet hydro-électrique de Baixo Iguaçu, préalablement à l’approbation de sa mise en œuvre ;
  5. Note également avec une inquiétude particulière que le projet de loi 7123/2010, actuellement en cours d’examen au Congrès brésilien, représente un risque constant de réouverture potentielle de la « Route du Colon » et rappelle que l’ouverture illégale de la route en 1997 avait conduit le Comité à inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  6. Considère qu’une réouverture de la « Route du Colon » ou la poursuite de la construction du projet hydro-électrique de Baixo Iguaçu, avant que ne soit menée à bien une évaluation de leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, pourraient créer les conditions de réinscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril conformément au paragraphe 180 des Orientations ;
  7. Exprime son inquiétude vis-à-vis des changements apportés à la législation fédérale sur les zones protégées comme proposé dans le projet de loi 7123/2010, qui autoriserait la construction de routes dans les zones protégées, et qui pourrait également avoir un impact sur d’autres biens du patrimoine mondial au Brésil, et prie l’État partie de veiller rigoureusement à ce que la construction de routes au sein des biens du patrimoine mondial affectés par ce projet de loi demeure interdite par la loi ;
  8. Réitère sa demande aux États parties du Brésil et de l’Argentine de promouvoir la coopération transfrontalière entre les deux biens contigus, le Parc national de l’Iguaçu et le Parc national de l’Iguazú, afin de confirmer sur le plan politique et de guider sur le plan technique la coopération et la coordination ;
  9. Demande également à l’État partie de garantir une coordination renforcée avec l’État partie de l’Argentine dans l’actualisation des deux plans de gestion, en abordant en particulier les questions du financement de la conservation, de l’application de la loi, des espèces exotiques envahissantes, de l’utilisation publique, de la communication, de l’éducation et de la sensibilisation ;
  10. Demande en outre à l’État partie du Brésil d'inviter une mission de suivi réactif de l’UICN sur le bien pour évaluer le statut et l’impact potentiel du barrage de Baixo Iguaçu, ainsi que l’état de conservation général du bien incluant la zone précédemment affectée par la « Route du Colon » ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport d’avancement sur la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus et, en consultation avec l’État partie de l’Argentine, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.