1.         Chaussée des Géants et sa côte (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (N 369bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/369/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/369/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Février 2003 : mission de suivi réactif conjoint Centre du patrimoine mondial/UICN ; février 2013 : mission de conseil de l’UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Développement d’un terrain de golf

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/369/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le 21 février 2014, l’État partie a soumis un rapport d’avancement suite aux préoccupations exprimées par le Comité à sa 37e session (Phnom Penh, 2013). Ce rapport est consultable à l’adresse suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/369/documents.

L’État partie estime que le projet d’aménagement d’un terrain de golf à proximité du bien ne constitue pas une menace pour sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) et juge, en conséquence, injustifiée toute consultation ultérieure du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN sur d’éventuelles modifications et alternatives à ce projet. L’État partie précise par ailleurs que la mise en œuvre de la plupart des recommandations de la mission consultative de 2013 est en cours.

L’État partie annonce également son intention de soumettre une proposition de modification mineure des limites du bien en 2015 ou en 2016 afin d’inclure une grande partie du haut de la falaise.

Dans un courrier en date du 27 juin 2013, le Centre du patrimoine mondial a transmis à l’État partie des informations reçues d’un tiers au sujet d’une licence d’exploration pétrolière dans une zone censée empiéter sur les limites du bien. Le 25 juillet 2013, l’État partie a confirmé qu’une licence quinquennale d’exploration pétrolière a été accordée le 15 février 2011 sur un territoire qui englobe également celui du bien. Dans les courriers suivants, en date 15 septembre 2013 et du 7 mars 2014, l’État partie a fait remarquer que la licence arrivera à son terme le 16 février 2016 et qu’à cette occasion on pourrait exclure le territoire du bien de la zone de concession. L’État partie a également confirmé qu’à ce jour aucuns travaux d’exploration n’ont été entrepris sur le territoire du bien et qu’aucune demande de permis d’exploration sur ce même territoire n’a été soumise. Cependant, une Détermination de l’impact environnemental est actuellement réalisée suite à une demande de permis de travaux d’exploration à 10 km du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La majorité des recommandations de la mission consultative sont actuellement en cours de mise en œuvre par l’État partie, ce qui constitue une évolution positive. On remarquera cependant que l’État partie n’a pas l’intention d’envisager d’éventuelles modifications et alternatives au projet d’aménagement d’un terrain de golf. Il convient de rappeler que le Comité avait déjà exprimé dans le passé ses préoccupations quant aux impacts négatifs potentiels sur la VUE du bien en raison de l’échelle et de l’emplacement du projet, en particulier quant à ses considérables impacts potentiels sur les vues les plus importantes, tant sur le territoire du bien qu’en direction de son cadre général et de son paysage. Ces conclusions ont été confirmées par une évaluation de l’impact potentiel du projet sur le bien, réalisée à la demande du Département de l’environnement d’Irlande du Nord (Department of Environment of Northern Ireland – DoENI) et transmise le 21 février 2012 au Département en charge de la culture, des medias et du sport (Department for Culture, Media and Sport – DCMS) qui reconnaît : « que la nature du projet est telle qu’il aura un considérable impact visuel et de fortes incidences sur le paysage du cadre du bien du patrimoine mondial de la Chaussée des Géants et sa côte ». Au vu de ces éléments, il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il envisage d’éventuelles modifications du projet, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN.

Il est également recommandé que le Comité du patrimoine mondial rappelle sa position claire et déterminée selon laquelle toute exploration ou exploitation gazière et pétrolière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial et qu’il prie instamment l’État partie de garantir qu’aucune activité d’exploration n’est entreprise dans les limites du bien et que le bien est exclu de la zone concédée. En outre, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de garantir que toute activité d’exploration à l’extérieur des limites du bien n’a pas d’impact négatif sur la VUE de celui-ci.

Il conviendra de tenir compte de l’intention de l’État partie de soumettre un projet de modification des limites du bien en 2015 ou 2016. À ce sujet, l’État partie devrait être vivement encouragé à prendre en compte toute future modification des limites du bien lors de la réduction de la zone d’exploration pétrolière, et ce, afin d’éviter tout chevauchement potentiel lors de l’éventuelle adoption de la modification des limites par le Comité.

Décision adoptée: 38 COM 7B.80

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.28, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Note des informations communiquées par l’État partie selon lesquelles la majorité des recommandations de la mission consultative de l’UICN de 2013 sont en cours de mise en œuvre ;
  4. Réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il envisage, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, d’éventuelles modifications et alternatives au projet d’aménagement d’un terrain de golf afin d’éviter tout impact négatif potentiel ;
  5. Exprime sa préoccupation quant à l’accord d’une licence d’exploration pétrolière en février 2011, sur un territoire qui s’étend partiellement sur celui du bien et quant à l’absence d’information communiquée par l’État partie au Comité, comme demandé par le paragraphe 172 des Orientations;
  6. Note également de la confirmation par l’État partie, qu’à ce jour, aucuns travaux d’exploration n’ont été entrepris sur le territoire du bien et qu’aucune demande de permis pour de tels travaux n’a été soumise, et prie instamment l’État partie de garantir qu’aucune activité d’exploration pétrolière ne sera entreprise dans les limites du bien et que toute activité d’exploration entreprise à l’extérieur du bien n’a pas d’impact négatif sur sa valeur universelle exceptionnelle ;
  7. Réitère sa position selon laquelle toute exploration et exploitation gazière et pétrolière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial, et prie aussi instamment l’État partie d’exclure le territoire du bien de toute licence d’exploration pétrolière ;
  8. Prend note de l’intention de l’État partie de soumettre une proposition de modification des limites du bien, et encourage vivement l’État partie à garantir que toute modification envisagée des limites du bien n’entraine pas de nouveaux chevauchements des zones d’exploration pétrolière sur le territoire du bien ;
  9. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien, notamment sur la mise en œuvre des actions ci-dessus mentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.