1.         Ville coloniale de Saint-Domingue (République dominicaine) (C 526)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-2000)
Montant total approuvé : 82 207 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Août 2001 : mission de suivi ICOMOS ; décembre 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; janvier 2014 : mission consultative de l’ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Une mission consultative de l’ICOMOS s’est rendue sur le site en janvier 2014. Ensuite, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 6 février 2014, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/526/documents.

Il est rendu compte des progrès dans la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial comme suit :

Même si le rapport de l’État partie ne se réfère pas à l’approbation du plan stratégique pour la revitalisation intégrale de la ville coloniale de Saint-Domingue, il informe de certains progrès réalisés dans sa mise en œuvre :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Des efforts de conservation et de gestion ont été déployés par l’État partie, en particulier par la direction nationale du Patrimoine monumental et la municipalité du district national, pour assurer la protection du bien. Quelques associations de voisins et groupes d’entreprises encouragent et prennent des mesures contribuant à l’amélioration des conditions dans la ville coloniale. Il convient de souligner l’importance que revêt la finalisation du processus d’approbation pour la zone tampon de Saint-Domingue Est et de ses mesures réglementaires correspondantes pour assurer la protection du bien et la gestion appropriée de l’aménagement à grande échelle.

Toutefois, il y a quelques inquiétudes au sujet des travaux d’aménagement qui sont soumis à un processus de contrôle et de réorientation, comme le projet Sansouci, celui de la ligne de métro numéro 6 et le programme de promotion du tourisme dans la ville coloniale. Comme la mission l’a souligné, le projet Sansouci a été modifié conformément aux recommandations émises et des concepts révisés ont été élaborés. Toutefois, il faut encore travailler à la définition de paramètres de conception clairs, qui sont à déterminer par un groupe de travail composé d’architectes locaux, d’experts internationaux, de l’ICOMOS et d’architectes de Sansouci. Le concept final qui en résultera devrait être soumis pour examen préalablement à tout engagement sur sa mise en œuvre et il devrait tenir compte des attributs du bien et garantir que les impacts négatifs potentiels sont atténués, de telle sorte que le projet Sansouci ne devienne pas une menace pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Cela comprend le contrôle en termes de grande qualité du concept urbain et architectural, réalisant les meilleures perspectives sur la rivière et offrant à la ville d’importantes activités culturelles/commerciales publiques et attrayantes. De plus, il est recommandé de réduire la densité d’occupation du sol et de supprimer l’hôte-boutique dans l’angle près de Punta Torrecillas, de façon à dégager plus d’espace public. Les propositions révisées soumises dans les informations complémentaires reçues en mars 2014 ne semblent pas indiquer que la densité d’occupation ait été réduite et il est nécessaire que cette recommandation essentielle soit prise en compte avant toute approbation de l’aménagement. L’ICOMOS voudrait réitérer qu’à ce stade, c’est une approbation générale qui est recherchée pour l’aménagement dans son ensemble et que les projets architecturaux et l’aménagement de chacun des composants de la construction seront suivis de près pour garantir une haute qualité de la conception, qui ne compromette pas les qualités du bien.

En ce qui concerne la ligne de métro numéro 6, même des études de faisabilité ont été entreprises ; la mission consultative a noté que des fouilles et autres travaux dans le sous-sol de la ville coloniale pourraient être risqués, surtout compte tenu de la grande vulnérabilité d’anciennes structures comme la cathédrale. En conséquence, il est fortement recommandé d’effectuer des évaluations de l’impact sur le patrimoine, et d’analyser d’autres solutions, par ex. : la création d’un système de transport léger pour circuler dans le centre historique de la ville. S’agissant du programme pour la promotion du tourisme dans la ville coloniale, financé par la Banque interaméricaine de développement, le travail est en bonne voie et, alors qu’il existe une certaine coordination entre les entités du patrimoine et celles du tourisme, il est important d’assurer que le ministère de la Culture, par l’intermédiaire de la direction nationale du Patrimoine monumental, soit pleinement impliqué dans la mise en œuvre du projet. En outre, de très grands paquebots de croisière sont souvent à l’ancre près du bien, ce qui obstrue des perspectives. Des études sur ces problèmes et d’éventuelles solutions de rechange doivent être entreprises.

Il est estimé que, bien que des mesures aient été mises en œuvre, il existe des lacunes qui doivent être abordées en ce qui concerne les capacités techniques, le financement assuré pour des interventions sur les édifices patrimoniaux, l’adoption de cadres législatifs, le traitement des mandats qui se chevauchent et des doubles emplois dans des institutions concernées par le bien. Enfin, la priorité doit être donnée à l’élaboration de la préparation aux risques et à la gestion et il est nécessaire de prévoir un plan ce sujet.

Décision adoptée: 38 COM 7B.42

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.95, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Reconnaît les efforts accomplis par l’État partie pour financer et organiser la mission consultative conduite en janvier 2014 et l’encourage à mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport de mission ;
  4. Reconnaît les efforts accomplis par les autorités nationales et municipales dans la mise en œuvre des recommandations pour contrôler les préoccupations relatives au bien, comme la ligne de métro numéro 6, le programme pour la promotion du tourisme dans la ville coloniale, financé par un projet de la Banque interaméricaine de développement, et le projet Sansouci, ainsi que les associations de quartier et les groupes d’investissement privés pour promouvoir et engager des actions contribuant à l’amélioration des conditions de la ville coloniale ;
  5. Considère que tous les projets ou toutes les actions affectant la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et entrepris par une quelconque entité internationale, gouvernementale, non-gouvernementale ou privée, y compris la Banque interaméricaine de développement, doivent impliquer l’institution responsable de la protection du bien et être approuvées par cette entité ;
  6. Demande à l’État partie de mettre en œuvre ce qui suit et d’assurer que des calendriers spécifiques et réalistes soient appliqués :
    1. Finaliser le processus d’approbation de la zone tampon de Saint-Domingue Est et de ses mesures réglementaires correspondantes,
    2. Finaliser le processus d’approbation de la nouvelle loi sur la protection, la sauvegarde et l’aménagement du patrimoine culturel et s’assurer que ses dispositions sont intégrées dans les outils de planification du bien,
    3. Améliorer les capacités de gestion et assurer des ressources appropriées à la mise en œuvre durable de mesures de conservation, de protection et de gestion, spécialement en ce qui concerne le plein fonctionnement du comité directeur et le plan stratégique de revitalisation intégrée de la ville coloniale de Saint-Domingue,
    4. Identifier d’autres solutions pour traiter des problèmes de transport et élaborer des évaluations de l’impact sur l’environnement pour le projet de métro et les soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen préalablement à tout engagement relatif à sa mise en œuvre,
    5. Réviser le ratio occupation/espace libre du projet d’aménagement Sansouci et définir des paramètres pour la conception future de projets spécifiques afin de garantir que des impacts négatifs potentiels sur les qualités visuelles de l’environnement du bien sont atténués,
    6. Garantir que les paramètres relatifs à la conception de projets architecturaux tiennent compte des attributs traduisant la VUE et des conditions d’intégrité et d’authenticité du bien et que, conformément au paragraphe 172 des Orientations, le projet d’aménagement révisé et les concepts de bâtiments spécifiques sont soumis pour examen préalablement au démarrage de la mise en œuvre.
  7. Demande également à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.

Décision adoptée: 38 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/8E,
  2. Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;
  3. Adopte les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-14/38.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

AMERIQUE LATINE ET CARAIBES :

ASIE ET PACIFIQUE :

EUROPE ET AMERIQUE DU NORD :

4.  Décide que les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;
5.  Décide également que, compte tenu du grand nombre de Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :
6.  Prend note que le Centre du patrimoine mondial a lancé le processus d'harmonisation de l'ensemble des sous-titres dans les Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle et, le cas échéant, reflète les modifications de noms des biens du patrimoine mondial dans le texte des Déclarations comme requis par le Comité lors de sa 37e session, et demande au Centre du patrimoine mondial de mettre à jour également la taille de la propriété et/ou de sa zone tampon, le cas échéant, à la suite des décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial concernant des modifications mineures de limites 
7.  Demande aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande finalement au Centre de publier les versions dans les deux langues sur son site Internet.