1.         Parc national des Everglades (États-Unis d'Amérique) (N 76)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1993-2007, 2010-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Le bien a été réinscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril à la demande de l’Etat partie qui s’inquiète de voir l’écosystème aquatique du bien continuer à se détériorer, en particulier sous l’effet des facteurs suivants :

Mesures correctives identifiées

Neuf mesures correctives ont été identifiées et adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (décision 30 COM 7A.14 - https://whc.unesco.org/fr/sessions/30COM)

Des mesures supplémentaires sont également proposées pour adoption dans le projet de décision.

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2006 : participation de l'UICN à un atelier technique ayant pour but l'identification de repères et de mesures correctives ; Janvier 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du Patrimoine Mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 8 avril 2011, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’Etat partie. Du 22 au 27 janvier 2011, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN s’est rendue sur place à la suite de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à la demande de l’Etat partie (décision 34 COM 7B.29). Le rapport de la mission est disponible en ligne à l’adresse suivante : http:/whc.unesco.org/fr/sessions/35COM.

a) Altérations du régime hydrologique (volume, répartition des entrées d’eau)

L’Etat partie fait remarquer que les changements du mode de gestion de l’eau intervenus en amont au cours du siècle dernier ont supprimé une grande partie de l’écoulement naturel en nappe dans l’ensemble des Everglades, ce qui a, au fil du temps, provoqué l’oxydation des sols tourbeux ainsi que l’aplatissement de la crête et du paysage de marécage, à mesure que les communautés de marécages en eau libre ont été remplacées par une population dense d’herbes marines. L’Etat partie fait également observer que ces modifications des habitats ont provoqué un déclin notable de la productivité aquatique du bien et une perte de diversité globale, à l’origine d’une réduction des sources d’alimentation primaires qui a entraîné un déclin des populations d’échassiers de 70 à 90 % par rapport aux estimations effectuées avant le drainage. L’Etat partie note en outre que l’inondation prolongée des prairies marneuses de Western Shark Slough et la modification de l’habitat qui en a résulté avec l’apparition d’une végétation de prairie humide, ont causé un déclin marqué du succès de la nidification du bruant maritime du Cape Sable, espèce particulièrement menacée. Selon des informations reçues par la mission, la population de ce bruant a décliné de 90 % par rapport aux estimations effectuées avant le drainage.

L’Etat partie fait remarquer que plusieurs des mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006) s’attaquent au problème du régime hydrologique perturbé, en préconisant une élévation de Tamiami Trail et la construction d’un pont, l’ajout de nouveaux dispositifs d’adduction et de gestion des eaux d’infiltration et la révision des activités de gestion de l’eau pour augmenter les volumes d’eau et améliorer la répartition des flux qui alimentent le bien. Ces mesures correctives sont intégrées dans les projets Modified Water Deliveries et C-111 South Dade. L’Etat partie indique que l’avancement de ces deux projets est lent et que les efforts de restauration faits à ce jour n’ont apporté que des améliorations minimes des volumes d’eau ou de la répartition des flux par rapport à ce qu’il faudrait pour obtenir l’état de conservation souhaité.

La mission a conclu que la restauration du bien dépendait non seulement de l’amélioration des flux hydrologiques anticipés dans les initiatives Modified Water Deliveries et C-111 actuelles, mais aussi d’autres projets (actuels et futurs) qui composent le Comprehensive Everglades Restoration Plan (CERP), ainsi que des activités non liées au CERP, axées sur la nécessité d’intégrer de nouvelles informations scientifiques et des objectifs hydrologiques pour l’ensemble du bassin. Il est essentiel que l’Etat partie fasse avancer les modifications de Tamiami Trail pour inclure l’extension du pont sur près de 9 km, conformément à la recommandation de l’Etude finale de faisabilité et à la Déclaration d’impact sur l’environnement du Tamiami Trail Next Steps Project, ainsi qu’une nouvelle élévation de la route et d’autres modifications des infrastructures associés pour réduire les pertes d’eau par infiltration des eaux souterraines.

b) Expansion urbaine et agricole à proximité du bien (impact de la protection contre les inondations)

L’Etat partie indique que l’expansion du développement urbain et agricole dans les prairies marneuses de l’est a provoqué une transformation lente des communautés végétales de ces prairies en espèces plus tolérantes à la sécheresse et en espèces terrestres, entraînant une perte majeure de productivité et de diversité biologique des communautés d’animaux aquatiques. L’Etat partie note que cette aire autrefois importante d’alimentation des échassiers a perdu une grande partie de sa valeur écologique et que les rockeries historiques des estuaires du sud ont commencé à disparaître. 

L’Etat partie indique que les dispositifs de gestion des eaux d’infiltration de la zone de 22 km² jusqu’à la zone de rétention C-111 sud pour réduire les pertes d’eaux souterraines autour de la limite est du bien sont partiellement terminés. Il indique également que la zone de rétention C-111 nord, qui permettrait aux flux excédentaires de la zone de 22 km² de s’écouler vers le sud et de combler les lacunes actuelles des dispositifs de gestion des eaux souterraines dans la portion supérieure de Taylor Slough, est actuellement en cours de réalisation et devrait être achevée d’ici 2017. L’Etat partie précise aussi que des tests sont en cours pour identifier d’autres dispositifs supplémentaires de gestion des eaux d’infiltration visant à réduire les pertes d’eau souterraine au niveau de Northeast Shark River Slough.

La mission a conclu qu’il était crucial de renforcer la coopération entre tous les partenaires impliqués dans les projets de restauration par l’adoption d’une vision commune faisant de la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien une priorité permanente. La mission a également conclu qu’il était essentiel de veiller à ce que l’importance d’une approche à l’échelle de l’ensemble du bassin ainsi que d’une planification et d’une gestion de l’eau dans le sud de la Floride soit pleinement reconnue par tous les organismes et toutes les parties prenantes concernés et que des décisions prises très loin en amont pouvaient avoir des impacts majeurs à l’intérieur du bien.

c) Augmentation de la pollution provenant des activités agricoles en amont

L’Etat partie note que les Everglades présentent un gradient distinct nord-sud de nutriments et polluants, des zones agricoles et urbaines dégradées situées en amont, jusqu’au parc relativement épargné. La mission note que le système de canal du Central & Southern Florida (C&SF) Project fait office de voie de passage pour le transport des nutriment et que les eaux de ruissellement de l’Everglades Agricultural Area (EAA) ont considérablement augmenté les concentrations de phosphore dans les aires de conservation de l’eau en aval et dans le parc. L’Etat partie indique que plus de 16 200 hectares de zones humides des Everglades, principalement dans le nord du bien, montrent des signes d’eutrophisation majeure et que ces zones continuent d’augmenter en taille. Il note que les impacts eutrophes progressifs incluent des modifications de la composition des espèces du périphyton et la perte totale de communautés d’algues, une réduction substantielle de l’oxygène dissous dans la colonne d’eau, une augmentation de la teneur en phosphore des macrophytes et du sol, la conversion de la prairie, des herbes marines et de la mosaïque de marécages en peuplements denses de massettes, une diminution de la productivité des poissons et des invertébrés et une perte d’habitat pour l’alimentation des échassiers.

L’Etat partie fait remarquer qu’environ 4 900 ha de nouvelles zones de traitement des eaux de ruissellement (STA) sont en cours de construction et devraient être opérationnelles d’ici à 2013. Il note également que d’autres STA seront agrandies et que l’équivalent de 12 950 ha de bassins de régularisation sera construit d’ici à 2014-2018. Il s’attend à ce que l’extension du STA-1W (« Stormwater Treatment Area 1 West ») apporte environ 247 millions de m3 d’eau nouvelle dans les zones de conservation de l’eau et le bien.

La mission conclut qu’il est nécessaire de régler le problème des incertitudes liées aux actions en justice intentées en amont du bien, en particulier en relation avec la qualité de l’eau. Elle considère qu’il est en outre essentiel de régler le problème des retards dans la mise en œuvre des projets Modified Water Deliveries (MWD), C-111 et CERP, ainsi que des initiatives associées pour améliorer la qualité de l’eau, lesquels ne feront qu’entretenir la dégradation du bien et risquent de réduire la résilience de l’écosystème des Everglades face au changement climatique.

d) Protection et gestion de la Baie de Floride

L’Etat partie indique que les apports réduits d’eau douce dans la Baie de Floride sont à l’origine d’une augmentation de la salinité, en particulier en amont des échancrures infralittorales du centre de la Baie de Floride et en aval des zones humides de Taylor Slough. Il note que la productivité globale des estuaires nécessaire pour la reproduction normale des communautés de poissons d’estuaire ainsi que des communautés associées d’échassiers et de oiseaux de rivage marins a beaucoup diminué et que la forte salinité a contribué à la disparition rapide des herbes marines, à la prolifération récurrente des algues et à l’augmentation de la turbidité. L’Etat partie indique que la mise en œuvre, actuellement en cours, des projets C-111 South Dade et C-111 Spreader Canal Phase 1, devrait créer une crête presque continue de la napper phréatique le long de la bordure est de Taylor Slough, pour retenir l’eau à l’intérieur de ce bassin hydrologique et rediriger les flux d’eau douce vers le centre de la Baie de Floride. Il indique également que des programmes visant à augmenter de façon substantielle les flux dans Northeast Shark River Slough seront à terme nécessaires pour restaurer les flux d’eau douce dans la Baie de Floride et réduire la salinité dans l’ensemble de cette zone.

La mission a été informée que la Florida Bay Florida Keys Feasibility Study (FBFKFS) n’avait pas fait de progrès significatif depuis son autorisation. Le South Florida Natural Resources Center (SFNRC), qui a apporté une contribution majeure à la FBFKFS, continue de développer les modèles physiques et écologiques destinés à traiter la question des répercussions des apports d’eau sur le régime de salinité de la Baie de Floride et des réponses biologiques potentielles. Les fruits de ce travail devraient être des outils pour évaluer les effets des modifications de la gestion de l’eau proposées ainsi que pour fixer des objectifs spécifiques de restauration des apports d’eau qui seront bénéfiques pour l’écosystème de la baie. Ce travail est effectué en coordination avec les efforts pluridisciplinaires et interagences dirigés vers l’objectif commun de formuler des recommandations scientifiquement fondées pour la restauration des Everglades. Un rapport devrait être produit fin 2011.

e) Effets du changement climatique et de l’élévation du niveau de la mer

La mission fait remarquer que, si l’on réussit à rétablir l’écoulement des flux traditionnels d’eau douce dans Shark River et Taylor Sloughs, la résilience de l’écosystème devrait s’améliorer et sa capacité à s’adapter au changement climatique et à l’élévation du niveau de la mer devrait se renforcer. L’amélioration des flux d’eau douce devrait également aider à freiner l’intrusion de l’eau salée et éviter le changement environnemental très rapide qui diminue la capacité des espèces à migrer ou à s’adapter. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le déplacement de certains habitats tels que les mangroves sont sans doute inévitables mais qu’en soi cela ne constitue pas nécessairement une menace pour la valeur universelle exceptionnelle du bien. La mission considère qu’il n’y a pas, actuellement, suffisamment de preuves que le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer risquent de présenter une menace immédiate ou d’un niveau équivalent à celles que constituent les modifications de la quantité et de la qualité de l’eau douce qui pénètre dans le bien.

f) Espèces envahissantes

La mission a trouvé des preuves d’une augmentation significative des espèces envahissantes appartenant tant à la flore qu’à la faune et considère que cela pourrait constituer une menace pour la valeur universelle exceptionnelle du bien. La mission conclut qu’il est nécessaire d’entreprendre une évaluation des effets des espèces envahissantes (plantes et animaux) sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

g) Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Comme l’avait demandé la décision 34 COM 7B.29, la mission a aidé l’Etat partie à définir l’Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Quatorze indicateurs différents ont été proposés pour surveiller l’intégrité et la réhabilitation écologique, ainsi que l’efficacité de la gestion. Les indicateurs d’intégrité proposés sont notamment l’ordre de grandeur et la direction du ruissellement en nappe, le rythme et la répartition de la profondeur des eaux de surface (régime hydrologique) et la concentration de phosphore total dans l’eau douce des Everglades. Les indicateurs écologiques proposés sont notamment les concentrations et la répartition des nutriments et de la salinité dans les écosystèmes côtiers du sud, l’abondance des espèces et la répartition du périphyton et des assemblages de faune d’eau douce, l’abondance et la répartition des échassiers, de l’alligator américain, du crocodile américain, de la végétation aquatique submergée dans les écosystèmes côtiers du sud (en particulier les herbes marines) ainsi que de la communauté de faune infralittorale (notamment l’acoupa pintade et la crevette nordique). Les indicateurs d’efficacité de la gestion proposés incluent l’adhésion, à l’échelle de l’ensemble du bassin hydrologique, à une vision commune de la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien et l’octroi des ressources financières nécessaires. Une description détaillée est donnée dans le rapport de la mission. Le rapport soumis par l’Etat partie affine ces indicateurs et indique des objectifs mesurables pour les indicateurs d’intégrité. Aucun objectif mesurable, aucune évaluation quantitative ne sont fournis pour les indicateurs écologiques. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent qu’il faudrait définir des objectifs mesurables ou des évaluations quantitatives pour tous les indicateurs qui serviront à déterminer l’Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Sur la base des conclusions de la mission, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la valeur universelle exceptionnelle du bien continue à se dégrader à cause du niveau insuffisant du débit et de la qualité de l’eau qui pénètre dans le bien. La mission a reconnu que l’Etat partie avait élaboré au cours des trois dernières décennies des programmes substantiels pour assurer un apport plus naturel d’eau et améliorer la qualité de l’eau, mais confirme que les projets nécessaires pour atteindre ces objectifs n’ont pas été totalement mis à exécution, voire ne sont pas encore totalement engagés. Le financement des projets accuse des retards considérables et persistants qui empêchent les autorités du parc de mettre en œuvre et de mener à bien les neuf mesures correctives identifiées en 2006.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN souhaitent attirer l’attention du Comité du patrimoine mondial sur le fait que les neuf mesures correctives actuelles ne seront pas suffisantes pour atteindre l’Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. De plus, la mission considère qu’il sera essentiel de renforcer la coopération entre tous les partenaires associés aux projets de restauration par l’adoption d’une vision commune, de veiller à ce que l’importance d’une approche globale, à l’échelle du bassin hydrologique, de l’aménagement et de la gestion des terres et de l’eau dans le sud de la Floride soit pleinement reconnue par tous les organismes et toutes les parties prenantes concernés, de s’attaquer au problème des retards dans la mise en œuvre des projets Modified Water Deliveries (MWD), C-111 et CERP ainsi que des initiatives associées d’amélioration de la qualité de l’eau, de faire avancer les nouvelles modifications du Tamiami Trail pour inclure le prolongement du pont sur près de 9 km et l’extension de l’élévation de la route ainsi que d’autres modifications des infrastructures, et de régler les incertitudes liées aux actions en justice intentées en amont et liées notamment à la qualité de l’eau. Tout ceci est inclut dans le projet de décision sous forme de mesures correctives supplémentaires.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent également qu’il y a des preuves d’une volonté d’aboutir et de la mise en œuvre de mesures qui, menées à bien, devraient permettre d’obtenir un Etat de conservation souhaité suffisant pour permettre dans le futur le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Toutefois, le Centre du patrimoine mondial et l’UCN notent la conclusion de la mission selon laquelle il faudra peut-être plusieurs décennies pour que le bien atteigne l’Etat de conservation souhaité. C’est pourquoi le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le Comité du patrimoine mondial maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et que les mesures correctives soient réévaluées en 2016 afin de comprendre leur impact cumulé sur la restauration du bien.

Décision adoptée: 35 COM 7A.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7A.Add,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.29, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Note la conclusion de la mission de suivi réactif effectuée par le Centre du patrimoine mondial et l'UICN en 2011, selon laquelle la valeur universelle exceptionnelle du bien continue à se dégrader, à cause du niveau insuffisant du débit et de la qualité de l'eau qui pénètre dans le bien;

4. Note avec satisfaction que l'Etat partie a élaboré au cours des trois décennies des programmes substantiels pour assurer un apport plus naturel d'eau et pour améliorer la qualité de l'eau, mais se dit préoccupé par le fait que les projets nécessaires pour atteindre ces objectifs n'ont pas été totalement mis en œuvre ni ne sont totalement engagés et que leur financement accuse des retards persistants considérables qui empêchent en grande partie les autorités du parc de mettre en œuvre et de mener à bien les neuf mesures correctives identifiées en 2006;

5. Demande à l'Etat partie de mettre en œuvre, en plus de ce qui reste des mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006), les mesures correctives supplémentaires suivantes:

a) Renforcer la coopération entre tous les partenaires des projets de restauration par l'adoption d'une vision commune faisant de la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien une priorité majeure et permanente. Cette vision commune doit être intégrée dans le Plan de gestion global attendu pour le printemps 2011,

b) Veiller à ce que l'importance d'une approche englobant l'ensemble du bassin hydrologique de la planification et de la gestion des terres et de l'eau dans le sud de la Floride soit pleinement reconnue par tous les organismes et toutes les parties prenantes concernés (par ex. par une écoconformité), et à ce que les décisions prises très loin en amont n'aient pas de nouvel impact sur la conservation du bien. L'approche à l'échelle du bassin hydrologique doit transparaître et être mise en œuvre dans le Plan de gestion global attendu pour le printemps 2011,

c) S'attaquer au problème des retards dans la mise en œuvre des projets Modified Water Deliveries (MWD), C-111 et Comprehensive Everglades Restoration Plan (CERP), ainsi que des initiatives correspondantes d'amélioration de la qualité de l'eau, retards qui ne font qu'aggraver la dégradation du bien et qui risquent de réduire la résilience de l'écosystème des Everglades face au changement climatique,

d) Faire avancer les nouvelles modifications du Tamiami Trail pour inclure le prolongement du pont sur environ 9 km ainsi que l'extension de l'élévation de la route et les autres modifications des infrastructures associées, afin de réduire les pertes d'eau par infiltration de l'eau souterraine, tout en répondant aux préoccupations des autres parties prenantes,

e) Régler le problème des incertitudes liées aux actions en justice intentées en amont du bien, en particulier en relation avec la qualité de l'eau;

6. Prie instamment l'Etat partie d'intensifier ses efforts pour la mise en œuvre intégrale des quatorze mesures correctives et d'accorder la plus haute priorité au budget impayé nécessaire pour leur mise en œuvre complète;

7. Demande également à l'Etat partie d'entreprendre une évaluation des effets des espèces envahissantes (flore et faune) sur la valeur universelle exceptionnelle du bien;

8. Prend note de l'Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril indiqué dans le rapport de la mission effectuée en 2011 par le Centre du patrimoine mondial et l'UICN et demande en outre à l'Etat partie d'affiner et de quantifier tous les indicateurs, afin de pouvoir mesurer les progrès accomplis;

9. Encourage l'Etat partie à étudier plus avant des mesures concrètes et réalistes (notamment la faisabilité de définir les zones de conservation de l'eau 3A et 3B en tant que zones tampons) qui permettraient de réduire l'enrichissement de l'eau en nutriments provenant de la zone agricole des Everglades et d'autres endroits, et à régler les conflits entre parties prenantes qui risquent d'empêcher l'apport des volumes d'eau douce nécessaires dans le bien (par ex. la zone de conservation de l'eau 3B);

10. Demande par ailleurs à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1erfévrier 2012, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, y compris sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives et sur les autres points soulevés plus haut, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012;

11. Décide de maintenir le Parc national des Everglades (Etats-Unis d'Amérique) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-11/35.COM/7A, WHC-11/35.COM/7A.Add, et WHC-11/35.COM/7A.Add.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :