1.         Patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Albanie,Macédoine du Nord) (C/N 99quater)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(iv)(vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/99/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2011)
Montant total approuvé : 20 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/99/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Septembre 1998: mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / UICN ;Décembre 2013 : mission de conseil ICOMOS/UNESCO

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/99/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

En décembre 2013, l’État partie a invité une mission de conseil ICOMOS/UNESCO pour apprécier l’état de conservation général du bien et évaluer le projet de « Instauration de l’université de Saint-Clément à Plaochnik ». Le 28 mars 2014, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation. Les deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/99/documents. Le rapport de l’État partie souligne la mise en œuvre des actions suivantes suite aux recommandations de la mission :

L’État partie cite également les interventions de conservation menées dans les bâtiments historiques et les sites archéologiques. Concernant les outils de planification, le plan de gestion est en cours d’examen et un plan de protection intégré du noyau de la vieille ville d’Ohrid sera préparé ; aucun calendrier n’a été communiqué concernant la finalisation et l’approbation de ces plans.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

La réponse positive de l’État partie aux recommandations de la mission et l’examen substantiel du projet de l’université de Saint-Clément sont à accueillir favorablement. Un suivi attentif durant la mise en œuvre des projets architecturaux garantira l’absence de répercussions sur la VUE du bien qu’engendrerait le développement dans la zone de Plaochnik. Un dialogue continu avec l’État partie est également important à cet égard au fur et à mesure de l’avancement du projet. Les nouveaux projets architecturaux spécifiques devraient être soumis à examen.

Les conclusions de la mission au regard des interventions et du développement non contrôlés ces dernières années ainsi que leur impact sur les conditions d’authenticité et d’intégrité sont bien notées. Un contrôle strict et des dispositions opérationnelles de gestion sont nécessaires pour que les attributs du bien ne soient pas altérés au point de compromettre sa VUE. Les nouvelles lois portant sur le bien du patrimoine mondial doivent être pleinement appliquées ; la mise en place d’une structure de gestion est nécessaire afin de coordonner les actions à différents niveaux et entre les institutions concernées ayant pouvoir de décision. Cela est particulièrement important s’agissant de l’attribution de permis pour le développement ou la restauration de bâtiments historiques.

La mise en œuvre efficace des outils de planification et des mesures réglementaires est nécessaire pour contrôler comme il se doit les pressions du développement, la densification et les interventions qui ont des répercussions sur la nature du tissu historique et le cadre du bien. L’actualisation et la procédure de revue des mesures réglementaires doivent comprendre des dispositions visant à mener des évaluations d’impact environnemental et d’impact sur le patrimoine (EIE/EIP) dans le contexte de la VUE du bien, et mieux contribuer au processus de prise de décision aux niveaux national et local. La réglementation révisée devrait être pleinement intégrée au processus de revue du plan de gestion, au plan d’urbanisme de l’ensemble et à l’élaboration du plan de protection intégré du noyau de la vieille ville d’Ohrid.

Outre le développement récemment approuvé de la zone d’aménagement et de tourisme côtier Lyoubanichta 1 ainsi que l’axe routier régional Ohrid-Pechtani, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont pris note des informations publiquement disponibles (http://www.mepso.com.mk/en-us/Vesti.aspx?itemVID=267) concernant les intentions de l’État partie de développer une station et centre de ski dans le Parc national de Galičica, au sein des limites du bien, et ont demandé de plus amples informations à l’État partie en avril 2014. Les préoccupations portent sur les impacts potentiels individuels et cumulés de chaque projet d’infrastructure prévu sur la VUE du bien, les aménagements de ski au sein du bien étant probablement incompatibles avec son statut de patrimoine mondial. Les recommandations de la mission devraient être rappelées, en particulier le fait qu’un plan d’action complet pour les berges du lac soit développé avant que les projets ne progressent davantage et que les évaluations d’impact environnemental et d’impact sur le patrimoine de ces projets soient préparées conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial, et au Guide de l’ICOMOS pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial, et soit soumis avec tous les détails techniques concernant ces projets au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute décision soit prise, qui serait difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Directives.

Concernant le Corridor ferroviaire paneuropéen VIII, l’EIE et l’EIP seront cruciales s’agissant du développement du projet et des trajets alternatifs ne traversant pas le bien devraient être sérieusement envisagés.

Enfin, il est noté que les missions au sein du bien ont mis en lumière l’importance d’une coopération transfrontalière efficace et il est recommandé que les efforts en vue d’une extension transfrontalière avec l’Albanie soient priorisés pour garantir la conservation et la protection à long terme du bien dans le cadre des processus en amont du patrimoine mondial.

Décision adoptée: 38 COM 7B.58

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant les décisions 22 COM VII.30 et 33 COM 8B.40 respectivement adoptées à ses 22e (Kyoto, 1998) et 33e (Séville, 2009) sessions,
  3. Accueille favorablement les actions entreprises par l’État partie suite aux recommandations faites par la mission de conseil de 2013 se rapportant au projet de Instauration de l’université Saint-Clément à Plaochnik et recommande que le dialogue entre l’État partie et les Organisations consultatives se poursuive à mesure que le projet évolue ;
  4. Encourage l’État partie à mettre en œuvre toutes les recommandations faites par la mission de conseil de 2013 afin d’améliorer l’état de conservation du bien, en accordant une attention particulière aux actions suivantes :
    1. Finaliser le plan de gestion du bien et le plan de protection intégré du noyau de la vieille ville d’Ohrid et soumettre une version électronique et trois exemplaires imprimés du projet de plan de gestion révisé pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives,
    2. Développer un plan d’urbanisme précis pour l’intégralité de l’ensemble monumental, conformément au cadre réglementaire existant, afin de garantir l’application des dispositions et contrôler les activités pouvant avoir des impacts sur l’entièreté de la zone protégée,
    3. Appliquer strictement les dispositions légales et réglementaires et établir une structure de gestion visant à contrôler les pressions liées au développement et aux interventions sur le bien,
    4. Élaborer un plan d’action complet pour les berges du lac afin de constituer des directives adaptées sur le type et l’ampleur des développements potentiels par rapport aux attributs de la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et de son cadre ;
  5. Exprime sa préoccupation au sujet la planification de plusieurs projets majeurs d’infrastructure au sein du bien, dont les projets de développement côtiers Lyoubanichta 1 et 2, l’axe routier Ohrid-Pechtani et la station et centre de ski de Galičica, et demande que les détails techniques, y compris les évaluations d’impact environnemental et d’impact sur le patrimoine (EIE/EIP), concernant les projets à l’étude au sein du bien soient soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen préalable à toute prise de décision difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Directives ;
  6. Considère que la construction prévue de la station et centre de ski de Galičica aura vraisemblablement des impacts importants directs et indirects sur la VUE du bien, et demande à l’État partie d’arrêter le projet jusqu’à ce que l’évaluation d’impact susmentionnée soit achevée et examinée ;
  7. Demande également que les propositions de projet sélectionnées pour la mise en œuvre du Corridor ferroviaire paneuropéen VIII, une fois finalisées, soient soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives et prie instamment l’État partie d’étudier des trajets alternatifs ne traversant pas le bien ;
  8. Encourage également les États parties de l’Albanie et de l’ex-République yougoslave de Macédoine, avec le soutien du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives, à continuer de coopérer dans le cadre des procédures en amont en vue de la préparation d’une nouvelle candidature pour une extension transfrontalière du bien visant à inclure la partie albanaise du lac d’Ohrid et de son bassin, afin de renforcer les valeurs et l’intégrité du bien ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport sur les progrès urgents devant être réalisés pour répondre aux problèmes ci-dessus mentionnés, incluant un résumé exécutif d’une page et, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.