1.         Vieille ville de Dubrovnik (Croatie) (C 95ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1991-1998

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/95/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1985-2003)
Montant total approuvé : 142 053 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/95/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total du grand programme de restauration de l’après-guerre coordonné par l’UNESCO : 80 000 000 dollars EU

Missions de suivi antérieures

novembre 1995: mission d'étude

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/95/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Après avoir reçu des informations de la société civile, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’apporter des éclaircissements sur un vaste projet à proximité du bien du patrimoine mondial et sur les progrès en matière de réglementation du tourisme de croisière. Le 28 janvier 2014, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien où il décrit en détail l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien que peuvent exercer le tourisme de croisière, mais aussi le centre de sports et de loisirs proposé, avec un golf et un village de vacances. L’État partie indique que le centre récréatif projeté couvrirait une zone de forêt protégée d’environ 359 hectares sur le plateau du mont Srđ et Bosanka, surplombant directement la ville de Dubrovnik. Le projet prévoit la construction de deux terrains de golf, un complexe sportif, deux hôtels, 240 villas, 408 appartements, un amphithéâtre, un club équestre, des parcs, des promenades et d’autres infrastructures. Il semble qu’un certain nombre de villas seront construites au bord de l’escarpement qui leur offrira des vues sur la vieille ville.

L’État partie a indiqué que ce projet va être approuvé et que la construction des appartements et des terrains de golf est sur le point de commencer. Il a également indiqué que le Département de la conservation de Dubrovnik a déterminé qu’après quelques révisions des zones et des volumes du centre, le projet de développement est conforme aux directives de conservation préalablement émises. Le plan d’urbanisme de la ville de Dubrovnik a également été révisé et adopté par le Conseil municipal de Dubrovnik le 17 août 2013. En janvier 2014, les travaux de construction n’avaient encore pas démarré pour le projet.

S’agissant des grands bateaux de croisière, l’État partie a informé que le Ministère du Tourisme envisage d’établir une nouvelle « Stratégie croate de développement du tourisme jusqu’en 2020 », qui abordera tous les sujets pertinents. Il a également indiqué qu’une stratégie du tourisme ferait partie du plan de gestion du bien. L’État partie a lancé l’étude d’un cadre juridique national pour renforcer la protection législative et la gestion des biens du patrimoine mondial en Croatie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie n’a pas soumis d’informations, en vertu du paragraphe 172 des Orientations, de son intention d’entreprendre ou d’autoriser de nouvelles constructions susceptibles d’affecter la VUE du bien.

Les documents présentés à la demande du Centre du patrimoine mondial montrent que la grande taille du projet pourrait avoir un effet irréversible sur la VUE du bien. Cela ferait disparaître la distinction clairement établie au fil de l’histoire entre le complexe urbain de Dubrovnik, en tant que création unique de l’architecture médiévale et de l’aménagement urbain, son paysage et son cadre de milieu rural.

La documentation analytique jointe au rapport d’état de conservation présenté par l’État partie n’évalue pas le projet de développement en fonction de son impact potentiel sur les attributs qui justifient la valeur universelle exceptionnelle de la Vieille ville de Dubrovnik.

Par conséquent, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’arrêter tous les travaux entamés au titre du projet jusqu’à ce qu’une étude approfondie et une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) en termes d’impact cumulatif sur la VUE de la Vieille ville de Dubrovnik soit réalisée pour le bien et son cadre élargi.

Quant à l’impact des grands navires de croisière, il faudrait disposer d’éléments plus concrets sur les solutions envisagées au problème que pose le grand nombre de touristes qui visitent le site en un laps de temps très court (y compris le tourisme de croisière), en particulier des précisions sur la manière dont le plan de gestion urbaine et la stratégie de développement touristique relèveront les défis du tourisme d’aujourd’hui et de demain.

Vu la situation actuelle, une mission de suivi réactif est nécessaire, pour étudier les conditions actuelles sur le site, mesurer les impacts cumulatifs potentiels (directs et indirects, y compris visuels, physiques, sociaux, culturels et économiques) du projet sur la VUE, et étudier également si le bien est confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets délétères sur ses caractéristiques intrinsèques et s’il répond aux critères pour son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 179 des Orientations.

Décision adoptée: 38 COM 7B.25

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 22 COM VII.17, adoptée à sa 22e session (Kyoto, 1998),
  3. Prend note des éléments d’information soumis par l’État partie concernant le grand projet prévu sur le plateau du mont Srđ et Bosanka à proximité du bien du patrimoine mondial ;
  4. Demande à l’État partie de fournir la documentation du projet et l’évaluation d’impact patrimonial (EIP) s’y rapportant avant le début de tous travaux de développement et toute décision finale, conformément au paragraphe 172 des Orientations  ;
  5. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif sur le bien pour en évaluer les conditions actuelles, incluant l’évaluation des impacts potentiels dus au développement et de définir des options de projets de développement compatibles avec la VUE du bien ;
  6. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le plan de gestion du bien, incluant une stratégie du développement touristique et des règles juridiques appliquées au tourisme de croisière, ainsi qu’une documentation relative au projet et l’évaluation d’impact patrimonial (EIP) s’y rapportant ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport d’avancement sur l’état de conservation du bien et, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport sur la mise en œuvre des mesures qui précèdent, les deux rapports incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.