1.         Ensemble de bâtiments anciens des montagnes de Wudang (Chine) (C 705)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (i)(ii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/705/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/705/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Proposition du projet de relèvement du palais Yuzhen sur le site

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/705/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L’État partie a soumis le 31 janvier 2014 un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/705/documents. Par la suite, une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM a visité le bien du 8 au 13 mars 2014 (rapport de mission disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/705/documents.)

Les principaux problèmes traités lors de la mission et dans le rapport de l’État partie concernent un projet de relèvement du palais Yuzhen (un des 62 éléments constitutifs du bien en série) au-dessus du niveau du nouveau bassin de retenue de Danjiangkou, ainsi que  le système de gestion d’ensemble du bien.

Projet de relèvement du palais Yuzhen : Ce projet a été planifié en 2007 et sa mise en œuvre a commencé en 2012, sans que les détails en soient présentés au Comité du patrimoine mondial comme l’exige le paragraphe 172 des Orientations. La mission a été informée que pour réagir à l’inondation imminente, l’État partie avait étudié trois possibilités :

Après une étude menée par une équipe d’experts chinois, c’est la troisième option qui a été retenue et les travaux ont commencé en 2012. Au moment de la mission, les bâtiments en bois et les vestiges archéologiques avaient déjà été démantelés/dégagés (documentés et numérotés) et mis en réserve à proximité du site. De plus, les trois portes avaient déjà été relevées et les travaux de terrassement pour la construction de la plateforme avaient débuté. La plateforme était presque terminée et il ne restait qu’à finaliser le compactage du remplissage. Une fois ce travail achevé et après finalisation d’autres détails, les travaux de réédification du palais en bois vont commencer, ainsi que la remise en place des vestiges archéologiques.

La mission a jugé la qualité technique des travaux excellente (on en trouvera les détails dans le rapport de l’État partie sur l’état de conservation du bien). La mission a toutefois constaté que le relèvement de ce palais avait nécessairement modifié les relations entre le palais et son cadre. Dans le cas du palais de Yuzhen, la dimension spatiale est importante, et tout spécialement les relations de l’ensemble avec le paysage environnant. En particulier, avec le changement de hauteur, les collines environnantes paraissent moins hautes et moins marquantes dans le contexte du feng shui.

La mission a en outre défini cinq points essentiels pour les travaux en cours :

Système de gestion du bien :Le système de gestion actuel du bien a été présenté à l’équipe de la mission. On lui a également présenté les grandes lignes du Plan directeur de la gestion de la conservation de l’Ensemble de bâtiments anciens des montagnes de Wudang qui était encore en cours d’élaboration lors de la mission. Le rapport de mission a signalé quatre aspects essentiels de la gestion qu’il convient de renforcer au cours du processus de planification afin de maintenir dans sa totalité la VUE du bien, à savoir :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il est regrettable que le projet d’élévation du palais de Yuzhen n’ait pas été présenté au Comité du patrimoine mondial en 2007, lorsque cette idée a été envisagée pour la première fois. Il aurait peut-être été possible d’étudier une autre solution que celle adoptée par l’État partie, qui aurait pu avoir moins d’impact sur le bien. L’absence de consultation adéquate semble refléter l’absence d’une structure de gestion appropriée.

Il faut reconnaître que les travaux ont été réalisés avec une haute qualité technique et un grand soin qui permettront la réédification des bâtiments du palais quand les travaux de terrassement de la plateforme seront terminés. Il faut également reconnaître que cette solution extrême a été prise pour réagir à l’inondation qui va avoir lieu dans le cadre d’un projet de développement d’importance nationale pour alimenter en eau potable la région de Pékin. Les conclusions de la mission montrent clairement que le relèvement du palais de Yuzhen a entraîné une modification des relations entre le palais, son cadre et son contexte, à la fois en termes de relations avec les collines environnantes et avec les terres agricoles qui vont bientôt être submergées par les eaux du bassin de retenue. Il convient de noter que le palais de Yuzhen est l’un des 62 éléments constitutifs du bien qui comprend le Sanctuaire d’Or et le Palais céleste pourpre, pour n’en citer que quelques-uns. Le palais de Yuzhen contribue cependant sans aucun doute à la VUE d’ensemble du bien et tous les éléments constitutifs du bien doivent être sauvegardés de la même manière pour sauvegarder au mieux la VUE.

Néanmoins, si l’on prend en considération l’ensemble des facteurs liés au risque imminent d’inondation, les aspects techniques du projet, les modifications du contexte de l’élément constitutif et ses relations avec l’ensemble du bien, on ne peut estimer en définitive que même si les modifications ont un impact sur l’intégrité et l’authenticité sur l’un des éléments, elles ne constituent pas une menace pour la VUE de l’ensemble du bien, puisque l’harmonie entre la disposition du palais de Yuzhen et les autres éléments en série dans le paysage élargi des montagnes sera maintenue. Il sera cependant important que l’État partie prenne note des recommandations formulées dans le rapport de mission, notamment en ce qui concerne la forme finale de la plateforme qui devrait suivre plus naturellement la ligne du terrain plutôt que de créer un effet plus artificiel de péninsule ou d’île. Il faudra aussi étudier soigneusement la disposition finale des vestiges archéologiques mis au jour dans le bien, ainsi que le traitement paysager final, l’interprétation et l’utilisation du palais.

Concernant la gestion, il est entendu que l’État partie travaille actuellement à renforcer le cadre de gestion et de suivi du bien. Il y a toutefois de sérieux motifs de préoccupation à prendre en compte dans ce cadre, notamment le fait que ce bien est un patrimoine patrimonial vivant qui doit faire participer les chefs religieux et les membres de la communauté au système de gestion. Il est également considéré comme fondamental que, du point de vue de la gestion, le bien soit considéré comme un paysage culturel car on ne peut préserver la VUE des 62 éléments constitutifs sans tenir compte de l’ensemble du paysage. C’est pourquoi il sera de la plus haute importance de veiller à harmoniser les différents outils et plans conçus pour le bien du patrimoine mondial, la Zone spéciale des montagnes de Wudang et l’Aire panoramique nationale des montagnes de Wudang, pour pouvoir mettre au point un système unique de gestion. Conformément à cette stratégie paysagère, l’État partie devra aussi confirmer que la zone tampon du bien inclut la totalité de l’Aire panoramique nationale des montagnes de Wudang, comme cela était entendu lors de l’inscription, plutôt que les 62 éléments constitutifs avec des zones tampons individuelles comme cela a été soumis lors de l’exercice d’inventaire rétrospectif.

Il faudra aussi veiller spécialement à ce que le système de gestion empêche un surdéveloppement de l’infrastructure touristique dans le périmètre du bien et dans son plus vaste paysage culturel. La mission a estimé que le développement touristique commençait à atteindre une masse critique risquant de modifier profondément le bien si on ne le contrôle pas. De plus, bien que l’on ait étudié la capacité d’accueil des différents éléments du bien, il convient de faire respecter ces limites de capacité d’accueil, spécialement lors des périodes touristiques de pointe qui surviennent plusieurs fois par an. Beaucoup d’éléments constitutifs sont très fragiles par nature et exigent un suivi et un contrôle permanents pour être correctement protégés.

Décision adoptée: 38 COM 7B.9

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.60 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Regrette vivement que le projet de relèvement du palais de Yuzhen n’ait pas été porté à l’attention du Comité du patrimoine mondial, comme l’exige le paragraphe 172 des Orientations;
  4. Prend note du rapport de la mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de 2014 dans le bien et de l’évaluation réalisée selon laquelle le projet – malgré le fait qu’il modifie le cadre et le contexte du palais de Yuzhen – ne constitue pas une menace pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de l’ensemble du bien ;
  5. Prend également note des recommandations de la mission concernant la forme finale de la plateforme construite après terrassement, la disposition finale des vestiges archéologiques et le traitement paysager final, l’interprétation et l’utilisation du palais, et demande à l’État partie de mettre en œuvre ces recommandations lors de la mise en œuvre finale du projet ;
  6. Prend également note du travail en cours sur la finalisation du Plan directeur de gestion de la conservation du bien, et demande également que le travail sur ce plan soit achevé dès que possible et soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Prie instamment l’État partie d’établir une stratégie de patrimoine vivant dans la gestion du bien pour faire en sorte qu’il soit géré en tant que paysage culturel afin de protéger la VUE des 62 éléments constitutifs dans leur cadre paysager et leur contexte d’ensemble ;
  8. Invite l’État partie à préciser au Centre du patrimoine mondial que la zone tampon du bien correspond à l’intégralité de l’Aire panoramique nationale des montagnes de Wudang, comme cela était entendu lors de l’inscription, et non aux 62 zones tampons individuelles soumises dans le cadre de l’exercice d’inventaire rétrospectif ;
  9. Prie aussi instamment l’État partie de contrôler le surdéveloppement du tourisme dans le bien, et en particulier de faire appliquer la réglementation sur la capacité d’accueil pour les sites les plus fragiles qui font partie du bien ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial avant le 1er décembre 2015, un rapport incluant un résumé analytique d’une page sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session, en 2016.