1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; août 2008 : mission du Centre du patrimoine mondial.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le 16 avril 2014, l’État partie a soumis un bref rapport sur l’état de conservation du bien avec des cartes et des photographies montrant grossièrement les zones qui ont subi les violations, disponible à l’adresse : https://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

L’État partie confirme que les principaux facteurs affectant le bien sont l’empiètement urbain et les violations, consistant en la construction d’édifices et d’une route au sein des zones archéologiques entraînant la destruction de vestiges, et note la récente accélération de ces facteurs. L’État partie indique que les zones archéologiques les plus affectées sont les premier et second sites archéologiques, la voie d’accès, le Wadi Bel Ghadir et le Temple de Déméter. Les vestiges archéologiques situés dans l’agglomération moderne de Shahat sont dans un état critique, non documentés et non protégés.

En général, le bien souffre d’un grave défaut d’entretien et de l’emploi de techniques et matériaux de conservation inappropriés.

Afin de traiter les menaces actuelles et de répondre aux décisions du Comité du patrimoine mondial, le Département des Antiquités a envoyé une mission sur le site, du 7 au 9 avril 2014, qui a évalué les zones sinistrées et les entrepôts d’antiquités. La mission a également tenu une série de réunions avec les autorités locales ainsi que des représentants des communautés et de la société civile. Ces réunions se sont notamment concentrées sur la nécessité de sensibiliser à l’importance de protéger le site, comme élément du patrimoine de l’humanité, et de prendre une série de mesures d’urgence pour mettre un terme aux violations sur le site et en garantir la protection.

L’UNESCO soutient actuellement les autorités libyennes en proposant des mesures d’urgence (essentiellement formation de gardes, réparation de la clôture, réhabilitation des postes de contrôle sur le bien et auprès du musée/entrepôts), et en soutenant la production d’une carte des zones menacées. Le World Monument Fund a réalisé une étude sur les « déversements d’eaux usées dans le Wadi Bel Gadir et leurs effets sur le site archéologique et la population environnante » (décembre 2013) et collabore actuellement avec les autorités libyennes à la consolidation des murs du temple de Déméter. La Banque mondiale collabore actuellement avec les autorités libyennes à l’élaboration d’un plan de gestion pour le bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il est très préoccupant de voir que l’empiètement urbain sur le bien et les destructions que cela entraîne se sont accrus depuis la fin du conflit en Libye en raison de la détérioration de la sécurité et de difficultés au sein du gouvernement local. Les autorités nationales et locales en charge ont du mal à mettre un terme à ces violations et à prendre des mesures d’urgence pour protéger le site. Le manque d’informations détaillées sur la situation sur le terrain, ce qui empêche d’avoir une idée précise des dommages et des menaces qui pèsent sur le site, reste inquiétant, même si l’État partie a soumis une carte à ce sujet.

Il est recommandé que l’État partie prenne des mesures d’urgence pour mettre un terme aux violations et initie un dialogue entre toutes les institutions et parties concernées pour traiter le problème qui menace l’intégrité du site, notamment le besoin de logements qui semble être à l’origine de l’empiètement urbain, en dehors du bien et de sa zone tampon.

Il est également recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOS pour visiter le site dès que possible en vue de réaliser une évaluation minutieuse des dommages sur le site et d’envisager les mesures nécessaires pour inverser la situation actuelle.

Décision adoptée: 38 COM 7B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.53, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Prend note avec une grande inquiétude des informations communiquées par l’État partie dans son rapport sur l’état de conservation du bien ;
  4. Prie l’État partie de prendre toutes les mesures possibles pour mettre un terme à l’empiètement et la destruction des zones archéologiques dès que possible ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre une carte détaillée de l’empiètement et de la destruction actuels sur le bien, et d’accélérer l’élaboration de son plan de gestion ;
  6. Demande également à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOS sur le site dès que possible et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant la visite de la mission, une cartographie précise des différentes violations sur le site ;
  7. Demande en outre à l’État partie de poursuivre ses efforts pour instaurer un dialogue entre les autorités nationales et locales en charge et la communauté locale afin de garantir la protection à long terme du site ;
  8. Conseille vivement à l’État partie d’initier une action, au niveau national, avec toutes les institutions gouvernementales concernées en vue d’assurer une conservation efficace du bien, en mettant l’accent sur la protection juridique et la proposition d’autres solutions de logement ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.