1.         Temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing (Chine) (C 881)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (i)(ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/881/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/881/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

juillet 2002: mission du Centre du patrimoine mondial 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Erosion due à la pollution atmosphérique (problème résolu)

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/881/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Les transformations urbaines actuellement effectuées à Beijing pour satisfaire aux conditions imposées pour accueillir les Jeux Olympiques de 2008, et leur impact sur le patrimoine culturel de la ville, notamment sur les biens du patrimoine mondial, est un sujet de préoccupation pour la communauté internationale et l’UNESCO. Le Centre du patrimoine mondial a appris de diverses sources internationales, de représentants du Bureau local de l’UNESCO et de la presse que les projets immobiliers en cours à Beijing entraînaient une rénovation majeure des quartiers résidentiels historiques et traditionnels qui entourent les zones tampons destinées à protéger les palais impériaux des dynasties Ming et Qing, en particulier la rue Nanchizi.

Le 6 novembre 2002, le Directeur du Centre a fait part de son inquiétude à l’Administration nationale du patrimoine culturel de la Chine (SACH), ainsi qu’à la municipalité de Beijing, et a demandé aux autorités d’étudier cette question afin de protéger le patrimoine culturel irremplaçable de Beijing. Le Centre a notamment demandé des informations sur l’état de conservation des sites du patrimoine mondial situés dans les zones urbaines de Beijing, ainsi que sur les pressions qu’ils subissent à cause de l’urbanisation ; les sites concernés sont : le Palais impérial des dynasties Ming et Qing ; le Temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing ; le Palais d’Eté, Jardin impérial de Beijing.

Lors de sa mission en Chine en juillet 2002, le Directeur du Centre du patrimoine mondial s’est entretenu avec des responsables du Bureau municipal des vestiges culturels de Beijing qui s’occupe des projets de rénovation en cours à Beijing, à proximité immédiate des zones tampons du bien inscrit au patrimoine mondial. La mission a reçu l’assurance que les autorités prendraient les mesures qui s’imposent pour protéger le tissu historique qui entoure les biens du patrimoine mondial, à savoir le Palais impérial des dynasties Ming et Qing, le Temple du Ciel et le Palais d’Eté.

Le 4 avril 2003, le Centre du patrimoine mondial a reçu une réponse du Directeur général de la SACH, l’informant que le projet le plus controversé était la rénovation des rues traditionnelles de Nanchizi, à l’intérieur de la zone tampon du bien du patrimoine mondial, donc hors du champ d’application des dispositions de la Convention du patrimoine mondial. Dans la mesure où une politique de gestion du territoire a été adoptée en Chine pour la conservation des biens du patrimoine mondial, la SACH a invité et encouragé le Centre du patrimoine mondial et l’UNESCO à poursuivre les discussions, les études et la coopération sur le cas de Nanchizi et d’autres projet semblables de rénovation de rues anciennes. Les autorités ont en outre fait observer que le projet de Nanchizi était un projet expérimental à Beijing, et que ses principes et méthodologies pourraient être comparés, étudiés et améliorés dans l’avenir pour des quartiers historiques similaires. Les autorités ont également souligné que l’inscription des biens sur la Liste du patrimoine mondial avait redynamisé la protection des valeurs culturelles de ces biens et que le champ d’application de la gestion et de la protection s’était élargi.

Comme preuve de cette politique d’amélioration de la conservation des biens du patrimoine mondial en question, la SACH a mis en avant quelques projets d’aménagement ayant fait l’objet d’investissements importants et ayant contribué à la conservation des valeurs de patrimoine mondial des biens : (i) en ce qui concerne le Palais d’Eté, un projet prévoyait la construction d’une ligne électrique haute tension traversant la zone tampon, afin d’améliorer l’approvisionnement en électricité de Beijing. Pour préserver l’intégrité du bien du patrimoine mondial, la municipalité de Beijing a modifié la proposition et transformé le projet de ligne aérienne de 6 millions de dollars en projet de ligne souterraine de 60 millions de dollars ; (ii) dans l’angle nord-est de la zone tampon du Temple du Ciel, se trouvait un marché aux fleurs moderne de 20 000 m² abritant plus de 1 000 boutiques de souvenirs. Afin de conserver au bien sa caractéristique historique, la municipalité de Beijing a investi 11 millions de dollars pour déplacer le marché et transformer l’endroit en « espace vert » ; (iii) après la chute de la dynastie Qing, la zone entourant la Cité interdite s’est développée de façon anarchique. Grâce aux efforts importants déployés récemment, beaucoup de bâtiments modernes qui n’étaient pas en harmonie avec le patrimoine de la Cité interdite ont été rasés, restituant ainsi au bien toute sa splendeur et sa magnificence. Actuellement, les 6,8 km² qui entourent le Palais impérial des dynasties Ming et Qing ont été classés zone de protection de la cité impériale et un plan de protection a été élaboré.

Le Bureau de l’UNESCO à Beijing a rencontré le 28 mars et le 16 avril 2003 l’adjoint au maire et le maire de Beijing respectivement, pour parler de la protection du patrimoine culturel de Beijing. La municipalité a informé l’UNESCO des dispositions prises pour protéger la vieille ville de Beijing. Le directeur du Bureau de l’UNESCO à Beijing a fait part de la volonté de l’UNESCO de renforcer la coopération avec la ville de Beijing, en particulier de partager son expérience de l’organisation de la conservation des villes historiques du patrimoine mondial. L’un des résultats immédiats de cette concertation a été l’invitation faite à l’UNESCO d’apporter son soutien à un projet d’« Etude stratégique de la conservation et de la rénovation du quartier de Yan Dai Xie Jie », quartier situé à l’extérieur des biens du patrimoine mondial. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7B.43

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Exprimant son inquiétude devant les pressions liées à l'aménagement urbain à Beijing et le renouvellement du tissu urbain historique et traditionnel de la ville historique,

2. Demande à l'Etat partie de renforcer, le cas échéant, les dispositions légales qui régissent la protection des zones tampons de ces biens du patrimoine mondial ;

3. Encourage les autorités chinoises à poursuivre leurs efforts pour protéger le tissu urbain historique de Beijing autour des biens du patrimoine mondial, à savoir le Palais impérial des dynasties Ming et Qing, le Temple du Ciel et le Palais d'Eté ; 

4. Encourage également les autorités chinoises à revoir et à mettre à jour les plans de gestion de ces biens, en tenant compte des impératifs de conservation du patrimoine et des besoins des populations locales;

5. Demande à l'UNESCO et au Centre du patrimoine mondial de fournir, le cas échéant, une assistance technique aux autorités chinoises pour revoir et mettre à jour les plans de gestion qui existent déjà pour les biens du patrimoine mondial dont elles sont responsables, notamment pour Nanchizi et d'autres projets de réhabilitation semblables dans les quartiers historiques de Beijing, afin de garantir une gestion globale à long terme;

6. Demande à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2004, un rapport sur les mesures prises pour améliorer la conservation et la présentation des biens du patrimoine mondial y compris une évaluation de ce qu'il reste de l'architecture traditionnelle dans la zone tampon, afin que le Comité du patrimoine mondial puisse examiner l'état de conservation du bien à sa 28e session, en 2004.