1.         Parc national de la Comoé (Côte d'Ivoire) (N 227)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-1999)
Montant total approuvé : 97 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/227/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Le Centre a reçu le rapport de l’Etat partie intitulé Gestion participative pour la conservation et la gestion durable du parc national de la Comoé, site du patrimoine mondial de l’UNESCO (nord-ouest de la Côte d’Ivoire) et daté du 9 décembre 2002. Cette étude avait été demandée par la 23e session du Comité du patrimoine mondial. Le rapport contient principalement une présentation du parc, de sa gestion, de son organisation, des aménagements et plus particulièrement des questions de gestion en rapport avec les populations locales qui vivent à la périphérie du parc. La seconde partie du rapport propose un plan de gestion.

Deux séminaires de sensibilisation ont été organisés du 4 au 6 janvier 2002, ainsi que les 30 et 31 mars 2002 sur l’initiative du Centre de recherche écologique et du ministère de l’Eau et des Forêts, dans le but de sensibiliser les collectivités et les populations locales aux conséquences du braconnage pour la biodiversité du parc et de trouver des moyens de faire participer la population locale à la lutte contre le braconnage. Le second atelier a permis de valider le plan de gestion du Parc national de la Comoé et de déterminer les priorités de sa mise en œuvre.

D’après les études effectuées, les facteurs qui ont des répercussions sur le site sont notamment :

-  le braconnage des animaux sauvages par la population locale qui vit autour du site, par des braconniers professionnels bien armés (qui, pour la plupart, ne sont pas des Ivoiriens et séjournent généralement plusieurs mois dans le parc) et par quelques gardes du parc qui fournissent souvent des armes aux braconniers.

-  les animaux capturés à Comoé et qui sont transférés dans d’autres parcs comme le parc animalier d’Abokouamekro ; le surpâturage par des grands troupeaux de bétail menés par des gardiens Peuls pendant la saison sèche ; également en saison sèche, les grands incendies provoqués par des braconniers qui brûlent chaque année près de 80 % du parc ; et enfin la sécheresse, sont reconnus comme les principales causes de dégradation de la biodiversité ;

-   le manque de communication entre le personnel du parc et les populations locales, le manque de surveillance et d’activités pour lutter contre le braconnage ; la corruption et l’absence de supervision du personnel, le manque de ressources des gardes.

Le rapport propose des activités spécifiques pour améliorer la gestion du parc. Pour lutter contre le braconnage et les incendies, il recommande de créer un comité inter-village doté du statut judiciaire et composé de membres des populations et des collectivités locales qui seront chargés de patrouiller le parc.

Le 7 avril 2003, le Centre a reçu de la station de recherche de la Comoé rattachée à la faculté de Biologie tropicale et d’Ecologie animale de l’université de Würzburg (Allemagne), un rapport intitulé « Etat du Parc national de la Comoé (WHS), Côte d’Ivoire - Rapport à l’attention du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO ». Ce rapport confirme les informations communiquées dans celui de l’Etat partie. Il signale en outre qu’à la suite du lancement, en 1998, du projet du WorldWide Fund for Nature (WWF) financé par l’Union européenne, des améliorations ont été notées du point du vue des équipements, de l’entretien des véhicules et de la réorganisation du système de patrouille.

Les autres progrès accomplis sont notamment : une formation spéciale sur six mois pour 20 gardes-chasse ; la construction d’une tour de surveillance ; et une extension du réseau routier d’environ 400 km qui permet aux patrouilles d’avoir une plus grande mobilité. Grâce à ces améliorations, les premiers résultats positifs en termes de recul du braconnage ont été enregistrés en 2000.

Au moment de la préparation de ce rapport, la situation à la Comoé reste confuse. Le nord de la Côte d’Ivoire est occupé par les rebelles qui ont pris le contrôle des zones ouest, nord et est de la périphérie du parc. Selon certaines informations, ceux-ci auraient été vus dans le parc quatre semaines après le déclenchement de la guerre et le braconnage aurait fortement augmenté. L’un des principaux ponts de la partie sud du parc, ainsi que le ferry de Ganse, ont sauté ce qui coupe l’accès à la région sud du parc et la rend inaccessible.

Les autorités nationales ivoiriennes seraient prêtes à demander au Comité d’inscrire la Comoé sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Rappelant la décision prise lors de la 23ème session demandant à l'Etat partie d'inviter une mission au Parc National de la Comoé au cours de l'année 2000, afin de re-évaluer les menaces sur l'intégrité du site, de planifier des mesures appropriées de réhabilitation d'urgence, et de soumettre au Comité un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, afin de permettre au Comité d'envisager son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril,

2. Notant le récent rapport soumis par l'Etat partie au Centre du patrimoine mondial le 5 mai 2003, qui fait ressortir la situation de détérioration du site, mettant réellement celui-ci en danger du fait des troubles civils,

3. Exprime sa sérieuse inquiétude sur (a) les éventuels impacts des troubles civils actuels sur l'intégrité du site, (b) la diminution d'une large population de mammifères du fait de l'augmentation du braconnage incontrôlé et (c) l'absence des mécanismes efficaces de gestion;

4. Décide d'inscrire le Parc National de la Comoé sur la Liste du patrimoine mondial en péril;

5. Accepte l'invitation de l'Etat partie pour une mission telle que souhaitée lors de la 23e session, et demande à l'UICN et au Centre du patrimoine mondial d'effectuer une mission aussitôt que les conditions de sécurité le permettront. L'objectif de cette mission sera de revoir l'état de conservation du site et de développer un plan de mesures urgentes de réhabilitation, qui inclura des repères permettant à terme, de retirer le sites de la Liste du patrimoine mondial en péril. Un rapport de mission devrait être rédigé afin que le Comité du patrimoine mondial puisse examiner l'état de conservation du bien à sa 28e session, en 2004.

6. Encourage les bailleurs de fonds tels que la GTZ (German Technical Cooperation) et l'Union Européenne qui assistent déjà l'Etat partie dans la gestion et le développement de Comoé, ainsi que les organisations non-gouvernementales (ONGs), à poursuivre leur soutien, et encourage également les autres donateurs à mobiliser leur ressources en faveur d'un soutien aux sites de la Côte d'Ivoire.

Décision adoptée: 27 COM 8B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-03/27.COM/7B) et des propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-03/27.COM/8C),

2. Décide d'inscrire les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril: