1.         Île d'Henderson (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (N 487)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-1990)
Montant total approuvé : 8 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

En novembre 2001, il a été signalé à plusieurs reprises à l’UICN que les autorités britanniques avaient donné le feu vert à un consortium privé, le Wellesley Group, pour construire des hôtels de tourisme et aménager des pistes d’atterrissage/décollage sur les îles de Pitcairn et Oeno, dans les îles Pitcairn dont fait également partie l’île d’Henderson, classée patrimoine mondial (200 km au Nord-Est de Pitcairn). Associated Press rapportait le 2 novembre 2001 que le gouverneur britannique des îles avait demandé au consortium de produire un plan d’aménagement et d’exploitation détaillé, accompagné des évaluations d’impacts socio-économiques et environnementaux correspondantes effectuées par un organisme indépendant. Ce plan devait prévoir l’approvisionnement à long terme en eau potable, décrire en détail comment améliorer les liaisons avec les îles, notamment grâce aux pistes d’atterrissage/décollage, et proposer des installations hôtelières de petite taille, de grande qualité et respectueuses de l’environnement. Des groupes de défense de l’environnement britanniques et néo-zélandais se sont inquiété des impacts de ce projet sur un environnement jusque-là intact, et en particulier sur la vie des oiseaux qui habitent ces îles. 

 

Le Groupe de travail Pitcairn (PWG) du Forum pour la conservation des territoires britanniques d’outre-mer (OTCF) a adressé le 7 novembre 2001 une lettre au Centre du patrimoine mondial pour demander que les aménagements proposés, en l’absence de plan de gestion opérationnel pour le site, soient portés à l’attention du Comité. Il fait en particulier remarquer que le projet du consortium prévoit la construction d’infrastructures touristiques sur l’île d’Henderson. Le site n’a pas de plan de gestion, bien qu’un projet ait été préparé à l’intention du gouvernement britannique par une équipe d’experts après l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en 1988. Du fait de l’absence de plan de gestion, il n’y a pas de mécanisme permettant d’évaluer l’impact de cette proposition sur les valeurs de patrimoine mondial de l’île et pour sauvegarder ces valeurs.

 

La Société royale pour la protection des oiseaux (RSPB), qui est membre de l’OTCF, a informé l’UICN que le projet d’aménagement avait été révisé plusieurs fois et que l’une des propositions englobait les quatre îles et prévoyait la création d’un centre d’accueil des visiteurs et/ou d’une station de recherche sur l’île d’Henderson. La RSPB fait remarquer que les habitants des Pitcairin Island ers sont arrivés à un point critique et sont prêts à quitter les îles à cause du déclin de la population. Le développement du tourisme créerait des emplois et encouragerait ceux qui sont partis à revenir. L’OTCF soutient donc cette idée, mais pense qu’il n’est ni nécessaire, ni souhaitable de faire des aménagements sur les îles vierges et inhabitées d’Henderson et d’Oeno. 

 

A propos des visites sur le site, l’UICN a appris que, bien qu’une autorisation soit nécessaire pour se rendre sur l’île d’Henderson, les visites non autorisées à l’aide d’embarcations de petite taille se multipliaient. Ces incursions ne sont pas régulières et on ignore dans quelle mesure elles ont causé des dégâts et si les espèces invasions sont en train d’empiéter davantage sur le biote. De plus, l’abattage de bois pour la fabrication d’objets sculptés/souvenirs se poursuit sur l’île. Il semble qu’aucune évaluation du caractère viable de cette activité n’ait été faite, bien que la demande de souvenirs s’accroisse en nombre et en taille. Les insulaires ont toujours craint que cette activité ne soit limitée par l’inscription de l’île au patrimoine mondial.

 

Début 2002, le projet de plan de gestion de 1995 (préparé en 1992) a été communiqué par l’OTCF à diverses ONG et à l’UICN pour solliciter leurs commentaires. La majorité des ONG a insisté sur la nécessité de mettre le plan de gestion immédiatement en œuvre en prévoyant une révision ultérieure, plutôt que de se lancer dans la production d’une autre version, ce qui retarderait encore sa mise en œuvre.

 

Le projet de plan et les commentaires afférents ont été présentés en février 2002 au Département des territoires d’outre-mer du Foreign and Commonwealth Office. Celui-ci s’est montré prêt à faire avancer les choses et il a été convenu qu’une petite équipe, dirigée par un membre du Groupe de travail sur les Pitcairn de l’OTCF, se rendrait dans les îles en juillet/août 2002 pour négocier avec les insulaires des amendements au projet de plan de gestion. 

 

Le 18 janvier 2002, le Centre du patrimoine mondial a écrit à l’Etat partie pour lui demander des informations sur les aménagements proposés, ainsi que des copies du plan de gestion du site, pour examen par l’UICN. L’UICN est toujours dans l’attente de ce rapport, mais a reçu de l’OTCF une copie du projet de plan de gestion de 1995 (1992). On trouvera ci-après ses commentaires d’ordre général sur ce plan :

 

Le plan constitue une bonne base pour la gestion actuelle. La première étape doit être de le mettre en œuvre, puis de le soumettre régulièrement à des révisions. Il ne contient pas suffisamment d’informations, notamment en matière de description géomorphologique, de présentation des associations de végétation, de changements et tendances biotiques. Il est crucial d’empêcher l’introduction d’espèces végétales et animales étrangères, ce qui nécessite des stratégies efficaces. Il faut développer des espèces d’arbres telles que les « mio » et « toa » comme ressources durables. L’importance économique et sociale de l’activité de sculpture sur bois étant considérable, il convient de la soutenir. Rendre l’exploitation du bois compatible avec un développement durable exige un programme à long terme. En attendant, il faudra peut-être envisager d’importer du bois. Pour lutter contre les effets du tourisme et autres visiteurs, il est important d’évaluer la faisabilité d’une présence permanente sur le site, c’est-à-dire une très petite enclave dans un site soigneusement choisi avec un contrôle très strict de l’élimination des déchets, où deux familles autochtones formées à cet effet partageraient les fonctions de supervision et de surveillance permanente de l’environnement. Tout aménagement pour les visiteurs autre que des sentiers serait formellement interdit.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 26 COM 21B.26

Le Comité du patrimoine mondial,

Recommande à l'État partie de mettre en œuvre de toute urgence le plan de gestion de 1995 pour ce site, en prévoyant son perfectionnement continu (sur la base des informations recueillies et des leçons tirées), et d'adresser avant le 1er février 2003 un rapport sur la situation, pour examen à sa 27e session en juin/juillet 2003.