1.         Parc national Nahanni (Canada) (N 24)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/24/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/24/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Impacts potentiels d’une activité minière accrue dans la région

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/24/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

En janvier 2002, la Société canadienne des parcs et espaces naturels (CPAWS) a informé l’UICN que si le Processus Deh Cho et l’élargissement éventuel des limites du parc offrent un énorme potentiel en termes d’amélioration de la protection de l’écosystème de la réserve du parc national Nahanni (NNPR), le projet d’exploitation minière de la Canadian Zinc Corporation à Prairie Creek, 32 km en amont du parc, cause de sérieuses inquiétudes. L’UICN a appris que le site minier se trouve dans une vallée très étroite et encaissée, tout près du cours d’eau.

 

Parks Canada a indiqué le 7 février 2002 être dans l’attente des résultats d’une évaluation d’impact sur l’environnement du Mackenzie Valley Environmental Impact Review Board (MVEIRB) concernant un projet de mine de zinc dans le bassin versant de la South Nahanni River susceptible d’avoir des répercussions sur le site du patrimoine mondial, avant de décider des prochaines mesures à prendre. Une proposition de réouverture d’une route menant au site pour déplacer un dépôt de gazole a été abandonnée ; le carburant sera brûlé sur place. Parks Canada indique également que la production a repris dans une mine de tungstène située sur la Flat River, en amont de la NNPR. La compagnie minière devrait demander fin 2002 le renouvellement de son permis d’exploitation et Parks Canada travaille actuellement avec elle à la mise en place d’un programme coopératif de suivi de l’eau. Il a été par ailleurs proposé d’entreprendre des études sismiques en aval de la NNPR en août 2002.

 

L’UICN a reçu une copie du rapport du MVEIRB concernant l’évaluation d’impact sur l’environnement de forages de prospection souterraine et de la construction d’une usine métallurgique pilote par la Canadian Zinc Corporation, daté du 22 janvier 2002. Cette évaluation considère plusieurs problèmes, notamment l’intégrité des installations de stockage des résidus et l’impact potentiel d’une éventuelle défaillance sur la qualité de l’eau, l’impact potentiel des modifications de la qualité de l’eau dues à ces aménagements sur Salvelinus confluentus, qui est une espèce de truite vulnérable, et le risque que ces aménagements portent atteinte à l’intégrité écologique du parc national Nahanni tout proche.

 

Le MVEIRB conclut que l’aménagement proposé risque d’avoir un impact négatif majeur sur l’environnement, notamment sur la qualité de l’eau, à cause du drainage en provenance des tas de pierres et de minerai jusqu’à Prairie Creek. La mine a fait l’objet d’une inspection environnementale au début des années 1980, mais le contexte a changé depuis 20 ans : la loi sur les parcs nationaux a été révisée et la South Nahanni River à l’intérieur de la réserve du parc national Nahanni a été classée fleuve du patrimoine canadien. Il n’y a pas de politique gouvernementale arrêtée régissant l’utilisation des terres et l’aménagement des zones qui jouxtent la NNPR.

 

Le MVEIRB note qu’une politique controversée d’utilisation des terres et de gestion est actuellement appliquée et s’inquiète de ce que des décisions irréversibles dans ce domaine n’aient des effets négatifs majeurs s’il s’avérait qu’elles mettent en péril le parc national Nahanni, site du patrimoine mondial de réputation nationale et internationale Par ailleurs, le processus d’évaluation environnementale prévu par la loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie (MVRMA) n’est pas le forum approprié pour résoudre les conflits d’utilisation des terres et de politique, mieux réglées par le gouvernement canadien. L’absence de gestion globale des terres dans la région qui entoure le parc national Nahanni peut saper les conditions d’intégrité définies dans les Lignes directrices devant guider la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO et la loi révisée sur les parcs nationaux.

 

Entre autres recommandations, le MVEIRB suggère que les ministres compétents décident de l’envergure et de la nature des mesures de protection susceptibles d’assurer l’intégrité écologique du parc national Nahanni, notamment la possibilité d’établir une zone tampon où l’utilisation des terres serait limitée aux activités compatibles avec l’objetif du parc et le plan de gestion. L’UICN a reçu des copies de lettres adressées par la CPAWS au ministre du Patrimoine canadien (15 mars 2002) et au ministre des Affaires indiennes et de l’Aménagement du Nord (27 mars 2002) à propos de la mine de Prairie Creek et des résultats de l’évaluation environnementale du MVEIRB. Ces deux lettres apportent les informations suivantes : du cyanure, des biphényles polychorés et du gazole sont stockés sur le site de la mine depuis 20 ans ; un bassin de réception des résidus est situé à quelques mètres de la rivière ; le minerai de la mine dont l’exploitation est proposée est fortement contaminé par le mercure, l’arsenic et l’antimoine ; la région est connue comme étant sujette aux inondations soudaines et a connu ces 20 dernières années d’importants tremblements de terre (jusqu’à 6,9 sur l’échelle de Richter) accompagnés d’éboulements de pierres. Cette situation crée un risque de contamination des eaux de Prairie Creek et de la South Nahanni River, risque qui sera exacerbé si la mine reprend ses activités. L’UICN note également que cela fait 20 ans qu’il est question d’élargir le site du patrimoine mondial pour mieux protéger l’écosystème de Nahanni, et que pendant tout ce temps il y a eu constamment des incursions des activités minières dans la zone environnante. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 26 COM 21B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Exprime de sérieuses inquiétudes à propos de la mine de zinc et des conclusions du rapport du MVEIRB (Mackenzie Valley Environmental Impact Review Board), notamment les commentaires sur l'inadéquation de la MVRMA (Mackenzie Valley Resource Management Act) pour résoudre les questions de conflits d'utilisation des terres et de politique touchant le site et ses environs ;

2. Demande à l'Etat partie de fournir, d'ici le 1er février 2003, des informations sur la façon dont les inquiétudes et les recommandations du rapport du MVEIRB seront prises en compte du point de vue des impacts sur le site du patrimoine mondial pour examen par le Comité à sa 27e session en juin/juillet 2003 ;

3. Encourage en outre l'Etat partie à élargir le site.