1.         Parc national du banc d'Arguin (Mauritanie) (N 506)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/506/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/506/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/506/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

Le rapport que l’Etat partie devrait adresser avant le 1er février 2002 n’a pas été reçu. En février, l’UICN a été informée par le Projet d’Appui Institutionnel et Technique au Parc National du Banc d’Arguin de GTZ qu’une consultation intergouvernementale pour la coopération au développement avait été organisée les 17 et 18 février 2002 afin de discuter de l’état de conservation du parc. Le représentant mauritanien a réaffirmé que le gouvernement n’autoriserait aucune prospection ou exploitation d’hydrocarbures contraire à la conservation du parc et que l’exploitation du pétrole en dehors du parc serait traitée dans le cadre réglementaire existant. A propos de la route, les experts du projet GTZ se sont inquiétés de ce que les conséquences potentielles sur le parc n’ont pas été suffisamment prises en compte dans l’étude d’impact. Le représentant de la Mauritanie a demandé de l’aide pour effectuer une étude d’impact sur l’environnement. 

 

La GTZ a informé l’UICN que son étude sur la légalité de l’exploitation pétrolière dans les parcs nationaux de Mauritanie, et notamment celui de Banc d’Arguin, devrait être achevée d’ici fin avril 2002.

 

L’UICN a également reçu des rapports sur la flottille de pêche de l’Union européenne et ses impacts sur les pêcheries de l’Afrique de l’Ouest. L’accord de pêche signé par le gouvernement mauritanien et l’UE est controversé : le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), des organisations de pêcheurs et des groupes de défense de l’environnement estiment en effet qu’il appauvrira considérablement les stocks de poisson, ce qui portera un grave préjudice aux pêcheurs locaux.

 

L’UICN a reçu une copie du projet d’étude de cas du PNUE sur la Mauritanie (février 2002) préparé par le Centre national de recherches océanographiques et des pêches (CNROP) de Mauritanie, intitulé Impact environnemental de la libéralisation du commerce et des mesures commerciales dans le secteur de la pêche. Le rapport indique que la libéralisation du commerce internationale a eu un impact sur les réserves de certaines espèces marines.

 

Les principales raisons de ce déclin seraient l’autorisation de captures de poisson excessives par rapport aux ressources potentielles, des pratiques de pêche illégales et les impacts négatifs de divers accords de pêche, notamment le traitement préférentiel accordé aux flottilles de pêche internationales par rapport aux flottilles locales traditionnelles.

 

L’UICN note que le gouvernement des Pays-Bas avait en 2001 proposé son aide pour réaliser une étude complète d’impact sur l’environnement de la route entre Nouadhibou et Nouakchott, mais que l’Etat partie avait décliné cette offre au motif qu’il avait déjà réalisé une étude. L’UICN fait remarquer que cette étude a soulevé des inquiétudes car, selon certaines informations, elle aurait été menée sans consulter d’autres services publics ou les parties prenantes.

 

L’UICN note avec beaucoup d’inquiétude les pressions exercées sur les ressources marines du pays par les flottilles étrangères qui opèrent dans le cadre des accords existants. Cette situation pousse les pêcheurs traditionnels à exploiter illégalement les ressources du parc national, compromettant ainsi sa principale fonction de zone de reproduction des ressources marines de l’Afrique de l’Ouest. En ce qui concerne la prospection et l’exploitation du pétrole et du gaz sur les sites du patrimoine mondial, l’UICN réitère son point de vue, à savoir que toute exploitation minière devrait être interdite dans les sites du patrimoine mondial. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 26 COM 21B.16

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Demande instamment à l'Etat partie d'entreprendre pour le projet de route une étude complète d'évaluation d'impact environnemental qui soit conforme aux normes internationales reconnues, en collaboration avec les bailleurs intéressés ;

2. Prend note de l'achèvement de l'étude de l'Agence allemande pour la coopération (GTZ) sur la légalité de la prospection pétrolière à l'intérieur du parc et demande qu'elle soit soumise à l'UICN et au Centre pour examen ;

3. Prie instamment l'Etat partie à prendre des mesures urgentes pour protéger le parc, avant tout pour garantir la régénération à long terme des ressources marines de la Mauritanie face à la pression intense et insoutenable qui pèse sur les pêcheries du pays, et l'invite à étendre les zones réservées à la pêche traditionnelle ;

4. Encourage les autres Etats parties à la Convention à se conformer aux méthodes mondialement reconnues d'exploitation durable des stocks de poisson, afin de protéger les ressources des autres Etats parties, conformément aux principes de la Convention du patrimoine mondial.