1.         La ville de pierre de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie) (C 173rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/173/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-1998)
Montant total approuvé : 15 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/173/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 24 000 dollars EU pour l’inventaire des espaces publics de Zanzibar (Fonds-en-dépôt des Pays-Bas)

Missions de suivi antérieures

Mai 2008 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2011 : mission de suivi réactif de l’ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pressions du développement 

b) Pressions environnementales liées au projet du port de Malindi

c) Catastrophes naturelles et absence de préparation aux risques 

d) Pressions des visiteurs/ touristes 

e) Manque de ressources 

f) Absence de cadre juridique 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/173/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 1er février 2012, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien en réponse à la demande faite par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 35e session (UNESCO, 2011).

a) Système de gestion

Le rapport fait état des défis relevés pour garantir les ressources nécessaires à l'activité de l'Autorité pour la conservation et le développement de la ville de pierre (STCDA) et à la mise en œuvre du plan de gestion du patrimoine. Cependant, avec la nouvelle loi N° 4/2010, un financement supplémentaire peut être obtenu par d'autres sources afin d'améliorer les possibilités de mise en œuvre du plan de gestion. Le renforcement des capacités a également été partiellement résolu par la formation du personnel et l’embauche de nouveaux employés. Des actions de sensibilisation parmi les divers partenaires et acteurs locaux ont été menées en relation avec la conservation et le développement du bien.

b) État de conservation du bien

L’État partie signale qu'une évaluation générale de la condition du bien a été entreprise. Il en ressort que 18 bâtiments ont été jugés en mauvais état et 108 détériorés. Sur la base de ces résultats, des propositions ont été faites afin de régler les problèmes et de lever des fonds pour les cas urgents. Ni l’évaluation, ni la proposition d'intervention n'ont été soumises, pas plus que le calendrier de mise en œuvre des projets urgents. Les espaces publics ont également été évalués et une proposition a été présentée afin de résoudre les problèmes rencontrés. Celle-ci n'a pas non plus été soumise. En ce qui concerne les vendeurs de rue, l'État partie signale que des actions seront menées afin de faire appliquer les règles et règlementations sur la disparition des vendeurs de rue. En ce qui concerne l'utilisation de matériaux de construction inappropriés qui constitue une menace envers les attributs du bien, un programme a été établi afin faire appliquer les règlementations sur l'usage des matériaux traditionnels.

En ce qui concerne les constructions neuves, un contrôle a été mis en place afin de sanctionner les constructions illégales ou non autorisées. Avec la nouvelle Autorité de contrôle du développement urbain, on s'attend à ce que la situation des permis de construire s'améliore grâce à de meilleurs mécanismes et des capacités augmentées d'exercice du contrôle sur le territoire du bien et de la zone tampon. En ce qui concerne le plan touristique, le rapport signale que les précédents efforts de planification n'ont pas été mis en œuvre. Aucune information complémentaire n'a été donnée sur la façon dont ces précédentes initiatives seront actualisées afin d'élaborer, d'adopter et de mettre en œuvre une politique touristique du bien comme demandé par le Comité du patrimoine mondial.

c) Bâtiment de Mambo Msiige

Des évaluations d'impact environnemental et patrimonial ont été menées par des experts indépendants afin d'évaluer l'impact potentiel du projet. L’évaluation d'impact patrimonial (EIP) a été soumise à l'État partie fin janvier 2012. Celui-ci précise que les résultats de cette EIP seront soumis au Centre du patrimoine mondial avant que ne débute tout projet. Pendant ce temps, on rapporte qu'aucune activité d'aménagement n'est actuellement en cours sur le site du projet.

d) Autres interventions sur le bien

La réorganisation de la partie nord du port fait partie du projet de réhabilitation de l'ancienne distillerie d'huile de clou de girofle dans le port de Zanzibar, projet mené par la société Blue Horizons Investments. L'ACDVP a demandé une révision du projet afin de réduire la hauteur des réservoirs, par ailleurs une évaluation d'impact social et environnemental est actuellement menée. En ce qui concerne le projet de digue, entamé début 2008, il est à noter que le Trust Aga Khan pour la culture a retiré son financement mais des plans sont toujours en cours d'élaboration. En ce qui concerne le projet de la Maison des merveilles mis en œuvre dans le cadre du Projet de gestion environnementale marine et côtière (PGEMC) (Marine and Coastal Environmental Management Project - MACEMP), et financé par la Banque mondiale, l'ACDVP a cessé d'intervenir en raison de la piètre qualité des travaux et du caractère inapproprié des matériaux. Des permis de construire ne seront accordés que sous réserve de l'usage d'autres matériaux. En ce qui concerne la Maison Tippu Tip, une proposition de rénovation doit être présentée. Aucun calendrier de mise en œuvre de ces projets n'a été soumis. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des informations données par l'État partie sur les efforts accomplis afin d'améliorer la gestion du bien. Ils souhaitent cependant mettre l'accent sur les problèmes persistants de conservation du bien dus à l'absence d'élaboration de mesures générales de priorité d'intervention, même si quelques travaux d'évaluation des conditions du bien ont été entrepris, et de création d'un système de contrôle efficace des constructions neuves et illégales tels que demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session. Ils recommandent donc que le Comité exprime sa préoccupation. Ils souhaitent également souligner qu'aucun plan touristique n'a été élaboré comme demandé par le Comité à sa 34e session.

En ce qui concerne les propositions de développement, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent acte de l'absence d'avancement des projets de réorganisation de la partie nord du port, de la deuxième phase du projet d'aménagement du front de mer, et des interventions sur la Maison des merveilles et sur la Maison Tippu Tip. En ce qui concerne le projet Mambo Msiige, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, en l'absence des résultats détaillés de l'EIP, n'ont pu évaluer l'impact potentiel du projet hôtelier sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Décision adoptée: 36 COM 7B.49

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.45, adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Prend note des informations remises par l’État partie sur les efforts accomplis afin d’améliorer la conservation et la gestion du bien ;

4.   Prend également note de l’évaluation d’impact patrimonial (EIP) entreprise pour le projet d’aménagement d’un complexe hôtelier à Mambo Msiige et des espaces publics adjacents désignés et que celle-ci a été soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;

5.   Exprime sa vive préoccupation quant à l’état de conservation du bien et l’absence de progrès significatifs dans les réponses apportées aux demandes du Comité ;

6.   Réitère ses demandes auprès de l’État partie afin qu’il :

a)  achève et soumette une évaluation générale de la condition du bien et identifie des mesures prioritaires d’intervention, y compris l’octroi des ressources nécessaires à leur mise en œuvre,

b)  établisse un système effectif de contrôle, fasse appliquer les sanctions pour les constructions illégales, évalue le caractère opportun des projets de constructions neuves et d’aménagements, tant sur le territoire du bien que sur celui de sa zone tampon,

c)  affine le plan de développement touristique afin de contribuer efficacement à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions socioéconomiques de la population locale ;

7.   Demande à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus évoqués, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.