1.         Parc national de l'Ichkeul (Tunisie) (N 8)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1996-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/8/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1991)
Montant total approuvé : 90 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/8/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

janvier 1997: mission RAMSAR; mars 2000: mission conjointe UICN / RAMSAR

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/8/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2000

Résumé des précédents débats :
Vingt-troisième session du Comité – paragraphe X.11
Vingt-troisième session ordinaire du Bureau – paragraphe IV.10

Nouvelles informations : Une équipe de quatre personnes représentant l'UICN, la Convention de Ramsar et d'autres organisations internationales et régionales a visité le site du 28 février au 4 mars 2000. L'équipe a étudié les programmes de suivi en place et a réfléchi sur les paramètres et indicateurs complémentaires qu'il faudrait inclure dans un programme élargi pour suivre l'efficacité des mesures de réhabilitation en cours d'application par l'Etat partie. Le rapport de l'équipe de la mission a été soumis à l'Etat partie pour commentaires et observations.

L'équipe de la mission a conclu que le Parc national de l'Ichkeul devrait être maintenu sur la Liste du patrimoine mondial en péril pendant un nombre considérable d'années avant que l'on puisse réaliser une évaluation complète de l'efficacité du programme de réhabilitation actuellement mis en place par le gouvernement tunisien. Plusieurs signes positifs indiquent qu'il existe encore un potentiel de réelle réhabilitation des lacs et des marécages. C'est ainsi que l'on a effectué des tests de germination sur des graines de Potamogeton (épi d'eau) ramassées dans les sédiments de la zone où l'on trouvait cette plante en abondance avant 1996 (partie ouest du lac). Ces tests de laboratoire, réalisés dans les meilleures conditions de salinité pour la germination, ont été couronnés de succès et ont montré que le lac conserve son potentiel de reconstitution des étendues de Potamogeton, actuellement remplacées par des étendues de Ruppia. Il en est de même pour la réapparition des joncs sur de larges zones de marécages, plusieurs années après la disparition de ces plantes. Celles-ci réapparaissent après inondation des marécages à la bonne période pour la germination, ainsi que dans des flaques d'eau de pluie dans de petites dépressions.

S'agissant de la création d'un programme de suivi de l'efficacité du programme de réhabilitation, l'équipe de la mission a recommandé que l'Agence nationale pour la protection de l'environnement (ANPE) : (a) poursuive le programme actuel de contrôle de la qualité et de la quantité des eaux ; (b) introduise un nouvel élément pour contrôler le développement de la bathymétrie du lac ; (c) poursuive le programme actuel de suivi de la flore submergée, et l'élargisse en renforçant l'équipe de suivi par le recrutement de personnel spécialisé multidisciplinaire ; (d) lance un programme de suivi de la flore des marais ; (e) améliore le suivi des populations d'oiseaux en ciblant les espèces qui servent d'indicateurs clés et en créant une institution qui puisse rassembler, stocker, analyser et vérifier les données ornithologiques, et en formant le personnel nécessaire ; et (f) instaure un programme de suivi de la flore et de la faune des montagnes, en particulier afin de détecter les modifications du surpâturage dû au bétail domestique.

L'équipe de la mission a suggéré d'actualiser et d'améliorer le plan de gestion intégrée du Parc et de la zone avoisinante avec l'aide des Directives de Ramsar sur la planification de la gestion des zones humides. Par ailleurs, l'équipe a recommandé la création d'une structure institutionnelle dotée des moyens et pouvoirs nécessaires pour la mise en œuvre de ce plan de gestion intégrée.

L'équipe de la mission a défini la mise en œuvre de trois mesures urgentes : (a) restaurer le marécage de Joumine ; (b) étudier l'envasement du lac ; et (c) envisager un déversement des eaux des barrages au printemps 2000. Par ailleurs, l'équipe de la mission a incité les responsables à faire publier les données rassemblées et analysées à ce jour pour la sauvegarde du Parc national de l'Ichkeul dans un journal scientifique approprié.

Action requise

Le Bureau, à partir des observations et commentaires de l'Etat partie sur le rapport de la mission – qui doit être soumis lors de sa vingt-quatrième session ordinaire – pourrait souhaiter prendre les décisions appropriées à cet égard.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2000

L'UICN a informé le Centre que la pluviosité pendant l'hiver 1999 et le printemps 2000 dans la région de l'Ichkeul a été inférieure à la moyenne et que le taux de salinité des eaux du lac a de nouveau augmenté. Après deux hivers avec des précipitations normales qui ont permis une restauration de la végétation d'eau douce, ce retournement du modèle des précipitations a entraîné de nouvelles augmentations de la salinité des eaux du lac comme en 1997 et l'on risque de perdre le bénéfice de la restauration du lac de ces deux dernières années. Malgré le fait que de tels retournements climatiques imprévisibles peuvent se reproduire dans l'avenir, l'UICN réaffirme le bien-fondé de la recommandation de la mission sur le site entreprise en mars 2000 par une équipe composée de représentants de l'UICN, du Secrétariat de la Convention de Ramsar et d'autres organisations internationales et régionales :

·           Actualisation du plan de gestion intégrée du site, avec la participation de tous les groupes d'intérêts concernés. Ce plan devrait esquisser les grandes lignes d'un plan d'action pour traiter les menaces essentielles qui pèsent sur le Parc et s'assurer de la disponibilité de  ressources pour sa mise en œuvre ;

·           Mise en œuvre d'une structure institutionnelle adaptée pour la gestion du Parc, dotée d'importants appuis à tous les niveaux et d'un mandat précis pour la gestion du site ;

·           Attention urgente aux questions prioritaires recensées par l'équipe de la mission, notamment : (a) restauration du marécage de Joumine ; (b) problèmes causés par l'envasement du lac ; et (c) possibilité très prochaine d'un déversement des eaux ;

·           Mise au point d’un programme de suivi et d’évaluation clair et précis permettant de fournir des données à tous les groupes concernés et à la communauté scientifique de manière efficace et ouverte ; et

·           Etablissement d'un calendrier précis d'activités entraînant des améliorations mesurables du lac et des marécages voisins dans les cinq ans à venir.

L'Etat partie n'a pas soumis le rapport demandé par la vingt-quatrième session ordinaire du Bureau ; ce rapport devait décrire sa réponse aux conclusions et recommandations de la mission de mars 2000. Un représentant de l'Etat partie doit faire un exposé à l'atelier Centre/UICN sur "Le rôle du classement sur la Liste du patrimoine mondial en péril pour promouvoir la coopération internationale pour la conservation du patrimoine naturel mondial" à Amman, Jordanie, les 6-7 octobre 2000. Les responsables du Centre et de l'UICN qui participeront à l'atelier discuteront des résultats de la mission de mars 2000 avec le représentant tunisien et recueilleront son avis sur les conclusions et recommandations de la mission.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 24 BUR IV.A.12

Le Bureau a été informé qu'une équipe de quatre personnes représentant l'UICN, la Convention de Ramsar et d'autres organisations internationales et régionales a visité le site du 28 février au 4 mars 2000. L'équipe a étudié les programmes de suivi en place et a réfléchi sur les paramètres et indicateurs complémentaires qu'il faudrait inclure dans un programme élargi pour suivre l'efficacité des mesures de réhabilitation en cours d'application par l'Etat partie. Le rapport de l'équipe de la mission a été soumis à l'État partie pour commentaires.

La mission a conclu que le Parc national de l'Ichkeul devrait être maintenu sur la Liste du patrimoine mondial en péril pendant un nombre considérable d'années avant que l'on puisse réaliser une évaluation complète de l'efficacité du programme de réhabilitation actuellement mis en place par le gouvernement tunisien. Plusieurs signes positifs indiquent qu'il existe encore un potentiel de réelle réhabilitation des lacs et des marécages. C'est ainsi que l'on a effectué des tests de germination sur des graines de Potamogeton ramassées dans les sédiments de la zone où l'on trouvait cette plante en abondance avant 1996 (partie ouest du lac). Ces tests de laboratoire, réalisés dans les meilleures conditions de salinité pour la germination, ont été couronnés de succès et ont montré que le lac conserve son potentiel de reconstitution des étendues de Potamogeton, actuellement remplacées par des étendues de Ruppia sp. Il en est de même pour la réapparition des joncs sur de larges zones de marécages, plusieurs années après la disparition de ces plantes. Celles-ci réapparaissent en effet après inondation des marécages à la bonne période pour la germination, ainsi que dans des flaques d'eau de pluie dans de petites dépressions.

S'agissant de la création d'un programme de suivi de l'efficacité du programme de réhabilitation, l'équipe de la mission a recommandé que l'Agence nationale pour la protection de l'environnement (ANPE) : (a) poursuive le programme actuel de contrôle de la qualité et de la quantité des eaux ; (b) introduise un nouvel élément pour le suivi du développement de la bathymétrie du lac ; (c) poursuive le programme actuel de suivi de la flore submergée, et l'élargisse en renforçant l'équipe de suivi par le recrutement de personnel spécialisé multidisciplinaire ; (d) lance un programme de suivi de la flore des marais ; (e) améliore le suivi des populations d'oiseaux en ciblant les espèces qui servent d'indicateurs clés et en créant une institution qui puisse rassembler, stocker, analyser et vérifier les données ornithologiques, et en formant le personnel nécessaire ; et (f) instaure un programme de suivi de la flore et de la faune des montagnes, en particulier afin de détecter les modifications du surpâturage dû au bétail domestique.

L'équipe de la mission a suggéré d'actualiser et d'améliorer le plan de gestion intégrée du Parc et de la zone avoisinante avec l'aide des Directives de Ramsar sur la planification de la gestion des zones humides. Par ailleurs, l'équipe a recommandé la création d'une structure institutionnelle dotée des moyens et pouvoirs nécessaires à la mise en œuvre de ce plan de gestion intégrée.

L'équipe de la mission a défini les besoins pour la mise en œuvre de trois mesures urgentes : (a) restaurer le marécage de Joumine ; (b) étudier l'envasement du lac ; et (c) envisager un déversement des eaux des barrages au printemps 2000. Par ailleurs, l'équipe de la mission a incité les responsables à faire publier les données rassemblées et analysées à ce jour pour la sauvegarde du Parc national de l'Ichkeul dans un journal scientifique approprié.

Le Bureau s'est félicité des efforts de l'État partie pour mettre en place un programme de suivi systématique pour l'Ichkeul et il a invité l'État partie à étudier les recommandations de la mission concernant la poursuite de certains aspects du programme de suivi, ainsi que l'ajout de nouveaux éléments à ce programme. Le Bureau a attiré l'attention de l'État partie sur la nécessité de restaurer d'urgence le marécage de Joumine, d'entreprendre des études sur l'envasement du lac et de commencer à procéder à des déversement d'eau des barrages. Le Bureau a souligné la nécessité de mettre en place des capacités institutionnelles pour mener à bien les activités liées au programme de suivi systématique qui sera probablement mis en œuvre sur une période de plusieurs années. Le Bureau a invité l'État partie à soumettre un rapport au Centre avant le 15 septembre 2000, afin de présenter sa réponse aux recommandations de la mission et les actions entreprises pour mettre en œuvre les trois mesures urgentes, afin que le rapport puisse être étudié par la vingt-quatrième session du Comité. Le Bureau s'est rallié au point de vue exprimé par le délégué du Maroc selon lequel il faudrait adresser tout l’encouragement possible à l'État partie pour restaurer le site et qui a indiqué que les résultats des efforts pour restaurer l’Ichkeul pourraient constituer un précédent pour le suivi de l'état de conservation de sites similaires et les efforts de restauration ailleurs. Le Bureau a recommandé que le Comité maintienne ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 24 COM VIII.13

VIII.13 Parc national de l'Ichkeul (Tunisie)

Le Comité a été informé qu'après deux hivers avec des précipitations normales qui ont permis une restauration de la végétation d'eau douce, une inversion de la tendance des précipitations a entraîné une nouvelle augmentation du taux de salinité des eaux du lac, semblable au niveau atteint en 1997, et que de ce fait, l'on risque de perdre le bénéfice de la restauration du lac de ces deux dernières années. De tels retournements climatiques imprévisibles peuvent se reproduire à l'avenir. Le Comité a néanmoins insisté sur la nécessité d'appliquer intégralement les recommandations de la mission effectuée sur le site en mars 2000 par une équipe composée de représentants de l'UICN, du Secrétariat de la Convention de Ramsar et d'autres organisations internationales et régionales, qui sont énoncées dans le document WHC-2000/CONF.204/9. Un représentant de l'État partie qui a participé à l'Atelier Centre/UICN à Amman, Jordanie, les 6 et 7 octobre 2000, a également souligné l'importance de la mise en application des recommandations de l'équipe de la mission envoyée en mars 2000.

Le Comité a recommandé que l'État partie prenne toutes les mesures qui s'imposent pour mettre en oeuvre, aussi rapidement que possible les recommandations de la mission qui a visité le site en mars 2000. Le Comité a notamment fait ressortir l'importance de l'établissement d'un calendrier d'activité clair aboutissant à des améliorations tangibles du lac et des marécages environnant dans les cinq années à venir. Le Comité a demandé au Centre de contacter l'État partie une fois encore pour obtenir une réponse officielle par écrit aux recommandations proposées par l'équipe de la mission qui a visité le site en mars 2000. Le Comité a maintenu ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.